Villepin face à la presse après sa mise en examen dans l'affaire Clearstream (27 juillet 2007) © TF1/LCIL'ancien Premier ministre Dominique de Villepin n'en finit pas de critiquer la politique de Nicolas Sarkozy. Mercredi, sur France Inter, il a mis en garde Nicolas Sarkozy contre "l'esprit de cour qui galope", se présentant comme "une conscience" pour la majorité, et évoquant le personnage du Bourgeois gentilhomme, en parlant du pouvoir. "On confond parfois le pouvoir et la gloire", a-t-il dit, avant d'ajouter: "ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays".
L'ancien Premier ministre a défini "l'esprit de cour" comme "un virus dangereux". "La cour, c'est cette incapacité à se remplir de l'objectif pour exprimer le contentement permanent de celui qui le fait et le mettre en scène", a-t-il ajouté, en invitant "à voir et revoir" Le Bourgeois gentilhomme de Molière. "Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent". "L'homme de pouvoir en France est toujours mis dans la position d'être flatté", a-t-il observé, en souhaitant que "les amis de Nicolas Sarkozy soient capables de lui dire les choses, de lui donner un autre son de cloche".
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"Il joue le rôle du bouffon"
Ces propos n'ont pas tardé à faire réagir. Jeudi, dans un entretien au Parisien, Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, ironise. "Dominique de Villepin évoque un esprit de cour. Malheureusement, en tenant ce genre de propos, il joue le rôle du bouffon", estime la députée de Meurthe-et-Moselle. Interrogée dans le quotidien sur les sévères critiques de Dominique de Villepin contre le gouvernement, elle juge "franchement un peu attristant pour lui d'en arriver là".
Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, assure quant à lui sur France 2 que le président de la République est "particulièrement insensible à l'esprit courtisan". "Je ne pense pas que les phénomènes de cour lors du quinquennat précédent étaient tellement moins importants que ceux qui peuvent peut-être se dessiner dans ce quinquennat-là", a-t-il ajouté.
Pour Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis, les critiques de Dominique de Villepin à l'égard de Nicolas Sarkozy relevent davantage de la "vengeance" que de la politique. "Je pense qu'il y a beaucoup plus de vengeance que de volonté de s'opposer politiquement à Nicolas Sarkzoy chez Villepin", a-t-il dit sur RTL.
David Martinon, porte-parole de l'Elysée, a affirmé jeudi que Nicolas Sarkozy n'avait pas "eu le loisir" de lire ou d'entendre les récentes déclarations de Dominique de Villepin. "En démocratie, les commentaires sont libres", a-t-il laconiquement commenté lors de son point de presse hebdomadaire, où il était interrogé sur les nombreuses interventions dans les médias de l'ancien Premier ministre.
| Clearstream: Sarkozy a pu "impressionner" la justice |
Dominique de Villepin affirme, dans une émission qui sera diffusée vendredi, qu'on saura le 13 septembre, jour de son audition par les juges, que "la fiction politique" de l'affaire Clearstream sera finie ce jour-là. L'ex-Premier ministre affirme qu'il "n'en veut à personne", mais revient ensuite sur des propos prêtés dans plusieurs livres à Nicolas Sarkozy, et selon lesquels l'actuel chef de l'Etat aurait fait voeu de "pendre lui-même à un croc de boucher celui qui a fait ça", à savoir la manipulation des fichiers Clearstream visant à le déstabiliser. "Quand on dit qu'on veut pendre quelqu'un à un croc de boucher et qu'on est ministre d'Etat, ministre de la sécurité ou président de la République, on impressionne d'une façon ou d'une autre la justice", dit l'ex-Premier ministre. "Je veux comprendre", lance-t-il enfin, avant de promettre qu'il demandera "excuses et réparation". |
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