François Fillon devant les parlementaires de la majorité, le 19 septembre 2007 © LCI"Vous croyez qu'il y aurait autant de monde s'il n'était pas soutenu ?" Cette confidence de François Sauvadet, la patron des députés du Nouveau Centre, résume bien le sentiment général lors de la réception offerte mercredi par François Fillon aux parlementaires de la majorité. La tente dressée côté jardin est trop petite pour accueillir députés, sénateurs... et ministres. Comme pour faire taire les rumeurs de remaniement, ils sont presque tous là pour écouter leur chef de gouvernement. Car pour eux, il n'y a pas de doute : François Fillon est bien le "chef de la majorité", comme l'explique Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale.
Effectivement, pendant une demi-heure, le Premier ministre va leur tenir un discours très volontariste, se disant "à cent lieues" de "l'agitation de ceux qui prédisent une rentrée sociale explosive ou un remaniement". A sa majorité, il promet "de la sueur et des séances de nuit", la voilà prévenue... "Le mois de juillet n'était qu'un échauffement", prévient-il, en se félicitant d'un bilan de quatre mois "bien plus qu'honorable" et selon lui "largement soutenu par les Français". Le Premier ministre déroule toutes les grandes réformes sociales annoncées la veille par Nicolas Sarkozy qu'il cite à plusieurs reprises. Pour toutes, François Fillon dit vouloir "donner la priorité à la négociation" mais son ton est très ferme. "A la fin de l'année, ma seule ambition, c'est que vous puissiez aller, à l'approche des élections municipales, au devant des Français, en les regardant dans les yeux et en leur disant : nous, nous ne vous avons pas trahis", conclut-il.
"Si vous n'êtes pas sans arrêt remonté, ça ne marche pas".
Applaudissements nourris et sourires satisfaits des députés. Le rappel des échéances électorales et de la recette pour les gagner est toujours une formule gagnante face aux élus. Mais chez François Fillon, ce n'est pas une feinte, c'est une obsession : rester dans les annales comme un grand réformateur, quitte à avaler des couleuvres et des vexations. Des agacements entre lui et le chef de l'Etat ? "Oui mais c'est la vie de Premier ministre ça ! C'est pour ça qu'il ne faut surtout pas supprimer ce poste essentiel dans la République. C'est un fusible. Et si ça n'allait pas, Fillon serait remplacé, il le sait bien", confie un leader de la majorité.
Mais pour l'instant, le Premier ministre marque des points chez les parlementaires. "Il fait le boulot", "Il connaît son job", "la méthode Fillon existe". A entendre les ténors de l'UMP, il se pose plus que jamais en garant des promesses présidentielles et aiguillon en chef de la majorité, place traditionnelle du Premier ministre. "François Fillon est apprécié par les parlementaires, commente François Sauvadet. Il dialogue, il écoute. Regardez sur la question des tests ADN, il a su trouver un compromis. Et puis... ". La conversation est écourtée par des huissiers de Matignon trop zélés, la presse n'étant pas conviée au cocktail après le discours. S'ensuit un retour manu militari des journalistes dans la cour de Matignon, sans l'art et la manière...
Interrogé sur le ton très remonté du chef du gouvernement, Jean-François Copé lâche en souriant : "c'est consubstantiel à cette fonction. Si vous n'êtes pas sans arrêt remonté, ça ne marche pas". Le patron des députés UMP n'a pas le temps de citer une autre qualité consubstantielle à la fonction de Premier ministre : l'abnégation. Nicolas Sarkozy a promu mardi Xavier Bertrand "homme des réformes sociales" lors de son discours mais n'a pas cité François Fillon en tant que Premier ministre. Pourtant, c'est bien lui qui reçoit, à peine
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