Fillon joue les pères la rigueur

Par , le 25 septembre 2007 à 21h22 , mis à jour le 26 septembre 2007 à 12h42

Le Premier ministre pose un diagnostic sombre sur les finances publiques tandis que Nicolas Sarkozy refuse "tout plan d'austérité".

FillonFrançois Fillon, le 17 septembre 2007 © TF1-LCI

"Ne pas trahir son camp", "ne pas faiblir", "aller jusqu'au bout de la réforme"... François Fillon le martèle à chacune de ses interventions. A ceux qui se demandaient à la fin de l'été à quoi sert le Premier ministre, l'hôte de Matignon a donné en quelques formules choc une réponse : à tenir les promesses du président de la République. François Fillon s'est trouvé un registre, celui de gardien du temple sarkozyste. Et il en connaît les moindres recoins puisque c'est lui qui a élaboré pendant deux ans le programme du président de la République.
 
Le Premier ministre est persuadé que "la France peut supporter la vérité", comme l'affirmait le titre de son livre publié l'an dernier. Alors il livre la sienne, sans "langue de bois".  Si sa formule "faillite de l'Etat" n'était sans doute pas préméditée vendredi dernier, celle au moins aussi sévère de "situation critique" pour les finances publiques l'était lundi sur RTL. En tenant de tels propos, François Fillon a relancé les spéculations sur une éventuelle rigueur à venir, ce qu'a démenti Matignon et encore plus clairement Nicolas Sarkozy mardi soir. "La stratégie qui a conduit à rédiger le budget 2008 n'a pas été modifiée", explique-t-on parmi les proches du premier ministre : "ce qu'il a dit est exactement dans la ligne de ce qui a été fait depuis la nomination du gouvernement". Et de rappeler la révision générale en cours des politiques publiques, mais aussi la réduction accélérée du nombre de fonctionnaires".  

Fillon soutenu par la majorité
 
Dans le quotidien Le Monde, le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian a admis "une nécessaire rigueur sur la dépense publique". Mais il s'interrogeait aussitôt: "L'économie, c'est aussi de la psychologie. Quel message envoyer au pays ?" Réponse : "Il faut à la fois une politique de l'offre et une politique de rigueur". A l'instar de Patrick Devedjian, la majorité paraît, pour l'instant, refuser de choisir entre la rigueur budgétaire et la relance de l'économie par les réformes du programme Sarkozy. Mais les députés UMP soutiennent massivement la posture du Premier ministre.

Refusant bien sûr d'employer le mot tabou de "rigueur", ils sont "très engagés" derrière François Fillon sur "l'exigence de vérité" en matière de maîtrise des dépenses publiques, comme l'a affirmé mardi le président du groupe à l'Assemblée nationale Jean-François Copé. Quelques uns franchissent toutefois le Rubicon. Ainsi, interrogé sur l'emploi du terme "faillite", le président UDF de la commission des Finances du Sénat Jean Arthuis y a vu un "électrochoc" visant à "souligner l'urgence et la nécessité des réformes". Pourtant recadrée par l'Elysée pour avoir employé le terme de "rigueur" le 2 septembre dernier, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est peut-être sentie libérée en affirmant elle aussi que le mot "faillite" avait "eu le mérite de frapper les esprits".
 
François Fillon a-t-il trouvé son rôle, porteur de mauvaises nouvelles, aux côtés d'un Nicolas Sarkozy perpétuelle incarnation du '"tout devient possible" ? Beaucoup veulent le croire à droite mais d'autres sont plus pessimistes. "C'est une tentative désespérée pour exister mais c'est voué à l'échec, analyse un ancien ministre UMP. Il n'est pas responsable du quotidien et des décisions. De toutes façons quelque chose est cassé entre lui et le chef de l'Etat". La relation intime au sein du couple exécutif est toujours difficile à décrypter. Jeu de rôles subtil entre le bon et le méchant ou réelle divergence politique ? Nicolas Sarkozy et François Fillon affichent eux un travail "main dans la main". Quoi qu'il en soit, l'un et l'autre ont une divergence de tempo. Un président de la République pense toujours à sa réélection, un Premier ministre sait bien qu'il est là pour être usé... Usé d'avoit dit sa vérité, tel est le choix de François Fillon.

Par Renaud Pila le 25 septembre 2007 à 21:22
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

12 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Guillaume, le 26/09/2007 à 12h31

    La faillite de l'état français à commencer il y a 30 ans avec l'arrivée de giscard et depuis les irresponsables ont creusé la dette et nous sommes au bord du gouffre. Enfin un début de lucidité, ont supprime 23.900 fonctionnaires sur 5.000.000, une piqure de moustique sur un éléphant.

  • Claude, le 26/09/2007 à 12h27

    Qui gère quoi ?! , quant on s'aperçoit seulement après des années que certains "grugent" la sécu , on peut s'interroger sur la tenue des comptes. Comment sont estimés les déficits en tous genres ? , on semble nous dire " les caisses sont vides " ! à qui la faute ? Ce n'est pas le peuple Français qui tient les comptes de l'état , le vote permet de déléguer un gouvernement pour cela .

  • LEROY, le 26/09/2007 à 12h20

    Enfin un langage de vérité, allons-nous enfin devenir adultes et nous attaquer aux problèmes. Finies les douces réveries d'un peuple gros consommateur de psychotropes. JJ LEROY

  • Mickael, le 26/09/2007 à 12h06

    Il y en a marre de dire que la gauche seule aurait ruinée la France!!! Pour info depuis 2002 la dette a augmenté de + de 300 milliards d'euros. Qui était aux responsabilités??? Entre 1993 et 1995 quand Balladur était 1er ministre le budget était chaque année en déficit de 5,5% du PIB. Qui était ministre du budget??? Maintenant quand on voir fillon dire que l'état est en faillite alors qu'il vient de faire pour 15 milliards de cadeaux aux riches, c'est n'importe quoi!!! C'est sur que pour certains "nantis" ce sont toujours les mesures sociales qui coutent cher. Par contre leurs cadeaux fiscaux ça c'est normal!!! Moi avec 1200?/mois, je paye des impots et je trouve ça normal. Alors que ceux qui gagnent 10 fois + arretent de se plaindre!!!

  • Preselle, le 26/09/2007 à 11h35

    En réponse à Seb de Rouen: Jospin est arrivé en même temps que la révolution internet et a donc bénéficié d'un afflux de liquidités dans l'économie et d'une conjoncture hyper favorable. Cet irresponsable n'en a pas profité pour assainir les comptes de la nation (à tel point que l'on parlait de cagnotte fiscale à redistribuer alors qu'il y avait une dette de 1000 milliards à combler). A la fin de son mandat, le résultat de sa politique était un chômage qui recommençait à croître fortement, les délocalisations qui s'accéléraient (LU, Renault Wilvorde...) et les 35 heures empêchant tout redémarrage économique. Jospin a été une calamité sur le plan économique contrairement à l'idée véhiculée par une certaine propagande...

  • JGH, le 26/09/2007 à 10h12

    On comprend difficilement que M.Fillon, aprés avoir tiré la sonette d'alarme sur l'endettement de la France, puisse valider un projet de budget de l'état 2008 prévoyant d'ors et déjà 42 milliards de déficits et un budjet de la sécurité sociale avec un manque de 8 milliards d'Euros!!!.On aurait attendu de cette personne que ses actes soient, au minimum, en adéquation avec ses paroles ...

  • Seb, le 26/09/2007 à 09h37

    Moi, je comprends pas, que s'est il passé ses cinq dernieres années pour en arriver là au niveau des comptes de la sécurité sociale? En effet, il me semble que Jospin était sur le point de ramener les comptes à l'equilibre, il avait en tout cas largement diminuer le deficit et là, on nous dit que c'est une catastrophe, je crois qu'on se moque de nous et qu'on cherche le moindre pretexte pour nous taxer un peu plus plutot que de diminuer le train de vie exorbitant de l'etat. Je crois que la fin de l'année va etre mouvementée par de grosses manif et j'en ferai partie!!!!

  • Mathieu, le 26/09/2007 à 09h00

    Fillon stop avec 15 milliards de cadeaux aux plus riches ce n'est pas serieux de venir pleurer restriction toujour pour les memes commence par prendre un smic chaque mois toi et tes ministre

  • Lefebvre, le 26/09/2007 à 08h30

    Il devient efficace, réaliste et franc notre premier ministre ! Il a raison de nous éclairer de plus en plus. Bien entendu, nous français savons fort bien que l'état dépense beaucoup sans compter!

  • Mattei, le 26/09/2007 à 08h25

    Ou est la rupture?c'est les petits qui vont encore payer.le rideau de fumee des fonctionnaires n'y changera rien.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience