Bertrand Delanoë, le 1er septembre 2007, à l'université d'été du PS à La Rochelle © TF1-LCI
Hollande : "on est là pour la réforme du PS"
L'absence des Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et autres Martine Aubry aura fait couler de l'encre. De même que le cache-cache de Ségolène Royal et François Hollande, qui se sont soigneusement évités dans les couloirs. Mais le discours, lui, était le même samedi à La Rochelle, à l'université d'été du PS. Maître mot : sus à l'échec, cap sur l'avenir. Mais comment faire exactement ? Ségolène Royal faisait part vendredi de son "rêve pour le PS" (lire notre article), François Hollande parlait ensuite de sa rénovation du parti "à la sauce hollandaise" (lire notre article). Bertrand Delanoë et Michel Rocard ont pris le relais samedi.
D'abord accueilli par quelques huées, tout de même couvertes par des applaudissements, pour sa participation à une commission gouvernementale, Michel Rocard a souhaité que loin des "problèmes d'hommes", le PS se concentre "sereinement" sur la mise au point d'un projet "explicatif et convaincant", d'ici un ou deux ans. "Mon souci principal, a-t-il dit, est de retrouver la compréhension de l'opinion publique". Il a dénoncé le "marasme masochiste de la rumination de l'échec" et le "mal croissant dans le parti", consistant à "préférer la politique de la posture à celle du résultat". Quant à Martine Aubry, elle n'était pas là, pour cause de braderie de Lille, mais ça ne l'a pas empêché de commenter. Le maire de Lille a estimé samedi sur RTL que le PS ne devait pas chercher à "courir derrière les idées de la droite" pour donner l'impression d'être "moderne".
Delanoë : "au boulot !"
A l'applaudimètre, la victoire revenait sans conteste au maire de Paris. "Il faut que nous soyons audibles", a dit Bertrand Delanoë. "En 2007, le devoir immédiat de la gauche c'est de ne pas désespérer ceux qui nous ont fait confiance par notre égocentrisme", a-t-il ajouté. "La plus grande richesse de la gauche, c'est ceux qui en attendent quelque chose". Bertrand Delanoë a par ailleurs assuré que postuler à la tête du PS, après le départ de François Hollande prévu en 2008, n'était pour lui "pas d'actualité", mais qu'il estimait avoir "une petite utilité" au sein de son parti. Avant de jurer qu'il "n'en rêve pas la nuit". Il avait indiqué il y a une semaine qu'il n'attendrait "pas deux mois" pour dire s'il serait candidat à sa réélection à la mairie de Paris. Mais dans le train qui l'amenait vendredi à La Rochelle, il avait assuré qu'il n'y dirait rien sur le sujet : "je ne mélange pas les choses".
"Il m'arrive en me rasant le matin de rêver à Bizerte", sa ville d'origine en Tunisie, a-t-il lancé. Il a ironisé sur ceux qui se font "du souci pour (lui) en disant: 'pourvu qu'il ne se fatigue pas trop'" en s'investissant à la fois à Paris et au PS. "S'il faut que j'en fasse encore plus, j'en ferai encore plus", a-t-il affirmé. "On ne me perçoit pas comme un leader de la gauche, mais qu'est ce que ça peut faire?". Finalement, après trois heures de débats, après le passage d'Arnaud Montebourg et de Julien Dray notamment, le maire de Paris a conclu en "suggérant" de se "mettre au boulot". Le ton de la journée était donné.
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