L'Elysée côté jardins © LCI/TF1Un rapport confidentiel de la Cour des comptes s'étonne qu'un architecte en chef des monuments historiques chargé de rénover les résidences de la présidence sous Jacques Chirac ait perçu une rémunération annuelle de 579.000 euros en moyenne de 2001 à 2005, révèle mardi Le Parisien.
L'architecte Gabor Mester de Paradj aurait reçu l'équivalent de 48.000 euros par mois. Les autres architectes en chef travaillant pour le Service national des travaux, chargé de la rénovation de prestigieux bâtiments publics, ont reçu en moyenne 135.000 euros par an sur la même période. Le montant des travaux sur les résidences élyséennes (Palais de l'Elysée, de l'Alma, hôtel de Marigny, résidences de Marly et de Rambouillet etc.) s'est monté à 43,5 millions d'euros de 1998 à 2004.
Travail très lourd
Les architectes en chef des Monuments historiques sont payés au prorata du montant des travaux. Mais la forte rémunération de l'architecte de l'Elysée provient surtout du fait qu'il a "systématiquement" bénéficié des bonus financiers maximaux prévus en cas de travaux très complexes ou de fortes contraintes de sujétion (travail de nuit, délais serrés etc.), selon ce rapport cité par le journal.
Interrogé par Le Parisien, Gabor Mester de Paradj a indiqué avoir réalisé 52 études préalables en quelques années sur les résidences élyséennes, un travail très lourd selon lui. Rénover l'Elysée est très contraignant en terme de délais ou d'horaires, a-t-il souligné. La Cour des comptes a confirmé mardi qu'elle venait de rendre un "relevé d'observations définitives" sur le Service national des travaux mais a souligné qu'il était confidentiel. Elle s'est donc abstenue de tout commentaire sur ces informations. La Cour des Comptes prépare pour la mi-décembre un rapport sur les grands chantiers culturels (Quai Branly etc.) des dix dernières années, a-t-on appris auprès de la Cour (1).
(D'après agence)
| Gabor Mester de Paradj précise, le 5 janvier 2008 : |
Gabor Mester de Paradj considère que l'article intitulé L'Architecte hors de prix de l'Elysée porte gravement atteinte à son honneur et à sa réputation professionnelle tant en raison des erreurs sur les chiffres avancés que sur leur présentation tendancieuse. Il rappelle qu'il est architecte en chef des Monuments Historiques et non pas l'architecte d'un homme. La Cour ne pointe pas son salaire puisque les ACMH comme tous les architectes perçoivent des honoraires au prorata du montant des travaux réalisés qui constituent le chiffre d'affaires de leur agence. Ces honoraires fixés par des barêmes définis par arrêté ministériel sont calculés de manière stricte et égale pour tous les ACMH. De 1998 à 2004 le montant des travaux sur les résidences présidentielles ne s'élève pas à 43,5 M € mais à 12,9 M € dont 3,8 sur l'Elysée. La Cour s'interroge sur l'application à ses honoraires d'un coefficient de sujétion. Les conditions financières des restaurations à l'Elysée n'étant plus les mêmes depuis 1998 et le Ministère de la Culture ayant reconnu sur justificatifs comptables un déficit financier chronique pour l'ACMH a décidé l'application de 2001 à 2005 pour les seules opérations sur l'Elysée et au cas par cas de ce coefficient de sujétion (arrêté du 5 Juin 87 qui majore de 20% les honoraires pour travaux ou conditions de travail spécifiques) Il n'a pas pour autant touché de 2001 à 2005 un salaire annuel de 578 733.30 € mais des honoraires bruts pour son agence d'un montant de 452 452.40 €. Le Ministère évalue le bénéfice des ACMH à 10% des honoraires perçus. Les différences d'honoraires qui existent entre les 17 ACMH travaillant pour le SNT dépendent du nombre de monuments qu'il leur confie et du montant des travaux engagés. |
(1) Pour compléter : voir le rapport de la Cour des Comptes, paru en décembre 2007, notamment les pages 131 et 178
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