L'édito sur Sarkozy qui irrite Albanel

le 04 septembre 2007 à 15h58 , mis à jour le 04 septembre 2007 à 16h58

La ministre de la Culture tance le directeur du Granit, scène nationale de Belfort, jugeant un texte qu'il a écrit "déplacé" à l'égard de Nicolas Sarkozy.

TF1-LCI : Christine Albanel, à la sortie du premier Conseil des ministres, le 18 mai 2007Christine Albanel, à la sortie du premier Conseil des ministres, le 18 mai 2007 © TF1-LCI

Henri Taquet plaide le droit à l'humour... et à la liberté de ton. Le directeur du Granit, scène nationale de Belfort, s'étonne encore de la lettre virulente qu'il a reçue pour un éditorial, publié dans la plaquette de la saison 2007-2008 de son théâtre. Une lettre chargée de reproches dont l'auteur n'était autre que... la ministre de la Culture, Christine Albanel.

Le texte qui a suscité les foudres de la ministre (reproduit ci-dessus) prenait la forme d'un courrier du "metteur en scène associé" au théâtre Benoît Lambert à son directeur Henri Taquet. Il évoquait, sur un ton humoristique, "les conséquences profondes, et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences" de l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. "J'ai par exemple découvert que mon voisin, avec lequel j'entretenais des rapports tout juste polis, n'a pas voté pour Nicolas Sarkozy", pouvait-on y lire. "Du coup, non seulement ça simplifie les questions de clôture et de mitoyenneté, mais en plus, s'il a besoin, je suis prêt à lui garder son chien".

"Cela me choque profondément. Je tenais à vous le dire"

Le propos a visiblement déplu à la ministre, qui s'en est émue dans une lettre adressée à Henri Taquet en date du 29 août, et dont une copie a été transmise à l'AFP. Jugeant le texte "particulièrement déplacé", Christine Albanel a estimé qu'un "théâtre investi d'une mission de service public et financé par l'Etat et les autres collectivités doit à son public le respect des choix et des opinions démocratiquement exprimés". Et de poursuivre : "Vous foulez au pied cette exigence en attaquant, avec un sectarisme qui est la négation même de son action et de son style, un président de la République élu au terme d'une campagne exemplaire. Cela me choque profondément. Je tenais à vous le dire".

Le directeur du Granit s'est dit pour sa part "plutôt estomaqué" par une telle réaction. "Quand j'ai lu la lettre de la ministre, je n'y ai pas cru, sur le coup. Cet éditorial traite avec humour une espèce de déception post-électorale, je ne vois pas où est le drame", a fait valoir Henri Taquet. "On a le droit de trouver que ce texte n'est pas rigolo, mais je suis étonné qu'il soit pris au pied de la lettre. Est-ce qu'on n'a plus le droit à l'irrévérence ?", s'est-il interrogé. Avant d'invoquer en l'espèce "la liberté de l'artiste", à savoir Benoît Lambert, qui a rédigé sa lettre sur le ton de la joyeuse provocation.

D'après agence

le 04 septembre 2007 à 15:58
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9 Commentaires

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  • SAINT-CYR, le 05/09/2007 à 16h02

    Bien sûr bien sûr !!! il est évident que l'on puisse s'abriter derrière la "liberté de l'artiste" mais c'est bien "petit" comme liberté. Pitoyable dirais-je même!!! Oupss mais je vais être cataloguer de quoi moi? Allons bon.

  • FARFRA, le 05/09/2007 à 14h03

    Je trouve la réaction de la ministre de la culture plutôt étonnante, en sachant que lors du procès intenté par une organisation islamique contre Charlie Hebdo, Nicolas SARKOZY s'est clairement prononcé pour la liberté d'expression, même sur des questions religieuses. J'ai voté pour SARKOZY, mais revendique le droit à la liberté de critiquer ou revendiquer contre ses opinions.

  • Claude, le 05/09/2007 à 11h28

    Le droit d'expression c'est réservé aux publications où l'auteur engage sa responsabilité et où il peut être en situation. S'il considère que son théâtre souffre de l'élection d'un président, alors il peut le dire en l'expliquant dans un programme de ce théâtre. Qu'aurait dit Henri Taquet si l'éditorial de la plaquette annuelle de son théâtre était une charge humoristique sur l'immoralité supposée de sa présence à la tête de ce théâtre ? Qu'aurait il dit si l'argent du contribuable était utilisé en partie pour faire une propagande anti Taquet comme il fait une propagande anti Sarkozy ? Ceci étant dit, madame Albanel attache un peu trop d'importance à un personnage qui en a peu et qui profite de l'occasion pour s'en donner un peu plus qu'il n'en a en publiant ce courrier. De là à évoquer, comme certains, la mise en place d'un état policier c'est comique. L'exagération indique le camp des "exagérateurs".

  • Dureau, le 04/09/2007 à 18h36

    Quoi qu'il en soit, c'est pas très malin

  • Charles-louis, le 04/09/2007 à 17h50

    Que c'est beau de voir le début d'un état policier..... Ca fait peur aussi...

  • Liberte, le 04/09/2007 à 17h49

    Il est libre de dire ce qu'il veut, mais le hic c'est qu'il le fait en etant paye avec l'argent du contribuable. Il devrait avoir une certaine neutralite politique, se serait plus juste de mon point de vue. Mais bon, pas de quoi fouetter un chat.

  • Robert, le 04/09/2007 à 17h38

    J'ai pourtant voté Sarkozy, mais je suis totalement stupéfait par la réaction de Christine Albanel. Ce type de rappel à l'ordre n'est pas digne d'un pays comme la France ou la liberté d'expression est un des fondements mais plutot d'états plus ou moins respectables voire totalitaires. C'est assez inquiétant, pour ne pas dire limite nauséeux. Robert.

  • Alain, le 04/09/2007 à 17h27

    La police de la pensée est en marche ! Pourtant le droit d'expression fait partie de la Constitution

  • Christophe, le 04/09/2007 à 17h16

    La pensée unique...

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