Lionel Jospin, le 18 mai 2007 © TF1-LCIDans L'impasse (à paraître le 24 septembre chez Flammarion), Lionel Jospin, cité lundi par Libération, affirme que la présidente de la région Poitou-Charente était "une candidate qui était la moins capable de gagner" et, surtout, "une illusion". Pour l'ex-candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2002, Ségolène Royal n'était pas en mesure de l'emporter "non pas parce qu'elle était une femme, mais parce que j'avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles".
Il juge par ailleurs, que Ségolène Royal est "une personnalité (qui) n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques" nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et "espérer gagner la prochaine présidentielle". Il dénonce notamment la mise à l'écart du parti par la candidate, assurant que c'est "une lourde erreur pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique".
Un face-à-face narcissique
Il pointe également dans les discours de Ségolène Royal sur la démocratie participative ou les jurys citoyens, des thèmes appartenant "d'habitude à l'extrême-droite ou aux mouvements populistes" et estime qu'elle a mené une campagne relevant souvent plus de "l'art de communiquer que de gouverner". Il lui reproche, selon Libération, d'avoir mené une campagne "enfermée dans un face-à-face narcissique avec l'opinion", en refusant la confrontation "sur le fond" avec le candidat UMP Nicolas Sarkozy. Selon lui, Ségolène Royal est "une figure seconde de la vie publique" qui n'est "pas taillée pour le rôle" de secrétaire national du PS. "Avoir commis une erreur (en la désignant) ne justifie pas qu'on la réitère" affirme-t-il.
"Plus de modestie"
Interrogé par Christophe Barbier sur LCI, Arnaud Montebourg a estimé lundi que l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 devrait l'inciter à "plus de modestie". Selon l'ex-porte-parole de campagne de Ségolène Royal, les socialistes ont "le devoir de se rassembler" et "les règlements de compte n'ont jamais servi la moindre cause". De son côté, Gilles Savary, qui fut également porte-parole de Ségolène Royal, a jugé que cet ouvrage "déshonore" Lionel Jospin et est "une offense aux 16,7 millions de Français qui ont voté pour Ségolène Royal au 2e tour". De son côté, François Hollande a réclamé lundi matin "la fin des règlements de comptes".
| L'interview d'Arnaud Montebourg par Christophe Barbier |
L'ouvrage de Lionel Jospin, qui annonça au soir de sa défaite au premier tour de la présidentielle de 2002 son retrait de la vie politique, devait sortir le 24 septembre. Libération précise en avoir reçu un exemplaire d'un "interlocuteur (...) l'ayant tout simplement acheté dans une ville de province, où il avait été accidentellement mis en place. Et rapidement retiré". Ségolène Royal, qui a quitté la France dimanche pour un déplacement au Québec, n'a pas réagi à la publication des extraits de Libération.
(D'après agence)
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