Ce que va affronter Sarkozy

Par , le 20 août 2007 à 18h37 , mis à jour le 20 août 2007 à 19h40

Il voulait donner à la France le point de croissance qui lui manque. La partie ne va pas être simple pour le chef de l'Etat. Revue de détails.

SarkozyNicolas Sarkozy © LCI

Nicolas Sarkozy a toujours affirmé vouloir être jugé sur ses résultats. Après trois mois d'un état de grâce exceptionnel, les Français appréciant son style hyperactif, il se sait désormais attendu sur les effets concrets de sa politique, notamment économique. Et la tâche va être plus ardue que prévu après son élection. En juillet, le Premier ministre François Fillon a fait voter au pas de charge un projet fiscal censé doper la croissance. A Bercy, on tablait alors sur une augmentation de 2,25% cette année et 2,8% l'an prochain. Mais le mois d'août est passé par là, avec des signaux négatifs sur la dynamique du pays. Le chef de l'Etat a donc logiquement consacré  lundi sa première réunion de rentrée aux questions économiques. 
 
 
Le casse-tête de la TVA sociale
 
Complexe, le mécanisme dit de "TVA sociale" consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages via une baisse des cotisations patronales et une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L'évocation par Jean-Louis Borloo, alors aux commandes de Bercy, de sa possible instauration, avait fait naître en juin une polémique à droite.

C'est pour apaiser le débat que François Fillon avait demandé à Eric Besson de plancher sur la question; il doit remettre son rapport au Premier ministre début septembre. Il y a quelques jours, le secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur Hervé Novelli a jugé l'idée d'une TVA sociale "pas enterrée", jugeant "logique" son principe.  

Vigoureusement dénoncée à gauche, la mesure suscite toujours des réserves à droite : "cette TVA ne fait pas partie du contrat avec les Français", a souligné dernièrement dans Paris-Match le patron du groupe UMP Jean-François Copé qui distingue les promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, auxquelles les députés UMP "ne sauraient s'opposer," des autres sujets dont "il faut débatte au Parlement".
 
Les franchises médicales
 
Le gouvernement a annoncé fin juillet sa volonté de créer d'ici 2008 trois nouvelles franchises non remboursées sur la santé : 50 centimes par boîte de médicament, 50 centimes par acte paramédical et deux euros par transport en ambulance, ce qui devrait rapporter à l'assurance maladie 850 millions d'euros. L'objectif affiché du gouvernement est non pas de combler le déficit de l'assurance maladie (6,4 milliards d'euros prévus pour 2007), mais de financer la lutte contre la maladie d'Alzheimer et le cancer, et de développer les soins palliatifs.

Les détails des franchises seront présentés en septembre aux syndicats et aux professionnels de santé et devraient s'appliquer à partir du 1er janvier prochain.  Mais déjà, les syndicats et la gauche ont dénoncé une "hypocrisie" et une mesure inégalitaire par nature. Dans la majorité aussi, des voix réclament un examen attentif de ces mesures
 
 
Les régimes spéciaux

 
Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la réforme des retraites et de leurs fameux régimes spéciaux est prévue pour 2008 mais devrait occuper les syndicats dès la rentrée. Plusieurs gouvernements se sont cassés le nez sur cette question mais on sent le chef de l'Etat plus que jamais décidé à placer ses adversaires sur la défensive sur une réforme que l'opinion approuve.
 
 
Une croissance molle
 
Le chiffre tombé mi-août a fait l'effet d'une petite bombe dans le cercle des conjoncturistes : la croissance française s'est limitée à 0,3% au deuxième trimestre, soit moitié moins que prévu. Sur la même période, l'Allemagne n'a certes pas fait mieux (0,3% également), mais l'Espagne a affiché une croissance de 0,8%. Du coup, il n'y a plus guère d'économistes pour parier, comme le gouvernement, sur une croissance comprise entre 2,25 et 2,5% sur l'ensemble de l'année. La prévision oscille plutôt entre 1,5 et 2%. Une croissance nettement plus faible que prévu en 2007 pourrait se solder par de moindres rentrées fiscales et un déficit budgétaire accru. C'est toute la construction du projet de budget pour 2008 qui doit être revue.
 
Un moral des ménages en baisse 
 
En juillet, le moral des ménages français a reculé pour la première fois depuis sept mois, baissant de trois points par rapport à juin, et retombant sous son niveau du mois de mai. L'indicateur de l'INSEE s'était amélioré fortement depuis décembre, en particulier entre avril et mai, au moment du dernier scrutin présidentiel, enregistrant un bond de sept points.
 
Investissement et commerce extérieur en berne
 
Consommation des ménages, commerce extérieur et investissement constituent les trois moteurs de la croissance. Si le premier reste très dynamique en France, les deux autres sont grippés. Ainsi l'investissement des entreprises a stagné au deuxième trimestre, et les turbulences actuelles sur les marchés financiers pourraient conduire certains chefs d'entreprise à geler provisoirement certaines décisions. Le manque d'investissements entraîne à moyen et long terme une perte de compétitivité de nos produits. Et la mauvaise santé de notre commerce extérieur devient préoccupante : à mi-parcours, le déficit dépasse les 15 milliards d'euros, contre 13 milliards un an plus tôt à la même période.

Notre voisin allemand a annoncé lui un nouvel excédent commercial de 16,5 milliards d'euros en juin, ce qui atténue considérablement l'excuse de l' "euro fort"  ou du pétrole cher. Les causes sont plus à rechercher dans le faible nombre de PME (deux fois moins nombreuses qu'outre-Rhin), une présence trop faible sur certains marchés (Russie, Europe centrale, Chine) et une innovation insuffisante. L'adoption d'un Small Business Act à la française favorisant l'environnement économique des petites et moyennes entreprises, pourraient figurer dans la "loi de modernisation de l'économie".

 
 

Par Renaud Pila le 20 août 2007 à 18:37
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43 Commentaires

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  • Brennber, le 21/08/2007 à 16h23

    M. Sarkosy a abusé les français en leur laissant croire que, par sa seule présence à la tête de l'état, la croissance allait repartir. La réalité, c'est que les français sont devenus pauvres et consomment moins, et ceux qui sont riches vont consommer à l'étranger...

  • Ahmed REZGUI, le 21/08/2007 à 15h38

    La question de la micro-économie est cruciale, c'est le parent pauvre des réformes, un sérieux engagement du GVT sera salutaire pour résorber une partie des 2 millions des chomeurs, donc un coup de pousse à le relance de la consommation. Ce ne sont pas les moyens qui manquent, les lacunes demeurent dans la coordination à la création d'entreprises micro-économiques. Souhaitons bonne chance au GVT pour sortir le pays du marasme.

  • Michel, le 21/08/2007 à 15h34

    A Gsoulaine de Rennes. Pour avoir un pouvoir d'achat + élevé, ce ne sont pas avec les 35 H. que les gens pourront vivre correctement. Là est le vrai fond du problème ! D'ou la vie chère par l'augmentation constante des prix dans tous les secteurs économiques. Sciences-Po.

  • Contribuable, le 21/08/2007 à 14h53

    Avant de dire n'importe quoi certain sur ce forum feraient mieux de : 1 - demander l'égalité fiscale pour tous. Que chaque foyer fiscal paie un impôt proportionnel au revenu du foyer afin qu'il n'y ait plus 50% des foyers payant l'impôt sur le revenu, SEULEMENT ! 2 - que toutes les subventions ou indemnités : allocations de toutes natures par exemple familiales, logement, etc. indemnités de toutes natures par exemple pour handicapé ou femme seule, etc. SOIENT incluses dans le revenu fiscal ! Plus d'exception ! Et ceci pour tous ! 3 - qu'il n'y ait plus de subventions d'état (tous niveaux) aux partis politiques, syndicats ou autres groupuscules politiques, associations à but non culturel, etc. Ils doivent vivre du seul revenu des cotisations, dons privés, etc. !!! A partir de cela, je pense que l'état des finances de notre pays en serait grandement amélioré ! La dette colossale générée ces 30 dernières années se résorberait rapidement !

  • Don Diego, le 21/08/2007 à 14h35

    Tout ceci n'est qu'un feu de paille qui va être bientôt balayé d'un revers de la main: un cyclone de catégorie 5 se prépare sur les marchés financiers et les sympathiques discussions de comptoir n'auront plus cours...alors le point de croissance supplémentaire, la TVA dite "sociale" (pourquoi ne pas recourir aux bons vieux droits de douane d'ailleurs?), le budget, la dette, les pédophiles, les autocars polonais etc... c'est du blabla. Gardez les yeux grand ouverts, et accrochez-vous, çà va swinguer!

  • Gsoulaine, le 21/08/2007 à 14h01

    Pour accroître la croissance, y a pas de mystères : les ménages devront avoir un pouvoir d'achat beaucoup plus important qu'il n'est actuellemnt afin de le "réinjecter" dans la consommation. Actuellement, tout est trop cher, pernons le prix du pain par exemple, c'est insensé. L'état doit absolument intervenir pour stopper l'inflation.

  • Michel, le 21/08/2007 à 14h00

    Après 27 ans d'hémorragie, le docteur Sarkosy, préconise la réforme des institutions. Le diagnostic est bon, le service du spécialiste est efficace. Bon rétablissement à la France.

  • Lebas, le 21/08/2007 à 14h00

    A mat de lyon. petite rectification. j'ai + de 70 ans et n'ai pas de cours d'économie, de bonne conduite et de comportement face aux déchets à recevoir aujourd'hui. Tour cela je l'ai appris dès 5 ans et me dure encore.il faut faire confiance et donner du temps à notre nouveau gouvt. une mamie.

  • Ben, le 21/08/2007 à 13h20

    A Guillaume: Je tiens à vous signaler tout d'abord que je ne suis pas fonctionnaire. Parlez-vous en connaissance de cause quand vous décrétez connaître les fonctionnaires???? Ce ne sont pas les salariés de la SNCF, de l'EDF, de la Sécu, de la Poste et j'en oublie certainement. Ce sont des policiers, des profs qui après Bac +4 rament pour avoir un SMIC péniblement gagné... Désolé pour les gens que je cite, loin de les dénigrer, mais il faut savoir de qui on parle, avant de critiquer! De plus, leurs horaires sont loin d'être enviables: combien ont des horaires décalés? (=police et personnels des hôpitaux) Combien doivent préparer leurs cours, corriger les copies, et surtout supporter les têtes de c.... qu'il y a de + en + et de + en + jeunes, sans pouvoir répondre aux insultes sans risquer de se faire casser la figure à la sortie( =les profs) Combien sont en sous-effectif?( =les infirmières) Bon, je ne vais pas tout lister, mais mis à part la stabilité des postes,... sauf quand ils ne sont pas obligés de subir leurs mutations. Pour revenir au sujet: comment renflouer les caisses de l'Etat? En adoptant une politique de "serrage de ceinture", ça c'est sûr, comme avait fait M. Thatcher dans les années 80: les Britanniques en on "ch..." pendant un temps, mais depuis, l'économie se porte franchement mieux( je ne parle pas du système de santé déplorable, il est vrai!) Exemple tout bête: l'idiot qui part aux sports d'hiver faire le kéké sur son snowboard (cela marche aussi pour celui qui est sur son jet-ski!) Il a quand même souscrit une assurance( c'est normalement obligatoire)... Pourquoi la Sécu devrait "rembourser" sa jambe cassée (= touts les frais imputés: rapatriement, hospitalisation, rééducation...)? Et pourquoi les assurances ne joueraient-elles pas leur rôle.....pour une fois!??? Et puis pour Marie: OUI, arrêtons les RMI, CMU et autres allocations qui ont transformé les Français en "assistés attardés flemmards"! Bon, je vous laisse réfléchir...

  • Luc, le 21/08/2007 à 13h13

    Sachant que je ne serais peut être pas publié mais, par pitié, que le journaliste qui a écrit cet article arrête de dire que le principe de la TVA sociale "consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages", Ca n'a aucun sens. D'ou croyez vous que les entreprises prennent l'argent pour payer les cotisations patronales ? ben de leur ventes donc des ménages qui achètent, et puis toutes les entreprises ne vendent pas à des "ménages" (TF1 vend ses espaces publicitaires à des entreprises que je sache non ?), la TVA sociale c'est un changement d'assiette de calcul. Techniquement ce n'est rien d'autre. En revanche l'effet inflation existera bien sur les ... importations. Et c'est avant tout le but recherché, taxer plus les importations pour favoriser la production française. Trouvez vous normal que la petite robe chinoise participe pour 0% à la protection sociale française alors que si elle était fabriqué en France elle y participerait à plus de 15% de son prix ? Soyons et soyez messieurs les journalistes un peu plus "citoyens" et sachons ce que nous voulons : une protection sociale garantie et pérenne ou alors, comme cela nous pend au nez, une protection sociale pour les riches (assurances volontaires, etc) et une pour les moins riches à coup de franchise de déremboursement ? De plus, si on augmente les charges sociales et patronales, et même si on croit que ce sont les entreprises qui payent, au final, c'est le consommateur qui paierait la note (Si on augmente de 10% les charges, et bien messieurs de TF1, vous vendrez plus chers vos espaces publicitaires à vos clients). CQFD !! J'espère quand même être publié parce que toutes ces contres vérités et ces arguments syndicalistes montre que bcp n'y comprenne rien !!! et c?est la deuxième fois que j?explique cela sans que je sois publié? Luc

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