Ségolène Royal, sur le plateau du 20h de TF1, le 24 juin 2007 © LCILes attaques de Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy ont comme un goût de revanche. A maintes reprises, en effet, l'ex-candidate PS à la présidentielle avait été critiquée sur ses imprécisions ou ses gaffes lors de ses déplacements à l'étranger durant la campagne. Aujourd'hui, c'est elle qui accuse dans une tribune publiée dans Le Monde de mardi.
Ségolène Royal déplore la "navigation à vue" de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère, l'accusant de faire "bourde sur bourde" et de mettre en danger la "crédibilité" de la France. Elle cite plusieurs dossiers sur lesquels, selon elle, le chef de l'Etat a multiplié "les retournements", concernant par exemple la Turquie et le Liban. Ainsi, sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, Nicolas Sarkozy était contre pendant la campagne et propose aujourd'hui "une perspective radicalement différente", puisqu'il admet la poursuite des négociations et "pense même à supprimer" l'obligation de convoquer un référendum pour toute éventuelle adhésion", explique-t-elle.
Tire la couverture à lui
Elle s'étonne aussi que le Hezbollah ait été invité à une réunion interlibanaise en juillet à la Celle-Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), ironisant sur la déclaration "oubliée" de Nicolas Sarkozy. En décembre 2006, ce dernier avait lancé à propos de la rencontre de Ségolène Royal avec la commission des affaires étrangères du Liban dans laquelle siégeait un député du Hezbollah : "Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable".
Sur le dossier iranien, Ségolène Royal affirme que "faute de ne pas avoir défendu une attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des Affaires étrangères à ‘nous préparer au pire', à la guerre". Selon elle, "cette succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France". Elle accuse encore Nicolas Sarkozy, en Europe de "tirer la couverture à lui, exaspérant nos plus fidèles partenaires et notamment l'Allemagne", en Afrique de "dénoncer avec brutalité ce continent comme +absent de l'histoire+ (...) pour ensuite s'afficher avec les chefs d'Etat gabonais ou libyen".
"Politique spectacle"
"Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?", se demande-t-elle. "Au fond, seul le rapprochement avec Washington donne à la diplomatie de Nicolas Sarkozy un semblant de cohérence", souligne Ségolène Royal, notant qu'il "fait le choix de l'atlantisme". Pourtant, c'est "en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France (...) disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard", conclut-elle.
(D'après agence)
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