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Pierre Messmer, du débarquement à Matignon
Il avait 91 ans. L'ancien Premier ministre est décédé mercredi en fin d'après-midi au Val-de-Grâce, à Paris. Là-même où Raymond Barre, également ancien Premier ministre, est décédé samedi dernier, et où ses obsèques ont été célébrées mercredi (lire notre article).
Ce gaulliste historique, il était le plus ancien Premier ministre encore en vie. Ancien maire de Sarrebourg, en Moselle, il fut chef du gouvernement sous la présidence de Georges Pompidou de 1972 à 1974. Auparavant, il avait été nommé dès 1960 ministre des Armées par le général de Gaulle, qu'il avait rejoint à Londres en 1940. Il avait d'ailleurs participé au débarquement de Normandie, à de nombreux combats de la France libre, et à la libération de Paris. Il avait été parachuté en Indochine où il avait été fait prisonnier par le Vietminh. Il s'était évadé pour rejoindre la mission française à Hanoï. Il avait ensuite occupé plusieurs postes dans l'administration coloniale en Afrique.
Dans le fauteuil de Maurice Schumann
De retour à la vie civile, il était resté, sans interruption, ministre des Armées de De Gaulle jusqu'en 1969. Et était revenu au gouvernement en 1971, sous la présidence de Georges Pompidou. D'abord ministre d'État chargé des Départements et Territoires d'outre-mer, il est Premier ministre de 1972 à 1974.
Il avait été élu à l'Académie française en 1999, au fauteuil de Maurice Schumann (13e fauteuil). En 2006, Pierre Messmer avait été nommé chancelier de l'Ordre de la Libération après le décès du général Alain de Boissieu décédé. Après le décès de Pierre Messmer, il ne reste plus que 63 Compagnons de la Libération en vie. Il était notamment grand'croix de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, Croix de guerre 1939/1945 avec six citations et officier de l'American Legion. Pierre Messmer avait aussi publié mémoires et souvenirs : "Après tant de batailles" (1992), "Les Blancs s'en vont, récits de décolonisation" (1998), "La Patrouille perdue et autres récits extraordinaires" (2002), ainsi qu'un livre d'entretiens "Ma part de France" (2003). Veuf, il s'était remarié en 1999.
Une "fidélité sans faille au général de Gaulle"
L'ancien président Jacques Chirac a aussitôt réagi au décès de ce "grand Français qui s'en va, un héros de la France combattante, de Bir-Hakeim à la Libération de Paris". Le président Nicolas Sarkozy a quant à lui rendu hommage à un "homme de devoir, homme de conviction", qui aura "incarné la fidélité sans faille au Général de Gaulle". "La France vient de perdre l'un de ses plus grands serviteurs et la nation tout entière s'incline pour saluer sa mémoire", a souligné le chef de l'Etat. François Fillon a évoqué "l'un des acteurs majeurs de la Ve République". Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a pour sa part salué la mémoire d'un "compagnon du général de Gaulle et serviteur exemplaire de l'Etat" et le président du Sénat Christian Poncelet, qui fut ministre dans les trois gouvernement de Pierre Messmer, "pleure la disparition d'un ami". Le ministre de la Défense Hervé Morin a salué "l'un des plus ardents et intransigeants défenseurs" de l'indépendance de la France.
A gauche, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë voit en Pierre Messmer - qui fut notamment gouverneur de la Côte d'Ivoire (1954-1956) - un "acteur majeur de la décolonisation de l'Afrique noire". L'ancien ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (MRC), a affirmé que "nombreux sont les Français qui comme moi, salueront le parcours sans tache et l'unité incomparable de la vie de ce grand citoyen". L'ancien résistant Maurice Druon, qui fut ministre de la Culture de Pierre Messmer a évoqué "un frère". "C'est pour moi l'irremplaçable, une amputation. La France peut incliner ses drapeaux", a-t-il dit sur RTL. "Il était le plus droit, le plus noble, le plus valeureux de ses fils".
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