Nicolas Sarkozy le 3 octobre 2007 © TF1Depuis plusieurs semaines, la grogne montait chez certains élus de la majorité, comme l'ont montré les récentes journées parlementaires de l'UMP, à Strasbourg, avec au banc des accusés : l'ouverture à gauche et la réforme institutionnelle à venir. Alors que son gouvernement compte déjà six ministres issus de la gauche et qu'il a promis d'aller "encore plus loin", Nicolas Sarkozy a lancé mercredi soir qu'il avait le "devoir" d'aller "chercher tous les talents". Il s'exprimait devant les députés et sénateurs UMP et Nouveau Centre (UDF ralliés au président), qu'il recevait à l'Elysée, dans un discours retransmis à la télévision qui s'adressait autant aux Français qu'à sa majorité.
"Je souhaite que chacun d'entre vous réfléchisse au fait que pour un président de la République l'ouverture ne devrait pas être un choix mais un devoir", a déclaré le chef de l'Etat. "Je ne veux pas d'un Etat PS, je ne veux pas non plus d'un Etat UMP", a ajouté Nicolas Sarkozy, qui a réaffirmé vouloir être "le président de tous les Français et pas seulement d'une partie d'entre eux".
"Nous ferons la rupture parce que la France en a besoin"
Nicolas Sarkozy a également prévenu les parlementaires de sa majorité qu'il n'y avait "qu'une seule ligne politique", celle choisie par les électeurs. "Je veux le dire à tous ceux qui doutent, je veux le dire à tous ceux qui prédisent un changement de cap devant le ralentissement de la croissance : nous poursuivrons la politique pour laquelle nous avons été élus, nous la poursuivrons sans faiblir, nous la poursuivrons jusqu'au bout", a lancé le président. "Nous ferons la rupture parce que la France en a besoin (...) nous ferons la rupture parce qu'il n'y a plus moyen de faire autrement", a-t-il ajouté.
Pas question, leur a-t-il lancé, de mener une "politique d'austérité", "d'infliger une nouvelle fois aux Français des politiques sacrificielles". "Il n'y a pas de plan d'austérité caché, il n'y a pas de tournant de la rigueur en préparation qui serait à la fois un renoncement et un reniement", a-t-il déclaré à des parlementaires dont beaucoup avaient sans doute à l'esprit le tournant de la rigueur sous le gouvernement Juppé à l'automne 1995 et l'échec de la droite aux législatives de 1997. "Il n'y aura pas de pause dans les réformes", a martelé le président. "La France a trop attendu", "elle ne peut plus attendre". Il a repris l'idée d'une taxation des stock-options pour financer la Sécu, lancée à la mi-septembre par le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, puis approuvée par François Fillon.
D'après agence
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