François Fillon et Fadela Amara dans la Sarthe (13 octobre 2007) © TF1/LCI"Je n'ai jamais pensé à démissionner du gouvernement." C'est ce qu'a assuré Fadela Amara samedi, elle qui avait jugé "dégueulasse" qu'on "instrumentalise l'immigration". "Si l'amendement est confirmé, oui, je resterai", a-t-elle déclaré sur France 2, excluant ainsi d'abandonner son fauteuil de secrétaire d'Etat à la Ville, même si le texte autorisant le recours à des tests ADN pour la vérification de filiation des candidats à l'immigration familiale était adopté. Et elle a assuré n'avoir "reçu aucune pression de l'Elysée ou de Matignon" pour partir : "Je quitterai ce gouvernement si jamais je sens que je ne suis pas capable de mener la responsabilité au bout des objectifs que je me suis fixés, à savoir, changer la situation en banlieue. Si j'ai cet échec, je lâche". Elle a toutefois maintenu ses réserves sur la politique du gouvernement auquel elle participe. "Ces derniers temps, j'en ai un peu marre qu'on dise tout et n'importe quoi à propos de l'immigration."
Et pour mieux affirmer son intention de rester... tout en conservant sa liberté de parole, Fadela Amara s'est affichée ce même samedi dans la Sarthe aux côtés de François Fillon. Elle n'a cette fois-ci pas eu recours à l'adjectif "dégueulasse" : "J'ai donné mon opinion sur la question. C'est difficile d'en changer", a-t-elle simplement déclaré à la presse, ajoutant : "ce n'est pas ce qu'on me demande non plus". "La verdeur de Fadela est suffisante pour que vous ne l'exagériez pas comme cela a été fait", a renchéri le Premier ministre, estimant que la presse s'était livrée à "des raccourcis très excessifs". Et c'est un François Fillon tout sourire et multipliant les gestes d'attention à l'égard de sa secrétaire d'Etat, devant une nuée de cameramen et de photographes, qui a déclaré : "Je souhaite qu'il y ait des débats au gouvernement".
Une rencontre avec le père de l'amendement
Lundi, la secrétaire d'Etat à la Ville doit en tout cas rencontrer au siège de l'UMP Thierry Mariani, le député UMP à l'origine du texte. Seront peut-être également présents le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, ainsi que Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP. Entretemps, dimanche, au Zénith de Paris, est prévu un rassemblement d'artistes et de personnalités contre l'amendement ADN, qui suscite l'opposition à gauche, comme à droite. Ainsi Dominique de Villepin et même Charles Pasqua ont exprimé leur hostilité, même si ce dernier a toutefois voté la version modifiée du texte.
Adopté en première lecteur à l'Assemblée puis au Sénat dans une version modifiée, le projet doit passer mardi devant une commission mixte paritaire entre les deux assemblées, composée de sept députés et sept sénateurs, en vue d'une éventuelle adoption définitive et pour le choix du texte final. L'Elysée et Matignon continuent d'appuyer ce texte qui, selon eux, permet de lutter contre la fraude à l'état civil imputée aux candidats à l'immigration dans le cadre du regroupement familial.
D'après agence
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