Sarkozy peut-il transformer sa popularité en or ?

Par , le 11 septembre 2007 à 15h41 , mis à jour le 24 septembre 2007 à 11h21

Un président au sommet dans les sondages avec un moral des Français toujours aussi terne : le défi pour redonner la confiance à un pays est complexe.

TF1/LCI Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy © TF1/LCI

Sur le bureau de Nicolas Sarkozy, les sondages de rentrée ont de quoi réjouir tout président. Ils oscillent entre 60 et 65% de popularité, après quatre mois à l'Elysée. Lors de ses déplacements, il est toujours accueilli comme une rock star et dans les conversations, vous remarquerez peu de gens qui ne reconnaissent pas la réalité d'une rupture avec le passé. Pourtant, il flotte en cette rentrée un parfum de morosité, cette morosité qui colle à la France depuis des années. Une enquête CSA réalisée la semaine dernière montre que 55% des Français sont pessimistes pour les six mois à venir. Pouvoir d'achat, suppressions d'emploi, déficits sociaux, les Unes des journaux déroulent toujours la même litanie. "Le pays n'est pas gai", comme le résume Jacques Attali. Mais où est donc l'effet Sarkozy ?  Pourquoi un chef de l'Etat aussi populaire ne nous redonne pas le sourire ? 
 
"Le phénomène de popularité politique est relativement indépendant du moral des Français, explique Jérôme Sainte-Marie., directeur de BVA Opinion. Cette dissociation n'a rien d'exceptionnel. Dans la période 1993-1995, Edouard Balladur a bénéficié d'une cote assez extraordinaire alors que la confiance de l'opinion était mauvaise en raison d'un climat économique dégradé." En effet, les ressorts de la popularité et du moral des Français ne sont pas les mêmes. La réussite de Nicolas Sarkozy peut s'expliquer par un mot : le mouvement. Il a compris mieux que tout le monde que les Français voulaient en finir avec l'immobilisme de l'ère Chirac ou Mitterrand. D'où un activisme inédit pour un locataire de l'Elysée dont la cour n'a jamais connu autant de caméras.

Comprendre la souffrance de chacun

Etre sur tous les fronts et surtout le faire savoir. Car bien agir sans communiquer, ce n'est pas bien agir, pour Nicolas Sarkozy. "Il incarne avant tout pour l'opinion une volonté politique. Pendant la campagne, la contestation de son bilan en matière de délinquance ne l'a pas atteint car aucune autre personnalité n'était reconnue comme plus déterminée que lui. C'est sa ressource essentielle", poursuit Jérome Sainte-Marie. 

Au "Personne n'est plus volontaire que moi", il faut ajouter le "Personne ne vous comprend mieux que moi". Nicolas Sarkozy répond au besoin d'appropriation de l'élu par les citoyens, avec une présence sur le terrain maximale. Il donne l'impression d'être dans le quotidien de la souffrance de chacun, avec la même intensité et quelle que soit l' "importance" sociale de l'individu. Mgr Lustiger, un patron-pêcheur ou un gendarme tué ont droit aux même honneurs lors de leurs obsèques. Et lorsque Nicolas Sarkozy s'exprime dans l'affaire du pédophile Evrard, il n'hésite pas à réagir comme si son fils avait pu être la victime. Il se veut le président de tous les Français, voire de chaque Français, on est bien loin du père de la nation qui gardait de la hauteur.
 
Mais les Français ont beau avoir pour l'instant l'impression d'avoir choisi l'homme de la situation, leur moral ne remonte pas. "On a constaté une forte hausse du moral des ménages en juin, phénomène traditionnel après l'élection présidentielle. Mais cet été, le niveau est retombé et il est quasiment le même depuis deux ans. L'indicateur est en réalité lié à la situation financière des Français et leur perspective d'emploi. Il reproduit les évolutions à long terme de la croissance", affirme Eric Dubois, chef du département conjoncture de l'INSEE.. Or en France, depuis des années, à croissance molle, moral mou. Avec ou sans Sarkozy.  Et les chiffres qui tombent depuis un mois ont vite recollé le président à la réalité du ralentissement économique. Le dernier en date en provenance de Bruxelles est alarmant : si l'Allemagne tire son épingle du jeu dans sa prévision de croissance pour cette année (2,4% prévu au lieu de 2,5%), la chute est très sévère pour la France qui passe de 2,4 à 1,9%. 
 
 Nicolas Sarkozy va-t-il dès lors, à la manière d'un Chirac, freiner les réformes, très douloureuses à mettre en œuvre en période de vaches maigres ?  "Il n'est pas homme à laisser du temps au temps, prédit Jérôme Sainte-Marie. Sur l'exemple des retraites, s'il réussit à susciter débats et polémiques, il continuera à apparaître comme le parti du mouvement contre le parti des conservatismes. Par ce biais, il pourra dans sa logique montrer aux Français que les problèmes de croissance sont liés à ces conservatismes". Quitte à proposer des sacrifices pour obtenir à moyen et long termes des jours meilleurs. Alors seulement sera-t-il parvenu à convaincre qu'une exceptionnelle énergie peut transformer la popularité en levier pour engager les réformes qui donneront de la croissance et donc de la confiance.

Mais le volontarisme intact de Nicolas Sarkozy pourrait ne pas suffire si les inflexions de croissance se poursuivaient. La France serait alors plongée dans une forme de récession qui oblige à des choix difficiles, toujours coûteux en termes de popularité. C'est dans ce genre de circonstances que l'on voit se révéler ou non les hommes d'Etat. Ces derniers préfèrent le risque et l'intérêt du pays contre une réélection assurée. 
 
 

Par Renaud Pila le 11 septembre 2007 à 15:41
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37 Commentaires

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  • Preselle, le 12/09/2007 à 11h13

    Le boulot des journalistes, ça devrait consister à expliquer aux français (particulièrement les râleurs et les incultes en économie) que les vraies réformes efficaces ne peuvent porter leurs fruits qu'au bout d'un an minimum. Les réformes de l'université ou des heures supplémentaires par exemple ne sont même pas encore entrées en application. Les apprentis syndicalistes qui critiquent la politique de Sarkozy sont d'une ignorance ou d'une mauvaise foi qui ne les honorent pas...

  • Roland, le 12/09/2007 à 10h26

    Spécialite des questions et des réponses. Depuis son 1er passage à l'intérieur, les effets n'ont jamais suivis les propos. Seuls les fortunes qui lui offre des vacances en toucherons les bénéfices. Pour lui tous les autres sont méprisables.

  • Josée, le 12/09/2007 à 10h24

    D'accord avec Sébastien de Paris, tant que les syndicats et les médias plomberont le moral des français avec leurs menaces largement diffusées, opposition vous qui ns'avez jamais rien fait ayez au moins le courage d'appécier, comme Walls ce qui est fait par la droite, de grasce laissez avancer toutes ces réformes, urgentes et indispensables!!

  • Chefson, le 12/09/2007 à 10h07

    Depuis que nous avons le petit président c'est tous les jours "grand guignol" à la télé.Trop c'est trop et le résultat pourrait bien être une chute de sa popularité d'autant plus que le gouvernement a tout faux sur les mesures qu'il prend; surtout en matière économique. Peut-on se pencher uniquement sur l'OFFRE (des entreprises) alors que la DEMANDE - générée par le pouvoir d'achat ne cesse de se dégrader et que cela va sans doute s'amplifier. oui la popularité du président devrait de dégrader nonobstant tous ses discours d'intention qui commencent à irriter le peuple et à montrer le revers de leur médaille. Voir les rapports Franco-allemands qui se détériorent à force de se croire le meilleur de tous les chefs d'états européens!... On verra la suite du mini traité d'ici 5 ans !...

  • Perrine, le 12/09/2007 à 10h04

    Ahlàlà, les français me font rire...et ça critique, et ça critique, et ça critique...il est élu depuis le 6 mai, nous sommes le 12 septembre, entre-temps des vacances, et on se plaint, parce que nous ne sommes toujours pas en 1ère place mondiale dans l'économie, ns ne sommes pas encore le plus grand exportateur du monde, nous avons encore quelques chômeurs, et toujours pas de duplex au pied du trocadéro...et il ets là depuis 4 mois!!!non, mais c'est un scandale!!!on nous aurait trompé???? Et bien sûr ces premiers à râler qu'il ne "fait rien" seront les premiers dans la rue pour la moindre réforme!Et vous les médias, alimenter ce genre de bêtises....

  • Jean-pierre, le 12/09/2007 à 09h55

    Attendons-donc de voir si Nicolas Sarkozy fera, dans l'intérêt supérieur du pays, ces choix coûteux en termes de popularité et se comportera en véritable homme d'Etat. J'en doute!

  • Meyer, le 12/09/2007 à 09h34

    Le gros problème de Sarkosy, est qu'il a la presse contre lui, avez vous déjà u un article qui reconnaît son travail, même le retour des infirmières bulgares a été critiqué, je ne pense pas que la presse bulgare ait la même vision des choses, mais chez nous tout n'est bon que pour être démoli et critiqué.

  • Laetitia, le 12/09/2007 à 09h16

    A part se montrer du matin au soir et forcer les médias à sa botte de ne parler de lui qu'en bien, SARKO n'a RIEN FAIT depuis son élection comme son bilan au ministère de l'intérieur = NEANT TOTAL

  • Citoyen, le 12/09/2007 à 08h07

    Il est tellement arrogant de vouloir changer la "mentalite" des Francais. Je ne suis pas sur que tous les Francais aient la meme mentalite, la meme education, la meme culture ou les memes aspirations. La solution est de donner plus de liberte a tout le monde, ce qui devrait favoriser les plus volontaristes et courageux.

  • Alain, le 11/09/2007 à 23h51

    A Bruno, de Saint jean d'angely: votre analyse economique est du meme niveau que votre orthographe, cela s'appelle la pauvritude pour parler le meme langage que vous.

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