Laurent Fabius © LCI
Fabius au 20h : avec le gouvernement Fillon "on va dans le mur"
Il était resté silencieux depuis l'été. Samedi, Laurent Fabius a réuni à Paris plusieurs centaines de personnes avec un seul mot d'ordre : travailler au rassemblement du PS après sa défaite électorale. A son arrivée, l'ancien Premier ministre a affirmé qu'il était "indispensable" de réunir des socialistes de tous courants pour, selon le slogan de la journée, "reconstruire la gauche", une gauche "décomplexée, fidèle à ses valeurs, rassemblée" qui sache aussi "s'adapter". "Qu'on ne compte pas sur moi pour disputer le championnat de France des people et le championnat du monde des paillettes", a-t-il déclaré, visant à demi-mot à Ségolène Royal. Appelant à clarifier la stratégie du parti et à élaborer une politique cohérente, l'ancien ministre a cependant souhaité que personne ne soit écarté, par "principe". Il s'est déclaré fidèle au parti d'Epinay, où, a-t-il rappelé, "ancrage déterminé à gauche et reconstruction étaient un tout indissociable".
En verve, il s'est ensuite moqué des "personnalités anciennement placées à gauche" convaincues d'entrer au gouvernement : "c'est le club des papillons, attirés par la lumière, et voletant de conviction en conviction comme le papillon de support en support". Applaudi notamment par Hubert Védrine, qui avait accepté une mission sur la mondialisation, Laurent Fabius a souligné : "nous devons occuper toute notre place dans les commissions et refuser toute participation directe ou indirecte au pouvoir exécutif, car la démocratie, c'est d'abord la clarté".
Aucun proche de Royal présent
Abandonnant sa formule de "sage actif" d'avant l'été, Laurent Fabius a martelé qu'il ferait entendre sa voix "dans le débat politique de demain" en tant "qu'actif sage, responsable engagé". Et selon lui, la mission primordiale pour les socialistes : "déconstruire la droite". Pour l'ex-candidat à l'investiture PS, "les Français sont en train de s'apercevoir que le paquet fiscal pourrait devenir le boulet fiscal de la droite". Reprenant le propos du psychanalyste Jacques Lacan, "le réel, c'est quand on se cogne", il a prédit : "la droite va se cogner", en escomptant "un contre choc de méfiance". Dans la soirée, Laurent Fabius était l'invité du 20h de TF1. Il s'est dit inquiet, "surtout sur la politique économique et sociale. Quand un Premier ministre dit qu'on est en faillite et que dans le même temps, il consacre 15 milliards d'euros, ce qui est colossal, à alléger les charges des gens les plus aisés, on va dans le mur".
Plusieurs responsables du PS avaient été conviés au débat de l'après-midi, notamment le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, plusieurs fabiusiens tels Alain Vidalies et Henri Weber, mais aussi des ténors d'autres courants comme Anne Hidalgo, représentant le maire de Paris Bertrand Delanoë empêché, Arnaud Montebourg, l'ancien ministre de Lionel Jospin Hubert Védrine et Benoît Hamon. Cependant, aucune personnalité proche de Ségolène Royal ne participait à cette "journée d'échanges et de réflexions". "N'ont été conviés que les responsables politiques qui ont montré qu'ils avaient envie de discuter avec nous" en matière "de conception du parti et de stratégie", a précisé Claude Bartolone, lieutenant de l'ancien Premier ministre. Le premier secrétaire François Hollande par exemple, n'était pas invité : "On attend de lui qu'il clarifie sa position", a dit un des organisateurs.
D'après agence
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