La commission Balladur a rendu ses conclusions

Par D.So. (avec agence), le 29 octobre 2007 à 06h50 , mis à jour le 29 octobre 2007 à 18h11

Le comité de réflexion sur les institutions a remis lundi son rapport à Nicolas Sarkozy, prélude à une réforme qui devrait conforter le rôle du président.

Edouard Balladur et Nicolas SarkozyEdouard Balladur et Nicolas Sarkozy, présentant le comité de réforme sur les institutions © LCI
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Le détail des mesures proposées

 
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L'analyse d'Anita Hauser

Rôle du président de la République accru, droits du Parlement étendus. Telles sont les préconisations du comité de réflexion sur les institutions, qui a remis lundi son rapport à Nicolas Sarkozy. Elaboré sous la houlette de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur par un comité de 13 personnalités, dont Jack Lang et Pierre Mazeaud, ce rapport devrait aboutir à une révision de la Constitution, que le Parlement pourrait entériner après les municipales de mars 2008. Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien Aujourd'hui en France/TV5 Monde, Edouard Balladur a souhaité dimanche "un premier examen" de son rapport à l'Assemblée "mi-décembre", et au Sénat "courant janvier".

Après avoir auditionné experts et responsables politiques durant trois mois, le comité a livré 77 propositions de réforme, adoptées à l'unanimité, et sur lesquelles le chef de l'Etat devra arbitrer. Si le rapport de la commission ne bouleverse pas fondamentalement le cadre institutionnel actuel, il ne fait qu'entériner la suprématie du chef de l'Etat hors période de cohabitation. Répondant à une volonté de Nicolas Sarkozy lui-même, le comité propose par exemple que le chef de l'Etat puisse "prendre la parole devant l'une ou l'autre des assemblées du Parlement".

Rééquilibrer les pouvoirs entre président et Parlement

Parallèlement, le comité propose de rééquilibrer les pouvoirs entre président et Parlement. Le chef de l'Etat verrait ses prérogatives davantage "encadrées" dans une série de domaines : nominations, déclaration de l'état d'urgence... Le Parlement verrait lui ses droits renforcés par une quarantaine de propositions : plus grande maîtrise de l'ordre du jour, limitation de l'utilisation de l'article 49-3 aux seuls débats budgétaires, pouvoirs de contrôle étendus, statut de l'opposition, commissions d'enquête sur des dossiers dont est saisie la justice...

Le Comité propose également de nouveaux droits pour les citoyens avec le référendum d'initiative populaire, la saisine directe du Conseil constitutionnel ou la création d'un "défenseur des droits fondamentaux", sorte de super-médiateur de la République. Restent deux sujets qui ont fait polémique, notamment à droite : la proportionnelle et le cumul des mandats des parlementaires. Le comité souhaite que le scrutin proportionnel ne concerne que 20 à 30 sièges sur 577. Quant au cumul des mandats, le comité propose qu'il soit strictement limité. Députés et sénateurs se verraient alors interdire tout autre mandat dans un exécutif local, tel un mandat de maire, de président de conseil général ou régional.

Avis partagés sur la réforme des institutions

- Edouard Balladur, président du comité sur la réforme des institutions : "Je sais bien que depuis quelques jours, le thème c'est : c'est reporté, c'est enterré. Ne vous laissez pas abuser par pareille généralisation".
- Guy Carcassonne, professeur de droit constitutionnel, membres du comité : "apparemment, il y a un bon accueil à notre rapport et il (le président Sarkozy) a, semble-t-il, l'intention bien arrêtée d'en faire quelque chose".
- François Bayrou juge que les propositions du comité Balladur sur la réforme des institutions "aggravent la confusion actuelle" entre les pouvoirs exécutif et législatif.
- Bertrand Delanoë s'attaque particulièrement à "deux propositions très contestables" dans le rapport qui aboutissent, selon lui, à "favoriser une présidentialisation accrue" et portent atteinte "à l'équilibre subtil de nos institutions".

Par D.So. (avec agence) le 29 octobre 2007 à 06:50
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3 Commentaires

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  • Jean-pierre, le 29/10/2007 à 11h58

    A la lecture des plus significatives, j'imagine, des propositions précisées dans l'article, je ne suis pas certain que le Parlement verra ses droits renforcés par la réforme, l'essentiel des pouvoirs du Parlement résidant dans l'élaboration de la loi à partir de ses propositions qui resteront en toute hypothèse, moins nombreuses faute de moyens pour les élus, que les projets émanant de l'exécutif. De plus, confier au Président la définition de la politique de la nation, c'est aller au devant de crises politiques lorsque le Président devra cohabiter avec l'opposition, à moins de considérer que cette situation ne relève que d'une hypothèse d'école!!! C'est peut-être ainsi dans l'esprit du Président...

  • Clerc, le 29/10/2007 à 10h02

    20 à 30 sièges sur 577, si c'est cela la proportionnelle, rions tous ah! ah!ah! Et moi qui ai toujours regretté que M. Balladur n'ait pas vu la savonnette posée par M. Chirac !

  • Marty, le 29/10/2007 à 08h14

    L'Oscar du sophisme pour Mr Balladur interrogé sur la proposition de sa commission que le Président puisse s'adresser directement au Parlement voici son argumentation : Quand un président étranger vient en France il peut parler au Parlement, quand le président français va dans un pays étranger, il peut parler à son parlement, alors pourquoi le président français serait-il le seul à ne pas pouvoir s'adresser au parlement français ? C'est logique non ? ( Oui sauf que dans les deux exemples cités (les prémisses de l'argument) l'exécutif et le législatif en présence sont étrangers l'un à l'autre...chacun peut raconter ce qu'il veut au parlement de l'autre sans violer le principe de la séparation des pouvoirs exécutif et législatif...tandis que dans le cas qui nous occupe c'est l'exécutif qui s'adresse au législatif ... Sophisme :"Argument, raisonnement ayant l'apparence de la validité, de la vérité, mais en réalité faux et non concluant, avancé généralement avec mauvaise foi, pour tromper ou faire illusion."

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