
Le candidat Sarkozy appelait en avril dernier à "la création d'un Conseil national de sécurité qui deviendra l'organe unique d'analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense, en période normale comme en période de crise". L'été dernier, le criminologue Alain Bauer était chargé de plancher sur "le rapprochement" des institutions publiques de défense et de sécurité (IHEDN, INHES, Chear, etc.).
Il publie, ce lundi, dans la Revue Défense Nationale, une tribune, co-écrite avec l'ancien Premier ministre Michel Rocard dans laquelle il explique quelles raisons poussent à la création d'un tel Conseil. "Depuis la fin de la guerre froide, terrorisme et crime organisé ont connu une mutation, une mondialisation, des hybridations telles qu'ils débordent largement du cadre étriqué, statique et rétrospectif où ils s'étudiaient jadis. (...). Face à ces phénomènes, nous sommes submergés par les spécialistes des thérapeutiques. Homéopathie pour les uns, chimie pour d'autres (...) mais contre quoi ? Sans diagnostic, pas de solution viable."
Pour LCI.fr Alain Bauer dresse les contours de ce à quoi pourrait ressembler cet "organe d'analyse et de conseil" qui serait placé auprès de la présidence de la République, comme aux Etats-Unis mais aussi en Russie ou en Allemagne (au côté du chancelier).
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| l'interview d'Alain Bauer |
Ce Conseil, pour commencer, permettra de "mettre un peu d'ordre dans le capharnaüm administratif français" en regroupant plusieurs instances déjà existantes comme le Conseil de défense, le Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), le Comité interministériel du renseignement ou le Haut responsable à l'intelligence économique.
Placé "sous l'autorité" du président, le CSN comprendrait un Conseil politique au niveau des ministres (Intérieur, Défense, Affaires étrangères...), un Conseil du renseignement regroupant l'ensemble des services intérieurs et extérieurs ainsi qu'un Comité de recherche. Il aurait également une "responsabilité élargie pour l'intelligence économique" et sa "coordination permanente" serait assurée par le secrétaire général de l'Elysée. Matériellement, il se traduirait par la création d'une "salle de gestion des crises" à l'Elysée. En contrepartie, "une obligation de consultation et d'information du Parlement", notamment sur les options militaires, serait instituée.
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