Le gouvernement fait escale en Corse

le 30 octobre 2007 à 07h36 , mis à jour le 31 octobre 2007 à 21h48

Le chef de l'Etat a présidé aujourd'hui le deuxième Conseil des ministres décentralisé, au deuxième jour de sa visite en Corse.

L'arrivée du gouvernement pour le Conseil des ministres en Corse (31 octobre 2007)L'arrivée du gouvernement pour le Conseil des ministres en Corse (31 octobre 2007) © TF1/LCI

Depuis le début de la matinée, le coeur d'Ajaccio avait pris les apparences d'une ville en état de siège avec des policiers en uniforme tous les cinq mètres dans les avenues totalement désertées par les habitants et avec des fouilles systématiques à tous les accès menant au centre de la cité. Après Strasbourg en septembre, la Corse a accueilli ce mercredi le deuxième Conseil des ministres organisé hors de la capitale depuis l'élection de Nicolas Sarkozy... Il s'est tenu à la préfecture peu avant 11 heures, et le chef de l'Etat avait précédé d'une journée son équipe gouvernementale : il s'était rendu dès mardi sur l'île de beauté. Pas moins de 1500 renforts de police et de gendarmerie, plus que l'effectif normal de l'île, avaient été acheminés en Corse pour l'occasion. 
 
Plusieurs mouvements indépendantistes et souverainistes avaient appelé vendredi  à un rassemblement devant la préfecture d'Ajaccio. Des incidents sans gravité ont d'ailleurs opposé peu avant 10 heures les forces de l'ordre à quelques dizaines de nationalistes venus manifester à proximité de la préfecture. Les forces de l'ordre ont contraint les manifestants à reculer au-delà du périmètre interdit à toute manifestation autour de la préfecture. "C'est la dictature. On vous emm..., on est chez nous. Sarko le peuple aura ta peau", ont lancé aux gendarmes les manifestants au son des cornes de brume. Certains d'entre eux étaient drapés dans le drapeau corse et ont entamé l'hymne corse. 
 
Le PS dénonce "un grand Barnum"
 
Rien de grave ni, en apparence, qui puisse justifier un tel déploiement de force. Mais la découverte d'un lance-roquette il y a quelques jours sur les hauteurs d'Ajaccio n'était pas faite pour rassurer les autorités, même si selon les enquêteurs il n'aurait pu servir à un attentat contre la préfecture. Dans ses critiques contre la délocalisation ponctuelle du conseil des ministres, le Parti socialiste a d'ailleurs pointé "un déplacement cher" qui "va mobiliser plusieurs compagnies de CRS", "un grand Barnum alors que la Corse mérite un travail approfondi".

Malgré les critiques, le chef de l'Etat a réaffirmé mercredi qu'il poursuivrait cette expérience des Conseils des ministres décentralisés.  "La Corse, c'est la France, c'est la République. C'est sûr que je  pourrais faire comme tant d'autres, il n'y avait pas eu de Conseil des ministres décentralisés depuis plus de trente ans, c'est moins fatigant et moins difficile de rester tranquillement dans son bureau, mais en même temps ça permet de faire  avancer les dossiers", dit-il. Le lieu du prochain Conseil devrait être décidé prochainement.

Autre conséquence indirecte de cette arrivée du chef de l'Etat et du gouvernement : en réaction à la volonté affichée mardi par Nicolas Sarkozy d'autoriser les low cost sur les dessertes vers la Corse, le personnel de la Compagnie aérienne Corse  Méditerranée a décidé de bloquer mercredi matin trois vols au départ d'Ajaccio et trois autres au départ de Bastia. Sur ce sujet, l'Elysée a fait savoir que "le chef de l'Etat souhaite un débat ouvert et constructif", l'objectif étant "de permettre au plus grand nombre de passagers d'avoir accès à la desserte au meilleur prix, en tenant compte de l'ensemble des impératifs sociaux et économiques de l'île".

Attentat à la dynamite contre le domicile du maire de Bastia

Un bâton de dynamite a été jeté mercredi peu  après 00h30 contre le fourgon de CRS en faction devant l'entrée du domicile du  maire de Bastia, Emile Zucarelli, sans faire de blessés, a-t-on appris de source policière. Le bâton a roulé jusqu'à un pot de fleurs et explosé, occasionnant seulement  des dégâts au mobilier urbain. Cet attentat n'a pas été revendiqué.

D'après agence

le 30 octobre 2007 à 07:36
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16 Commentaires

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  • Bapt, le 31/10/2007 à 11h15

    Il faut arrêter d'agiter le spectre du coût de ce conseil des ministres. Quelqu'en soit son coût, il faut se rendre à l'évidence que ce n'est qu'une goutte dans un verre d'eau !! Entre autres, si les forces de l'ordre n'auraient pas été en Corse, elles auraient été mobilisées ailleurs et payées de la même façon !

  • POCINHO, le 31/10/2007 à 11h14

    Si la Corse est la république, pourquoi mobiliser 1500 policiers pour garder un conseil des ministres ? Cher le déplacement pour les contribuables !!!

  • Hervé, le 31/10/2007 à 10h36

    Je trouve forminable le travail qu'accomplit le Président Sarkozy. Le fait de décentraliser le conseil des ministres c'est essayer de reconsilier les Français avec la politique. C'est une manière de dire à la corse qu'elle fais partie de la république. N'en déplaise à certains même si celà demande des dépenses.

  • Carisa, le 31/10/2007 à 10h26

    Les corses sont des français comme les autres;qu'on arrete de tout ramener à l'argent;sarkozy a efface le fn:maintenant il mange les verts

  • Corinne, le 31/10/2007 à 10h11

    Il nous demande de faire des économies, et la délocalisation du conseil des ministres ça coute combien????l'état a de l'argent a jeter par les fenetres qu'il donne cette argent aux retraités ou aux bas salaires et aux plus démunies!!!!!!!!!!!!!!

  • Michel, le 31/10/2007 à 10h07

    Et allez, encore quelques milioons d'Euro par la fenêtre, et en prime quelques tonnes gratuite de gaz poluant. Notre gouvernement ferait mieux de se mettre réelement au travail, plutôt que de faire du cinéma.

  • Derouet, le 30/10/2007 à 16h11

    Comme beaucoup d'internautes, je déplore encore cette dépense inutile, mais malheureusement nous pourrons crier nos désaccords, rien y fera !! travailler plus pour entre autre payer plus notre état très dépensier. merci de me publier.

  • Jean, le 30/10/2007 à 15h06

    Le Roi Soleil et sa cour se déplacent en Corse en avion, (pas en planeur) en bateau (pas en voilier et encore moins à la nage), autant de moyens de transport polluants. A l'époque de Louis XIV on se déplaçaient à cheval ou à pieds. Voilà bien une mise en application du Grenelle de l'environnement... Quant au coût de l'opération, il vaut peut-être mieux ne pas le savoir. Les policiers seraient plus utiles dans les quartiers sensibles ou sur les routes.

  • FLORI, le 30/10/2007 à 14h58

    J'espère que tout sera calme dans cette nouvelle expédition sur la Corse.De même je souhaite que la plaque cérémoniale concernant le décès déjà ancien ne soit pas à la même date.

  • Raillard, le 30/10/2007 à 12h11

    Je suppose que le déplacement de toutes ces personnes ( les ministres et autres secrétaires d'état)sont pris en charge par l'Etat, c'est-à-dire payé par nos impôts. Et on nous demande toujours plus en taxes diverses sans que nos salaires et encore plus les retraites ne soient nettement revalorisés!

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