François Fillon au "perchoir" de l'Assemblée nationale © LCISuspensions de séance à répétition, bancs clairsemés, report de votes... La semaine a été rude à l'Assemblée pour le gouvernement, contraint de battre régulièrement le rappel des députés UMP. Mercredi, l'absence des parlementaires de la majorité a empêché le vote d'une proposition de loi octroyant un financement au Nouveau Centre. Vendredi matin, les socialistes ont dénoncé le faible nombre de députés UMP présents lors du vote des franchises médicales, y voyant une volonté de leurs collègues de ne pas avaliser la "taxe sur les malades".
Y a-t-il eu une volonté concertée des députés UMP de faire "la grève des bancs" à l'Assemblée ? Non, les deux séquences semblent sans lien si l'on en croit les députés interrogés. Dans l'affaire de la modification des règles du financement des partis politiques, il y a clairement eu un mouvement d'humeur de la part des parlementaires UMP qui n'ont pas souhaité voter une réforme uniquement faite pour régler les problèmes de gros sous des ex-UDF. "Cette façon de faire inscrire une proposition de loi en urgence était grotesque, analyse un député UMP. Et puis il faut le dire, les parlementaires du Nouveau Centre ne sont pas très aimés chez nous. Leur revirement lors de la présidentielle leur donne une image de "traîtres". Alors, le groupe UMP a eu beau nous envoyer des sms pour aller en séance, ça n'a pas marché".
"Un problème de leadership ?"
En revanche, dans l'affaire des franchises médicales, le groupe UMP a été confronté au rythme très soutenu des réformes et au calendrier du travail parlementaire. "On ne peut pas être partout. Un vendredi matin, beaucoup d'entre nous sont dans leur circonscription. C'est un problème d'organisation du travail parlementaire", explique un député. Nicolas Sarkozy conduit une politique de réformes tous azimuts, le parlement a du mal à suivre". D'autres, en revanche, sont plus critiques. "Je ne comprends pas ce qui se passe. Je suis inquiète, il y a des râleurs partout au groupe, ça part dans tous les sens", déclare Marie-Jo Zimmermann (Moselle). "On n'a pas assez de pédagogie, pas assez de liant. Il y a urgence à recréer un vrai groupe. Il faut mettre de l'huile dans les rouages", exhorte-t-elle. Aux yeux de certains élus UMP, les problèmes au sein du groupe sont, du moins en partie, liés à la gestion de son chef, Jean-François Copé. "Il y a un problème de leadership et on n'a pas la proximité qu'on avait avec (Bernard) Accoyer", ancien président du groupe UMP devenu président de l'Assemblée, regrette un autre élu. "Copé va peut-être se rendre compte à la lumière de ce qui s'est passé cette semaine qu'il faut resserrer les boulons", ajoute-t-il.
A l'inverse, Valérie Rosso-Debord assure qu'il y a "une liberté de ton" et "aucune pression" au sein du groupe, rappelant qu'elle-même n'a pas voté le projet de loi immigration mardi. Elle a invité certains de ses collègues à "se saisir des lieux de démocratie interne" plutôt que de "critiquer à l'extérieur". "Ca marche plutôt bien au groupe", estime aussi le chiraquien Christian Jacob, jugeant "totalement injustifiés les procès d'intention" faits à J.F Copé. L'intéressé a assuré à l'AFP qu'il donnait "le meilleur" de lui-même pour que "les choses se passent bien" dans son groupe.
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