Lionel Jospin, le 23 septembre 2007 © TF1/LCINe pas se laisser aller à la "griserie", voire même à la "démesure". Tels pourraient être les conseils de Lionel Jospin à Nicolas Sarkozy. Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, l'ancien Premier ministre socialiste a admis que "Nicolas Sarkozy [était] un très bon avocat". "Il a une rhétorique extrêmement maîtrisée", a jugé l'ancien Premier ministre. "Mais il me semble qu'il est menacé par une chose (....) la démesure - je vais employer un mot plus doux : la griserie", a-t-il toutefois ajouté.
"Il croit que, parce que médiatiquement il peut provoquer chaque jour l'évènement (...), il est en maîtrise des évènements. Et cela n'est pas vrai", a dit l'ancien dirigeant socialiste, avant d'ajouter que le chef de l'Etat "oublie la complexité de la société". "Quant à l'organisation du pouvoir, bien sûr elle est d'essence démocratique, mais elle est de style monarchique", a-t-il souligné. "Toute une série d'annonces qui viennent d'être faites auraient dû l'être par le Premier ministre", ajoutant que le président "descend même jusqu'au rôle de secrétaire d'Etat à la fonction publique". "Cet aplatissement du pouvoir, cette occupation de l'ensemble des rouages du gouvernement, ce style de gouvernement est peut-être aisé après une élection et pour les temps calmes, je ne suis pas sûr qu'il soit efficace quand les temps deviendront plus difficiles."
Courage et fermeté
Autre point abordé par Lionel Jospin, la dernière élection présidentielle. Dans son livre L'Impasse, il suscite la polémique en reprochant à Ségolène Royal son manque de stature et son "amateurisme insécurisant". Selon lui, la présidente de la région Poitou-Charentes était "une candidate qui était la moins capable de gagner". Devant le Grand Jury, il a toutefois tenté de tempérer ses propos. Ségolène Royal "a fait preuve de courage et de fermeté", a-t-il reconnu.
Mais l'ancien Premier ministre socialiste a affirmé que Ségolène Royal était la seule femme politique à dénoncer du "sexisme" dès lors qu'elle est critiquée. Interrogé sur la comparaison avec Jeanne d'Arc faite par Ségolène Royal pour répliquer aux accusations de Lionel Jospin, l'ancien Premier ministre s'est toutefois fendu d'une formule laconique : "J'ai trouvé que ces deux réponses, d'une certaine façon, apportaient un peu de justification à certains aspects de mon livre".
Selon lui, le Parti socialiste a désormais besoin d'un "constructeur". "Si nous voulons nous relancer pleinement, il faut que le travail sur le fond l'emporte sur la communication, il faut que le leadership au sein d'un collectif l'emporte sur l'idée d'une figure qui a un lien direct supposé avec le peuple, il faut que nous soyons en mesure de ne pas opposer le peuple et l'élite, il faut que l'on recherche moins la dévotion que l'adhésion", a-t-il dit. L'ancien Premier ministre a notamment prédit que le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë allait "faire son chemin" au sein du PS. Interrogé sur le fait de savoir s'il voyait en Bertrand Delanoë son héritier, Lionel Jospin a lancé, en guise de boutade: "on (ne) pratique pas trop l'héritage au parti socialiste".
(D'après agence)
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