Ségolène Royal à la Fête de la Rose, à Melle (25 août) © TF1/LCI| Les réactions de Jean-Marie Le Guen et Marie-Noël Lienemann |
Trois mois après sa défaite à la présidentielle, l'ex-candidate socialiste a été accueillie samedi à Melle par une foule enthousiaste aux cris de "Merci Ségolène" et "Ségolène, on t'aime". Et face aux journalistes qui guettaient son arrivée, c'est en femme "neuve" et "sereine" qu'elle s'est présentée pour sa rentrée politique à la faveur d'une "fête de la Rose" qu'elle a elle-même organisée, devançant d'une semaine le rendez-vous officiel de fin d'été des socialistes à La Rochelle. Après une cure estivale de silence, et alors que sa cote baisse (selon un sondage LH2 paru mercredi dans Libération, Dominique Strauss-Kahn est jugé par 30% des Français comme "le meilleur leader pour la gauche au cours des années qui viennent", loin devant Ségolène Royal à 15%), elle est apparue combative devant un public conquis, mais aussi décidée à "jouer collectif".
Combativité concernant l'action de Nicolas Sarkozy, accusé "d'immobilisme" parce qu'il "ne prépare pas la France à relever les défis de la mondialisation". A l'opposé, elle a préconisé une politique favorisant "la prise de risque", "le risque créateur, l'innovation". Elle s'en est prise notamment aux nouvelles lois et mesures de lutte anti-pédophilie promises par le chef de l'Etat. "Faut-il attendre le prochain enfant violé, le prochain enfant assassiné pour promettre une nouvelle loi ?", s'est-elle interrogée. Souhaitant que "la parole de la gauche (soit) percutante sur les propositions et les critiques", elle a souligné : "Nous n'avons pas besoin de caricaturer ce qui n'a pas besoin de l'être", jugeant que "les socialistes sont prêts à soutenir des actions efficaces, crédibles".
"Le marché nous est aussi naturel que l'air qu'on respire"
Et concernant, précisément, ces propositions et cette "parole de la gauche", elle a appelé à un grand dépoussiérage idéologique, se déclarant "sidérée" que les socialistes aient "peur de l'affirmation de l'individu", et prônant "un équilibre" entre le collectif et l'individu. L'ex-candidate PS à l'Elysée s'est ainsi élevée contre ce qu'elle a appelé des "faux débats" chez les socialistes : la place du marché et celle de l'individu. Elle s'est étonnée que des socialistes se demandent encore si le PS doit être pour ou contre le marché. "Le marché nous est aussi naturel que l'air qu'on respire ou que l'eau qu'on boit. Il s'agit là d'un jeu d'enfoncement de portes ouvertes", a-t-elle lancé. Elle s'est référée aux "socialistes allemands" qui ont "une devise : le marché chaque fois que cela est possible, l'Etat chaque fois que cela est nécessaire".
Pas question pour autant de revendiquer ouvertement le leadership sur le parti. Après les critiques ayant suivi sa défaite à la présidentielle, elle a affiché cette fois sa volonté de s'engager dans le travail de rénovation du PS : "Je ne suis en compétitition avec personne. Je ne recherche rien d'autre que d'assumer mes responsabilités dans le débat d'idées. De toute façon, c'est un travvail collectif de longue haleine qui commence. Comme je m'y étais engagée et forte de ce que j'ai compris (...) durant cette campagne, je commence aujourd'hui à mettre ce que j'ai appris au service de tous les socialistes".
Selon elle, "cette réflexion devra déboucher sur une rénovation profonde de nos méthodes et de certaines de nos idées dans la fidélité à nos valeurs". Pour cela, elle s'est dite "entièrement mobilisée, animée d'une volonté très solide et sereine". "Je n'ai aucun esprit de revanche, aucune amertume, contrairement à ce que je lis ici ou là, y compris envers ceux dont la chaude affection littéraire m'entoure en cette rentrée", a-t-elle dit, faisant allusion à la parution prévue de plusieurs ouvrages sur la période allant jusqu'à la présidentielle. "Ils sont tournés vers le passé, ils en ont peut-être besoin. Tout le monde est bienvenu, toutes les brebis égarées", a-t-elle ajouté en riant.
D'après agence
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