Sarkozy ne passe pas en force

Par R.P, le 18 septembre 2007 à 23h24 , mis à jour le 18 septembre 2007 à 23h31

Le chef de l'Etat a choisi de privilégier le dialogue avec les syndicats plutôt qu'une réforme bouclée avant les municipales.

TF1 / LCI Nicolas Sarkozy au Sénat, le 18 septembre 2007Nicolas Sarkozy au Sénat, le 18 septembre 2007 © LCI

Avec son vrai discours de rentrée sur la politique sociale, on commence à voir un peu plus clairement la méthode Sarkozy. Ferme sur le fond, plutôt souple sur la forme (sauf avec la BCE...). Fidèle à ses promesses de campagne quitte à prendre le temps de les mettre en place. Ceux qui escomptaient après les propos de François Fillon il y a deux semaines une loi voire un décret rapide pour réformer les régimes spéciaux en seront pour leurs frais. "Si vous passez en force, vous nous trouverez en travers de votre chemin". Tout le week-end, les principaux leaders syndicaux ont tenu le même langage à Nicolas Sarkozy qui avait souhaité les consulter avant de déterminer sa stratégie. Il les a écouté et "fait ce qui faut pour que ça passe", affirme-t-on à l'Elysée.

Le chef de l'Etat n'a pas fixé de date butoir à la réforme. Il a affirmé vouloir "conjuguer les nécessités de l'action et la pratique du dialogue social". Il a également promis de ne pas "stigmatiser" les 1,6 million de fonctionnaires bénéficiaires d'avantages spécifiques. D'où des réactions plutôt modérées des syndicats comme la CFDT ou FO sur le dossier des régimes spéciaux.  "On sent un président prudentissime parce que les difficultés sont vraiment là et elles sont lourdes", a ainsi réagi le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault.
 
Toutefois, si Nicolas Sarkozy a voulu éviter le blocage sur les régimes spéciaux, c'est pour mieux avancer sur toute une série de chantiers annoncés pendant sa campagne électorale : réforme du contrat de travail, franchises médicales, indemnisation des chômeurs, fraude aux prestations sociales... Et là, le ton est ferme. "Je prendrai mes responsabilités", a-t-il affirmé plusieurs fois, au cas où les négociations n'apportent pas les résultats qu'il attend. Les syndicats et la gauche ont émis des critiques virulentes sur cette partie du discours. "Nous avons des remises en cause très graves du contrat de travail et de la protection sociale (...). Il y a un plan caché pour la fin du premier semestre 2008 où c'est plusieurs centaines d'euros qui seront déremboursées pour chacun des Français", a commenté le député PS Jean-Marie Le Guen. Plus simplement, Ségolène Royal a jugé Nicolas Sarkozy "ultralibéral". 
 
 
 

Par R.P le 18 septembre 2007 à 23:24
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4 Commentaires

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  • Raoul, le 19/09/2007 à 09h37

    Pourquoi dans votre tableau comparatif des retraites n'avez vous pas rajouté une case: durée moyenne du versement des retraites

  • THIERRY, le 19/09/2007 à 09h27

    S il reussit à faire bosser les fonctionnaires autant que les gens du privé et qu en plus il parvient à nous débarrasser de ces débiles encagoulés qui pourrissent la Corse, alors il faut lui élever une statue... Bon courage Nicolas!

  • Aymeric de tournemire, le 19/09/2007 à 09h00

    Joli artifice que de promettre des réformes, de la rupture, de la radicalité pour ensuite paraître sage et prudent en n'avançant pas aussi vite qu'annoncé ou en redant les autres responsables des reculs (conseil constitutionnel, syndicats,...). C'est ce qu'on appelle avoir le beurre et l'argent du beurre, sachant que le rôle de la crémière sera tenu par l'opinion, qui ne se doute pas encore à quoi va servir le beurre... En attendant, c'est bien la démonstration d'un candidat matamore devenu président obligé à un peu de lucidité. Mais les reculades, les contradictions, les effets de manche et l'amateurisme de certains ministres, s'ils sont encore masqués pour l'opinion française, ont déjà fait basculer les opinions et les gouvernements étrangers du scepticisme à la certitude de notre arrogance, de notre grande gueule et de notre propension à donner des leçons là où nous sommes le plus nuls. Même Chirac et Villepin étaient meilleurs sur ce plan. C'est dire où nous sommes déjà tombés.

  • Deutsche Bahn, le 19/09/2007 à 08h06

    On a bien entendu que la réponse des syndicats cheminots (Monsieur Le Reste) est "citoyens français, on vous enc....". Ce n'est ni poli, ni très responsable ! Deutsche Bahn est prêt à rendre un vrai service public fiable et régulier aux français.

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