Sarkozy au Conseil économique et socialLe président Nicolas Sarkozy se rend lundi au Maroc pour la première visite d'Etat de son mandat. La raison de ce déplacement ? L'exaltation des liens privilégiés de la France et de son ex-protectorat, mais aussi et surtout une série de contrats que Nicolas Sarkozy et les quelque 70 chefs d'entreprises français qui l'accompagnent espèrent conclure là-bas. Selon l'Elysée, cette visite devrait être l'occasion de signer "une quinzaine" de contrats qui renforceront encore la place de Paris comme premier partenaire commercial du royaume chérifien.
En matière d'armement, la France tentera de vendre des avions de combat Rafale, auquel Rabat préfère, selon la presse marocaine et française, des F16 américains d'occasion, en livrant une frégate à la marine marocaine. Plus substantiel, le groupe Alstom, dont le PDG Patrick Kron sera du voyage, compte bien ajouter le Maroc à la liste des clients de son train à grande vitesse. Un accord pourrait d'ailleurs être signé dès lundi. Selon le site Internet de L'Express, ce train relierait d'ici 2015 Tanger à Marrakech, le coût total des travaux étant évalué à trois milliards d'euros.
Sur le plan diplomatique, Nicolas Sarkozy doit également évoquer, lors d'un discours à Tanger, son projet d'Union méditerranéenne pour lequel le Maroc, carrefour de l'immigration africaine vers l'Union européenne, a déjà manifesté son intérêt. Les deux pays signeront également deux accords de coopération dans le domaine de la justice, l'un concernant le cadre juridique qui régit la coopération entre les deux pays depuis 1957, et l'autre le transfèrement des détenus entre les deux pays. Les deux conventions seront paraphées par le ministre marocain de la Justice, Abdelouahed Radi, et par son homologue française, Rachida Dati, qui accompagne Nicolas Sarkozy dans cette visite.
Un séjour déjà reporté
Initialement prévu en juillet comme simple étape d'une tournée au Maghreb, ce séjour avait été reporté à la demande du roi Mohammed VI, qui n'a pas voulu se contenter d'un passage éclair de son "ami" français, a fortiori dans la foulée de celui chez son rival et voisin algérien. Cinq mois plus tard, le roi du Maroc recevra donc Nicolas Sarkozy en grande pompe, afin, selon le ministre marocain de la Communication, Khalid Naciri, de donner à sa visite "tout ce qu'elle mérite comme attention et considération".
Les deux dirigeants s'entretiendront à plusieurs reprises lors des trois jours de la visite et Nicolas Sarkozy prononcera mardi devant le Parlement à Rabat un discours qui, selon l'Elysée, doit "souligner la qualité de la relation bilatérale et les progrès du Maroc vers la modernité". Seule ombre à ce tableau, l'association Reporters sans frontière s'est inquiétée, à la veille du voyage, de la "détérioration notable" de la liberté de la presse au Maroc et demande au président français, qui affirme régulièrement sa volonté de "dire les choses" sur le plan diplomatique, d'évoquer le sujet avec le roi Mohammed VI.
"Beaucoup de choses fausses sur l'amendement" ADN
Nicolas Sarkozy demandera également "l'avis du roi Mohammed VI" sur le projet d'Union méditerranéenne. "Comme l'Europe en son temps, cette Union de la Méditerranée doit se construire sur des solidarités concrètes. J'ai proposé de l'organiser autour de quatre piliers: l'environnement, le dialogue des cultures, la croissance économique et la sécurité", a déclaré dimanche le chef de l'Etat à l'agence de presse marocaine MAP.
Sur l'utilisation de tests ADN dans les affaires de regroupement familial, objet de critiques en France et au Maroc, le président a déclaré au journal Le Matin : "On a dit beaucoup de choses fausses sur l'amendement". "Il s'agit de permettre aux personnes qui le demandent, aux personnes qui sont volontaires, de prouver leur filiation et de ne risquer à aucun moment d'être confrontées à une accusation ou à un soupçon de fraude", a-t-il expliqué. "On le sait, la fraude documentaire existe dans certains pays. Et les tests ADN sont utilisés dans nombre de pays européens", a conclu Nicolas Sarkozy.
Un fils de Ben Barka veut "la vérité" sur la disparition de son père |
Un des fils de l'ex-opposant marocain de gauche Mehdi Ben Barka a déclaré samedi qu'il souhaitait que la visite du président français Nicolas Sarkozy au Maroc puisse aboutir à une volonté commune d'établir "la vérité" sur la disparition de son père à Paris en 1965. "J'attends qu'il puisse sortir une volonté politique commune qui doit réellement faire avancer la vérité sur la disparition" de Mehdi Ben Baraka dont le sort n'a jamais été élucidé, a déclaré Bachir Ben Barka lors d'une table-ronde à Rabat. Bachir Ben Barka a appelé à cette occasion le ministère marocain de la Justice à "relancer la commission rogatoire française au Maroc avant qu'il ne soit trop tard". Mehdi ben Barka, leader de la gauche marocaine, avait été enlevé, et probablement assassiné, le 29 octobre 1965 à Paris. Son corps n'a jamais été retrouvé. L'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin, demande régulièrement à la justice marocaine qu'elle auditionne, au travers de cette commission rogatoire, des responsables marocains qui étaient chargés de la sécurité lors de la disparition du leader de la gauche marocaine. |
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