Pour Rocard, le PS "ne sait plus quoi dire"

le 25 août 2007 à 09h13 , mis à jour le 25 août 2007 à 09h33

L'ancien Premier ministre socialiste estime, dans un entretien au Parisien, que "le PS n'est plus pour un paquet d'années en situation de gouverner".

TF1/LCI : Michel Rocard, ex-Premier ministre socialiste et député européenMichel Rocard, ex-Premier ministre socialiste et député européen © TF1/LCI

"Mon sentiment principal est que le PS français n'est plus pour un paquet d'années en situation de gouverner, à la différence de la plupart des autres partis socialistes européens". Le jugement est sévère, et d'autant plus douloureux pour le Parti socialiste qu'il émane... de l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard. Il s'en explique dans un entretien que publie Le Parisien.

L'ancien chef du gouvernement explique ainsi les difficultés actuelles du PS par le fait que "ce parti est né en 1905 sur une ambiguïté qu'il n'a jamais levée : il ne sait toujours pas s'il doit accepter l'économie de marché où s'il doit 'tout casser'. Résultat : (...) on vient de perdre non pas une mais trois élections présidentielles de suite parce qu'on ne sait plus quoi dire".

"On n'ose plus parler du capitalisme"

Autre grief de Michel Rocard au Parti socialiste, une vision raccourcie aux seules frontières françaises : "Le socialisme a une dimension internationale et nous terminons notre troisième campagne présidentielle sans en avoir parlé. On fait du franco-français et l'ami Montebourg est très typique à cet égard. Or dans un pays où le moindre chômeur licencié sait qu'il l'est à cause d'un Monopoly mondial, cela ne suffit pas".

Enfin, juge l'ex-Premier ministre, "on n'ose plus parler du capitalisme - je suis le seul à employer ce mot - alors que ce système vit une crise foudroyante et suicidaire à moyen terme pour l'humanité. Nous devrions, nous, socialistes, être bien placés pour l'expliquer et y répondre".

Interrogé sur les raisons de sa décision de s'impliquer dans le nouveau club de gauche Les Gracques, devant lequel il prendra la parole dimanche, Michel Rocard répond : "Dans la déshérence de la gauche française, il faut des lieux où on pense et cela ne peut pas être dans les partis", ajoutant : "Je me suis aperçu de manière indiscutable qu'on ne peut pas réfléchir dans des conditions soumises à des votes".

D'après agence

le 25 août 2007 à 09:13
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37 Commentaires

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  • Guillaume, le 25/08/2007 à 18h39

    Monsieur Rocard est lucide et j'espère pour la France qu'il est raison. Depuis 1981 nous avons connu la gestion socialiste y compris celle de Chirac.

  • Nicolas, le 25/08/2007 à 18h22

    C'est tres triste de voir que M. Rocard qui est un des piliers de la pensée politique en France, un esprit d'une tres grande clairvoyance, extrêmement intelligent n'occupe pas une place de choix dans les instances dirigeantes de la France. Mitterand, qui était tout sauf un socialiste, l'a utilise comme essuie pieds, le gouvernement actuel a cherche des personnes de gauche sans doute plus mediatiques pour son "ouverture", et lorsqu'on vois la stupidité sans borne des dirigeant du PS on comprend que Mr Rocard n'y soit pas a sa place... C'est du gachi de voir cette situation...

  • Amenotep, le 25/08/2007 à 18h11

    Si le PS ne sait plus quoi dire, Rocard non plus!!! C'est à douter de sa guerison!....

  • Bidou, le 25/08/2007 à 17h08

    Il importe de rassurer Monsieur Rocard : Ségolène est de retour et désormais tout va changer.

  • Lucie, le 25/08/2007 à 15h43

    Mais qu'est-ce que c'est que ce message de Mosca? "Sa critique opportuniste est d'un autre temps.Il decouvre la crise capitaliste apres tout le monde et ne propose rien". Vous ne connaissez vraisemblablement RIEN du personnage pour dire cela car Rocard tient ce discours depuis un bon moment. "La gauche a besoin de penseurs humanistes realistes avec une vision a long terme". Ah, ah, elle est bien bonne. Et elles sont où ces personnes, à gauche? Qui? PERSONNE! Et après on veut faire la leçon à monsieur Rocard? Quelle belle image, quelle belle preuve du paradoxe socialiste que ce message. Ils se critiquent eux-mêmes et font la même chose. La mort du PS ne devrait vraiment surprendre personne: idées à des années lumières de la réalité pratique et uthopie rêveuse d'un monde qui n'existera jamais. Rocard, au moins, à compris que le rêve socialiste n'est qu'un mythe.

  • Jerome, le 25/08/2007 à 15h39

    A celui qui demande à Mr Rocard pourquoi il n'a pas mobilisé son expérience autour de Ségo, la réponse est simple : Rocard a eut l'honneteté, et dès le début, de dire qu'il ne pensait pas qu'elle soit une bonne candidate pour la gauche. L'histoire lui a donné raison et c'est sur lui que cela devrait retomber? Le PS ferait mieux de ravaler sa fierté et de se taire en attendant de se reconstuire au lieu de critiquer sans rien proposer d'autre de réaliste, ce qui est sa signature depuis au moins 10 ans.

  • Clo, le 25/08/2007 à 14h54

    Dés les résultats connus et pas étonné par ceux-ci, j'avais tiré les mêmes conclusions que Michel Rocard (la fin du PS. Le pseudo monarque que fut Mitterand a trouvé son pendant à droite, la gauche dite caviar, par ses affaires et méthodes a fait naître frustrations et colère dans les couches populaires. L'autisme d'une M. Aubry avec ses 35H ont été un désastre pour la gauche et le pays: le partage du travail n'a pas été effectif et le chômage pas réduit, les salaires par contre ont été bloqués, le pouvoir d'achat réduit lui pour le compte pendant des années ne pouvait que porter l'estocade finale à ces années de errements.

  • GILBERT, le 25/08/2007 à 13h46

    Je suis ce qu'on appelle un "gaulliste de gauche" depuis que je suis en âge de voter. Si en 1981 Michel Rocard avait été présent au 2e tour de l'élection présidentielle, je n'aurais pas voté pour Jacques Chirac.

  • Aigle, le 25/08/2007 à 13h42

    Même un gauchiste arrive à s'en rendre compte ? Ils font des progrès. En tout cas le markisme ne fait plus recette et c'est tant mieux

  • TOMPLIN, le 25/08/2007 à 13h12

    Monsieur ROCARD a raison quand un parti ne propose plus rien, n'a plus de projets, n'a pour dessein que d'attendre les décisions de l'opposition et les critiquer, on peut dire que ce parti est fini.

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