Nicolas Sarkozy, le 8 octobre 2007 © TF1/LCI Il avait prévenu qu'il voulait mouiller sa chemise dans le débat sur les régimes spéciaux. C'est chose faite. Nicolas Sarkozy est allé vendredi matin à la rencontre des salariés d'EDG-GDF, près de Dieppe, en Seine-Maritime. Et pour lui, il est pas question de renoncer à l'alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général de la fonction publique. "Tous les Français cotisent 40 ans. Ce n'est pas possible que vous continuiez à cotiser 37,5 ans", a dit le président de la République à deux à trois cents salariés de la centrale nucléaire de Penly. "La question de l'harmonisation des 37,5 ans vers les 40 ans, on ne peut pas y revenir." "Les conditions de travail et les salaires, tout ça est ouvert. Il y a beaucoup à discuter", a-t-il cependant ajouté. "Je n'accepterai pas qu'on monte les agents du privé contre lesagents du public. Vous n'êtes pas des nantis."
Les syndicats de cheminots, de la RATP à Paris, d'EDF, de Gaz de France et de la fonction publique ont lancé un appel à la grève le 18 octobre pour défendre les régimes spéciaux de retraite, qui concernent 1,6 million de Français. Cette journée de grève est la première véritable épreuve, sur le terrain social, pour Nicolas Sarkozy, depuis son entrée en fonction le 16 mai. C'est aussi un test de la capacité de mobilisation des syndicats, alors que l'alignement des régimes spéciaux de retraite est, selon des sondages, une réforme plutôt populaire auprès d'une majorité de Français.
"Semaine difficile"
Le chef de l'Etat est arrivé vers 10h15 à la centrale de Penly, à laquelle n'avait accès qu'un groupe restreint de journalistes sélectionnés par l'Elysée. Un important dispositif de sécurité, dont 400 gendarmes, selon un officier de gendarmerie, avait été déployé autour de cette centrale de deux tranches de 1.300 mégawatts, mise en service en 1990. Nicolas Sarkozy y est resté une heure et demie, en compagnie du P-DG d'EDF, Pierre Gadonneix. Selon un journaliste du pool, il a été fraîchement accueilli par les salariés, qui l'ont très peu applaudi à son arrivée dans la "travée de manutention" où il a prononcé son discours. "J'aurais pu rester tranquillement dans mon bureau mais je veux prendre mes responsabilités devant vous. Je ne veux pas me cacher derrière mon petit doigt", a-t-il expliqué avant de répondre à quelques questions.
Selon Philippe Renard, responsable CFDT, le chef de l'Etat a déclaré que la réforme envisagée n'allait "rien changer" pour les statutaires. Les salariés ont répliqué qu'un système de surcotes serait mis en place à partir de 2012. Le syndicaliste a souligné que les salariés seraient trèsattentifs lors des négociations qui vont s'engager. "La journée de grève du 18 octobre (...) aura pour but de peser sur ces négociations", a-t-il ajouté. "Les réformes, j'irai moi-même les expliquer aux Français", avait dit Nicolas Sarkozy le 3 octobre aux parlementaires de l'UMP réunis à l'Elysée. "J'irai à la rencontre des ouvriers. J'irai dans les usines. J'irai à la rencontre des cheminots, des électriciens, des gaziers. J'irai à la rencontre des fonctionnaires, car ce ne sont pas eux qui sont coupables du statut dont ils ont hérité." Après Penly, Nicolas Sarkozy est allé en hélicoptère à Gournay-sur-Aronde, dans l'Oise, près de Compiègne, rencontrer les salariés d'un site de stockage souterrain de gaz naturel, accompagné par le même pool de journalistes. Il devait de nouveau y défendre la réforme des régimes spéciaux de retraite.
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