Ces ministres "d'ouverture" qui ne la ferment pas

Par R.P, le 20 septembre 2007 à 18h51 , mis à jour le 21 septembre 2007 à 12h55

Bernard Kouchner, Martin Hirsch, Fadela Amara... Ils n'hésitent pas à dire ce qu'ils pensent, avec la tolérance de l'Elysée.

KouchnerBernard Kouchner, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le 16 septembre 2007 © TF1-LCI

"Un ministre, ça ferme ça gueule ou ça démissionne". Comme il paraît loin le temps où Jean-Pierre Chevènement lâchait cette phrase assassine au moment de l'offensive alliée en Irak en 1983. Aujourd'hui, avec "l'ouverture" chère à Sarkozy, des membres du gouvernement peuvent sans vergogne critiquer certains aspects de la stratégie gouvernementale. Sans se faire remonter les bretelles ni par l'Elysée, ni par Matignon. Dimanche dernier, c'est Bernard Kouchner qui a pris ses distances avec "la politique d'immigration" du gouvernement. Les objectifs chiffrés de reconduite à la frontière fixés par le chef de l'Etat à son ministre de l'Identité nationale Brice Hortefeux ne lui plaisent pas. Les tests ADN ?  "Cela ne me plaît pas, mais ne m'indigne pas (...) Le jour où je m'indignerai vraiment, je partirai", a-t-il affirmé lors du Grand-Jury RTL-LCI-Le Figaro. Il est vrai que Bernard Kouchner n'a jamais caché avoir expliqué à Nicolas Sarkozy qu'il acceptait son offre de poste en conservant ses convictions socialistes et ses éventuels désaccords avec le programme de l'UMP.
 
Ces tests génétiques comme préalable à une demande de regroupement familial, ils ne sont pas du goût également de Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives. "Les principes éthiques qu'on a mis en place pour l'ensemble de la population française, ou ayant envie de vivre en France, font partie de l'identité nationale. Défendre cette identité, cela veut dire parfois renoncer à des techniques nouvelles ou séduisantes...", a-t-il estimé.  Martin Hirsch a ajouté qu'il "comptait sur le Sénat pour ne pas s'engager dans cette voie". Selon Le Monde, Brice Hortefeux a déclaré n'être pas "choqué" par ces remarques, d'autant plus que l'amendement sur les tests ADN "n'était pas d'origine gouvernementale". 

La "nullité" des discours technocrates
 
Que se passerait-t-il si les critiques visaient un projet important du gouvernement ?  Le cas s'est posé avec les franchises médicales, en juin dernier, la liberté de paroles a alors ses limites. Martin Hirsch, toujours lui, avait remis en cause cette mesure importante sur laquelle compte le pouvoir exécutif pour remettre à flots les comptes de l'assurance maladie. Le Premier ministre avait alors affirmé : "il vient de nous rejoindre, donc il n'a pas lu avec beaucoup d'attention le projet politique sur cette question". Après un entretien avec la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, le haut commissaire s'était dit "rassuré". Et la cohésion gouvernementale sur un dossier important sauve. 
 
Cette liberté de ton de certains ministres peut étonner les commentateurs politiques, toujours prompts à sauter sur les fameuses "petites phrases". Mais il va falloir s'habituer. "Le gouvernement n'est pas une caserne et puis il ne faut pas brimer les rares personnalités qui ont du talent", résume un leader de la majorité. Il est vrai que Nicolas Sarkozy s'emporte plus facilement contre "la nullité" des discours technocratiques que contre les "originalités" de ses ministres d'ouverture dont il est si fier. Une communication de Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, lors d'un conseil des ministres avait réjoui le chef de l'Etat en début de mois. Avec ses mots (lutter contre les "glandouilles"), elle avait bousculé le protocole de réunions souvent ennuyeuses.  
 

Par R.P le 20 septembre 2007 à 18:51
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7 Commentaires

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  • Agios, le 21/09/2007 à 09h16

    Bush a son Rumsfeld, Staline son Beria, Robespierre son St Just, et Sarkozy son Kouchner. Sauf le respect que je dois au Président de la République, mais pourquoi a t il pris un faucon aux affaires étrangères.

  • PENA, le 20/09/2007 à 22h49

    Aucune surprises de la part de kouchner! Il y a longtemps que cet homme-là dit n'importe quoi! Son ambition le dévore! Le problème c'est qu'avec des propos pareils, il risque fort de nous mettre dans la merde! Les terroristes de tous bords ne vont pas se gêner pour justifier de leurs attentats en France! Et qui va trinquer? Les pauvres gens comme d'hab! Bravo monsieur le ministre de l'inconsistance!Vous ne perdez rien pour attendre!

  • Audrey, le 20/09/2007 à 22h43

    Meme si le jeu de mot est bien trouver,le titre de votre article m'a quelque peu choqué de par sa vulgarité.J'espere que TF1 ne va pas faire dans la decadence car j'adore votre site ! a bon entendeur...

  • Pascal, le 20/09/2007 à 21h50

    Bravo Monsieur le President de la Republique. Quelle bel exemple de democracie pour le monde entier.

  • FILLET DIDIER, le 20/09/2007 à 20h37

    M. le president voici ma question: je travail à la poste Poste et je suis fonctionnaire, mais quand j' effectue des heures supplémentaires, si je me les fais payées elles sont payées à l'indice 390 maximum, moi mon indice et de 550. D'ou ma deduction je travail plus et je gagne moins. ma question: je voudrais que mes heures supplémentaires et celle de tous ceux qui travaille dans cette entreprise soit payées comme dans le privé (25%, 50%, 100%, ect....

  • Carl, le 20/09/2007 à 19h23

    Le titre de votre article frise (volontairement) le vulgaire et je trouve cela regrettable.

  • Enikros, le 20/09/2007 à 19h17

    C'est une vrai drmocratie , bravo Monsieur Sarkozy

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