Nicolas Sarkozy au Sénat, le 18 septembre 2007 © LCIAvec son vrai discours de rentrée sur la politique sociale, on commence à voir un peu plus clairement la méthode Sarkozy. Ferme sur le fond, plutôt souple sur la forme (sauf avec la BCE...). Fidèle à ses promesses de campagne quitte à prendre le temps de les mettre en place. Ceux qui escomptaient après les propos de François Fillon il y a deux semaines une loi voire un décret rapide pour réformer les régimes spéciaux en seront pour leurs frais. "Si vous passez en force, vous nous trouverez en travers de votre chemin". Tout le week-end, les principaux leaders syndicaux ont tenu le même langage à Nicolas Sarkozy qui avait souhaité les consulter avant de déterminer sa stratégie. Il les a écouté et "fait ce qui faut pour que ça passe", affirme-t-on à l'Elysée.
Le chef de l'Etat n'a pas fixé de date butoir à la réforme. Il a affirmé vouloir "conjuguer les nécessités de l'action et la pratique du dialogue social". Il a également promis de ne pas "stigmatiser" les 1,6 million de fonctionnaires bénéficiaires d'avantages spécifiques. D'où des réactions plutôt modérées des syndicats comme la CFDT ou FO sur le dossier des régimes spéciaux. "On sent un président prudentissime parce que les difficultés sont vraiment là et elles sont lourdes", a ainsi réagi le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault.
Toutefois, si Nicolas Sarkozy a voulu éviter le blocage sur les régimes spéciaux, c'est pour mieux avancer sur toute une série de chantiers annoncés pendant sa campagne électorale : réforme du contrat de travail, franchises médicales, indemnisation des chômeurs, fraude aux prestations sociales... Et là, le ton est ferme. "Je prendrai mes responsabilités", a-t-il affirmé plusieurs fois, au cas où les négociations n'apportent pas les résultats qu'il attend. Les syndicats et la gauche ont émis des critiques virulentes sur cette partie du discours. "Nous avons des remises en cause très graves du contrat de travail et de la protection sociale (...). Il y a un plan caché pour la fin du premier semestre 2008 où c'est plusieurs centaines d'euros qui seront déremboursées pour chacun des Français", a commenté le député PS Jean-Marie Le Guen. Plus simplement, Ségolène Royal a jugé Nicolas Sarkozy "ultralibéral".
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