L'arrivée du gouvernement pour le Conseil des ministres en Corse (31 octobre 2007) © TF1/LCIDepuis le début de la matinée, le coeur d'Ajaccio avait pris les apparences d'une ville en état de siège avec des policiers en uniforme tous les cinq mètres dans les avenues totalement désertées par les habitants et avec des fouilles systématiques à tous les accès menant au centre de la cité. Après Strasbourg en septembre, la Corse a accueilli ce mercredi le deuxième Conseil des ministres organisé hors de la capitale depuis l'élection de Nicolas Sarkozy... Il s'est tenu à la préfecture peu avant 11 heures, et le chef de l'Etat avait précédé d'une journée son équipe gouvernementale : il s'était rendu dès mardi sur l'île de beauté. Pas moins de 1500 renforts de police et de gendarmerie, plus que l'effectif normal de l'île, avaient été acheminés en Corse pour l'occasion.
Plusieurs mouvements indépendantistes et souverainistes avaient appelé vendredi à un rassemblement devant la préfecture d'Ajaccio. Des incidents sans gravité ont d'ailleurs opposé peu avant 10 heures les forces de l'ordre à quelques dizaines de nationalistes venus manifester à proximité de la préfecture. Les forces de l'ordre ont contraint les manifestants à reculer au-delà du périmètre interdit à toute manifestation autour de la préfecture. "C'est la dictature. On vous emm..., on est chez nous. Sarko le peuple aura ta peau", ont lancé aux gendarmes les manifestants au son des cornes de brume. Certains d'entre eux étaient drapés dans le drapeau corse et ont entamé l'hymne corse.
Le PS dénonce "un grand Barnum"
Rien de grave ni, en apparence, qui puisse justifier un tel déploiement de force. Mais la découverte d'un lance-roquette il y a quelques jours sur les hauteurs d'Ajaccio n'était pas faite pour rassurer les autorités, même si selon les enquêteurs il n'aurait pu servir à un attentat contre la préfecture. Dans ses critiques contre la délocalisation ponctuelle du conseil des ministres, le Parti socialiste a d'ailleurs pointé "un déplacement cher" qui "va mobiliser plusieurs compagnies de CRS", "un grand Barnum alors que la Corse mérite un travail approfondi".
Malgré les critiques, le chef de l'Etat a réaffirmé mercredi qu'il poursuivrait cette expérience des Conseils des ministres décentralisés. "La Corse, c'est la France, c'est la République. C'est sûr que je pourrais faire comme tant d'autres, il n'y avait pas eu de Conseil des ministres décentralisés depuis plus de trente ans, c'est moins fatigant et moins difficile de rester tranquillement dans son bureau, mais en même temps ça permet de faire avancer les dossiers", dit-il. Le lieu du prochain Conseil devrait être décidé prochainement.
Autre conséquence indirecte de cette arrivée du chef de l'Etat et du gouvernement : en réaction à la volonté affichée mardi par Nicolas Sarkozy d'autoriser les low cost sur les dessertes vers la Corse, le personnel de la Compagnie aérienne Corse Méditerranée a décidé de bloquer mercredi matin trois vols au départ d'Ajaccio et trois autres au départ de Bastia. Sur ce sujet, l'Elysée a fait savoir que "le chef de l'Etat souhaite un débat ouvert et constructif", l'objectif étant "de permettre au plus grand nombre de passagers d'avoir accès à la desserte au meilleur prix, en tenant compte de l'ensemble des impératifs sociaux et économiques de l'île".
Attentat à la dynamite contre le domicile du maire de Bastia |
Un bâton de dynamite a été jeté mercredi peu après 00h30 contre le fourgon de CRS en faction devant l'entrée du domicile du maire de Bastia, Emile Zucarelli, sans faire de blessés, a-t-on appris de source policière. Le bâton a roulé jusqu'à un pot de fleurs et explosé, occasionnant seulement des dégâts au mobilier urbain. Cet attentat n'a pas été revendiqué. |
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




