© AFPMais où était passée Ségolène Royal ? Depuis des semaines, l'ex-candidate à la présidentielle se faisait très discrète, refusant les interviews et se montrant très peu en public. Il faut dire que son choix de ne pas se présenter à la députation en juin dernier lui a enlevé une belle tribune, celle de l'Assemblée nationale.
Finalement, la présidente de la région Poitou-Charentes a accepté un entretien avec Libération, à l'occasion de son voyage à Florence puis à Rome la semaine dernière. Car depuis la rentrée, Ségolène Royal travaille ses dossiers et voyage. L'Italie la semaine dernière, le Chili et l'Argentine le week-end prochain... Elle sera à Buenos Aires au moment de l'élection présidentielle, où la péroniste Cristina Kirchner qu'elle avait reçue à Paris pendant la campagne est largement favorite pour succéder à son mari. Elle entend ainsi multiplier les rencontres avec des personnalités de gauche pour puiser des idées qui marchent ainsi qu'une méthode de rénovation.
Ainsi, à Rome, Ségolène Royal a rencontré le maire, Walter Veltroni, élu le 14 octobre à la tête du nouveau Parti démocrate lors de primaires ouvertes à tous les sympathisants de la gauche italienne. Plus de trois millions de personnes ont versé un euro symbolique pour participer au scrutin, de quoi faire rêver le PS français. Ainsi, Ségolène Royal estime que l'évolution de la gauche italienne peut servir d'exemple en France, pour les "recompositions nécessaires" et le processus de désignation des responsables. Au PS, "les militants à 20 euros (arrivés lors d'une campagne d'adhésion avant la primaire interne pour la présidentielle, ndlr) ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre au sein du parti," déclare l'ex-candidate à la présidentielle dans cet entretien. "L'exemple italien doit nous faire réfléchir", dit-elle, en estimant qu'il "faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie".
"Le jour où..."
La présidente de la région Poitou-Charentes juge encore que "ce qui se passe en Italie montre bien que des recompositions sont nécessaires". "L'alliance, contre la droite, entre un parti issu du parti communiste et un parti du centre, d'inspiration chrétienne, est très intéressante. Il y aura forcément, en France aussi, des recompositions entre centre et PS. Et ce ne sera pas en laissant de côté les militants venus de l'extrême-gauche ou du PC". Elle déclare ne pas avoir poursuivi ses contacts de l'entre deux tours de la présidentielle avec le leader centriste François Bayrou, qu'elle dit toutefois vouloir reprendre après une phase "de réflexion et de reconstruction". "On m'a critiqué pour ma démarche d'entre les deux tours, mais soyons réalistes: dans de nombreuses villes, aux municipales, cette convergence devra s'opérer", estime-t-elle.
Par ailleurs, Ségolène Royal n'exclut rien dans la compétition à venir pour le poste de premier secrétaire du PS, rassurant ses amis politiques un peu désorientés par son attentisme. "Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d'étapes. Et qu'il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai : "on y va", nous irons vraiment". Voilà ses concurrents Bertrand Delanoë et son ex-compagnon François Hollande prévenus.
Interrogé sur les livres très critiques publiés contre elle à la rentrée, l'ex-candidate révèle qu'elle a été affectée, "ça laisse toujours des traces, on est toujours affecté". Mais pour elle, "l'important est que les gens se disent et lui disent qu'elle s'est bien battue"; Effectivement, sa discrétion ne devrait pas cacher une réalité politique certaine : Ségolène Royal affiche une détermination sans failles même si son rythme déconcerte quelque peu ses adversaires.
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