François Bayrou en meeting à Paris le 5 juin 2007 © TF1-LCIFrançois Bayrou fait sa rentrée politique devant les adhérents de l'UDF-MoDem à Seignosse (Landes), de vendredi à dimanche. Plus de 2.500 personnes assistent ces journées, parmi lesquelles une trentaine de parlementaires. En ouverture, le leader centriste a affirmé vouloir bâtir un Mouvement démocrate (MoDem) "indépendant et constructif". François Bayrou a expliqué : face à "l'immense rouleau compresseur du modèle américain, notre responsabilité est de bâtir un projet de société pour l'avenir de la France", un "projet démocrate". "Nous ne bâtissons pas seulement un centre, car le mot +centre+ signifie qu'on se définit par rapport à la droite et la gauche", a-t-il déclaré. "Je vous invite à vous définir par rapport à notre projet et à notre idéal".
Seront notamment discutées la construction du Mouvement démocrate (MoDem), dont le congrès fondateur doit avoir lieu à l'automne, et les municipales de mars 2008. Le nouveau parti, déjà très courtisé par la droite comme par la gauche, devrait avoir des listes autonomes dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Lille... "Le moment est venu maintenant de se mettre en ordre de bataille, de voir ce que les adhérents attendent en termes d'organisation et de projet", estime Corinne Lepage (Cap 21), partie prenante du MoDem. Le leader centriste a effectué au début de l'été un mini-tour de France pour voir les nouveaux adhérents du MoDem, tenant dix meetings régionaux, sans la presse. L'UDF-MoDem revendique 45.000 adhésions confirmées.
Parti unifié ou confédération ?
En dépit du revers essuyé aux législatives, il reste convaincu qu'un centre "indépendant", qui ne soit "pas aligné" sur l'UMP ou le PS, a sa place dans la vie politique française. Car "le projet néo-conservateur, néo-bonapartiste" de Nicolas Sarkozy "est voué à l'échec, autant que le projet archéo-socialiste", affirme-t-il dans la revue Commentaire. Pour construire son parti à temps pour les prochaines échéances électorales, François Bayrou va devoir concilier les attentes des nouveaux membres du MoDem, dont certains viennent de la gauche comme l'ex-Vert Jean-Luc Bennahmias, et celles des UDF.
Certains, à l'instar de l'ancien ministre Didier Bariani et du sénateur Jean Arthuis, refusent la disparition de l'UDF et critiquent vivement la gouvernance de M. Bayrou. "On ne gère pas un parti comme on anime une secte", lance Jean Arthuis à l'attention du président de l'UDF-MoDem, dans un entretien au Figaro à paraître jeudi. "Il faut qu'il sorte de sa vision messianique", juge le sénateur, qui n'ira pas à Seignosse. Jugeant le centre aujourd'hui "totalement inaudible", il appelle à "un rassemblement de tous les centristes au sein de l'UDF", que ce soit "ceux partis en 2002", ceux du Nouveau Centre (ralliés à Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle) ou les nouveaux adhérents du MoDem. Alors que François Bayrou, soutenu par M. Bennahmias, n'est pas favorable à des "courants" au sein de son futur parti, Mme Lepage préfèrerait que le MoDem prenne une forme "confédérale" où Cap 21, comme l'UDF, conserverait son identité propre.
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