Quand Sarkozy tacle la "méthode" Fillon

le 12 septembre 2007 à 07h54 , mis à jour le 12 septembre 2007 à 08h38

Pris de vitesse par son Premier ministre sur le dossier des retraites, Nicolas Sarkozy l'a rappelé à l'ordre.

TF1/LCIFrançois Fillon et Nicolas Sarkozy, le 24 juillet 2007 © TF1/LCI

"Un peu de méthode ne nuit pas à la solution d'un problème". Une petite phrase prononcée mardi par Nicolas Sarkozy à Rennes, à propos du dossier des régimes spéciaux de retraites, et qui ne sonne guère comme un désaveu ; et pourtant, elle en dit long sur l'état de la relation entre le chef de l'Etat et son Premier ministre, alors que tous deux connaissent une nette baisse de popularité. Des tensions nettement plus vives lorsque les deux hommes ne sont pas en public, s'il faut en croire des proches du gouvernement. Outre une discussion au cours de laquelle ils se seraient clairement "frités", selon le mot d'un témoin, Nicolas Sarkozy aurait ostensiblement félicité Claude Guéant, dont le rôle de "principal collaborateur" du président a le don d'irriter François Fillon. Surtout quand la presse le voit en "Premier ministre bis", voire comme un possible prétendant à Matignon.

Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir apprécié d'être pris de vitesse sur le dossier des retraites. Alors qu'il veut prendre le temps de la concertation, prendre les Français à témoin pour les convaincre de "l'injustice" des régimes spéciaux et ne surtout pas donner l'impression d'une réforme revancharde, François Fillon lui a quelque peu forcé la main en assurant dimanche ne plus attendre que son "signal" pour ouvrir les négociations avec les partenaires sociaux. Alors que l'omniprésence de Nicolas Sarkozy et le poids politique et médiatique de ses proches collaborateurs alimentent de manière récurrente les interrogations sur son rôle, François Fillon s'est ainsi posé une nouvelle fois en garant de la "rupture" promise durant la campagne. "C'est un peu mon rôle, en tant que chef du gouvernement, de faire les choses difficiles", expliquait-il la semaine dernière.

"François Fillon a eu raison de réagir"

Dans l'entourage du chef du gouvernement, on minimise la portée de la mise au point du chef de l'Etat sur les retraites : "La méthode, c'est la concertation des partenaires sociaux lorsque le président l'aura décidé". François Fillon lui-même n'a de cesse de vanter la "complicité" du "couple" qu'il forme avec le chef de l'Etat, acceptant de travailler "dans l'ombre".  Mais il y a des mots qui blessent. Le Premier ministre avait ainsi clairement défendu son statut, après avoir été placé au rang de "collaborateur" par Nicolas Sarkozy. Un collaborateur, "c'est quelqu'un qui est appointé par un patron", tandis qu'un "homme politique (est) quelqu'un qui a des convictions et une légitimité, le suffrage universel", avait-il affirmé il y a huit jours, apparemment piqué au vif.

Ces dissensions larvée percent de plus en plus à jour. Invité mercredi matin sur LCI, Dominique de Villepin y est allé de son analyse, mettant en avant sa propre expérience à Matignon. Petite pique à son successeur François Fillon : "Un peu de méthode, c'est d'abord de reconnaître qu'il y a un problème, mais le faire avec doigté. La grande clé, c'est de faire les choses dans l'ordre". Tacle plus appuyé à l'ancien grand rival et actuel chef de l'Etat : un Premier ministre ne saurait être un "collaborateur" du président. "François Fillon a eu raison de réagir. On a la légitimité pour apporter au président une vision, une exigence (...) La décision est une décision partagée". A gauche aussi, on s'intéresse de près aux rapports entre les deux têtes de l'exécutif. Pour le député PS Arnaud Montebourg, la mise au point du chef de l'Etat est le "premier acte d'indiscipline, d'attitude frondeuse du Premier ministre par rapport au débordement permanent du président de la République". Selon lui, ce "premier conflit illustre bien la crise institutionnelle vers laquelle le système Sarkozy emmène le pays".

D'après agence

le 12 septembre 2007 à 07:54
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31 Commentaires

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  • Baal, le 12/09/2007 à 19h22

    Bref on frolle le coup d'Etat parce qu'ils ne sont pas d'accord sur un détail. Y a pas de nouvelles interessantes ? ;) xx je crois que vous n'avez pas bien lu :p Sinon effectivement certains reprochent à Sarkozy d'être un dictateur, d'autre de ne pas avoir réformé la France en 4 mois ... Respirez un peu ! Sarkozy a dans le passé déjà consulté les syndicats sans les écouter pour autant, comme ça ils sont content et les réformes passent avec moins de grève.

  • Nouchka, le 12/09/2007 à 18h11

    C'est étrange moi j'ai toujours l'impression que Sarko brasse de l'air...

  • Arnaud, le 12/09/2007 à 17h06

    Je ne vois pas de mal dans les paroles de Mr FILLON - un premier ministre a le droit de s'exprimer et il aurait dû au contraire être épaulé par Nicolas SARKOZY qui veut par ailleurs que les gens se mettent au travail, c'est ce qu MR FILLON à fait, donc bravo

  • Marie, le 12/09/2007 à 16h49

    Fillon a raison, l'injustice des retraites n'a que trop duré il faut foncer !!! et que tout le monde soit logé à la même auberge !!

  • YVES, le 12/09/2007 à 14h28

    Le président Sarkozy sait négocier mieux que quiconque...et surtout que le pauvre Villepin. Il ne peut y avoir 2 négociateurs, alors François Fillon doit s'éffacer sur les grands sujets qu'entend mener Nicolas Sarkoy, même si le programme est aussi l'oeuvre de François Fillon. C'est Sarkozy qui a été élu pour mettre en oeuvre son programme, pas le gouvernement. Il doit donc distribuer les roles et se garder les sujets qui fâchent, car il a la crédibilité du suffrage.

  • Romeo, le 12/09/2007 à 14h22

    Attention, c'est moi le chef

  • JEAN AIMARRE, le 12/09/2007 à 13h22

    Sarkozy parlant de méthode c est à mourir de rire.....Lui qui n arrête pas de contredire ces ministres, ce n est pas un probléme de méthode, c est que Sarkozy veut tout gérer , tel un dictateur ..... Ca ne durera pas!

  • Le sagard, le 12/09/2007 à 12h33

    Fillon a raison,il s'apercoit que Sarko commence faire marche arriere sur le projet presidentielle.Reforme des universités bloquée,reforme du service minimun,oubliée,et maintenant la reforme des regimes speciaux ou sarko a peur de mettre les syndicats en colere,question:qui commande la France?est ce une assemblée elue par le peuple,ou des syndicats qui representent 8% des salariés?

  • Xxxxx, le 12/09/2007 à 12h23

    François Fillon n'a pas compris, comme pas mal de français, qu'il faut agir d'urgence. La France commençait à descendre la pente la plus rude.

  • Michel, le 12/09/2007 à 11h45

    C'est surtout Villepin qui manque de doigté...

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