Nicolas Sarkozy avec le colonel Kadhafi lors de sa visite en Libye (juillet 2007) © TF1/LCI
Accoyer : "Rien à cacher, la commission le prouvera"
Le président Nicolas Sarkozy s'est dit "favorable" à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le dossier libyen, "y compris en matière d'armement", a annoncé vendredi l'Elysée. Cette commission permettra de "confirmer toutes les déclarations" des autorités françaises et de mettre en valeur "l'exemplarité de leur action qui a permis, avec l'Union Européenne, de mettre un terme à l'emprisonnement des cinq infirmières et du médecin bulgares".
Alors qu'EADS annonçait vendredi matin la "finalisation" de l'un des contrats d'armement avec la Libye pour la fourniture de missiles anti-char Milan, de nombreuses voix s'étaient élevées pour demander une enquête parlementaire. En première ligne, François Hollande avait exigé qu'une commission mette au "clair" sur les négociations franco-libyennes. Il avait précisé avoir demandé aux autorités françaises s'il y avait eu "des contreparties" à la libération des infirmières bulgares et du médecin détenus huit ans.
Accord commercial antérieur à Sarkozy
La demande de François Hollande avait été formalisée au cours de la journée par Jean-Marc Ayrault, président du groupe parlementaire PS, qui a écrit en ce sens au président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer. Suscitant ce commentaire du président UMP de la commission des Affaires étrangères au Palais Bourbon, Axel Poniatowski : "dans cette affaire aujourd'hui, il n'y a aucun élément qui est réellement susceptible de déclencher une telle commission". Quant à Bernard Accoyer, il s'était dit "très favorable" à une enquête parlementaire qui "répondra au souhait de transparence des plus hautes autorités de l'Etat". Le Premier ministre, François Fillon s'était de son côté "félicité" de l'avis favorable donné par le président de l'Assemblée nationale.
Le gouvernement et le chef de l'Etat n'ont eu de cesse depuis plusieurs jours de démentir tout lien entre la libération des praticiennes et les accords passés entre EADS et la Libye. Vendredi matin, interrogé sur RTL, le ministre de la Défense Hervé Morin soulignait que la Libye s'était engagée à acheter à la France des missiles Milan, qui avait reçu "l'accord" d'une commission interministérielle française dès février 2007. Soit bien avant la libération des infirmières bulgares, avant même l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy.
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