François Hollande, au Conseil national du PS le 27 octobre 2007 © TF1-LCI |
| Le Traité simplifié : un sujet explosif chez les socialistes |
Le Parti socialiste tenait ce samedi son Conseil national à la Mutualité, à Paris. Un Conseil sans Ségolène Royal, en visite en Amérique du Sud. Ni Bertrand Delanoë, également retenu à l'étranger. Ce ne sont toutefois pas ces absences qui ont suscité les commentaires, mais une autre question, qui n'était pourtant pas à l'ordre du jour tant elle est explosive : celle de la démarche à adopter face au nouveau Traité sur les institutions européennes. La position du PS est censée être arrêtée le 6 novembre.
Mais les dissonances se font entendre hors tribune. Quand François Hollande répète que les socialistes "ne s'opposeront pas" à sa ratification, même si le texte est "imparfait" afin de "faire repartir l'Europe (dans) l'impasse", Laurent Fabius parle référendum. "Les Français, dit-il, ont rejeté le précédent Traité par un référendum, il faut qu'il y ait un référendum sur le nouveau traité", sinon il y aurait "déni de démocratie". Avant de souligner que les socialistes doivent être "fermes sur cette position". Mais François Hollande le redit : il ne demandera pas explicitement à Nicolas Sarkozy, qui le recevra lundi à l'Elysée à ce sujet, d'organiser un référendum. Une position aussitôt décriée par la communiste Marie-George Buffet.
Pour Vincent Peillon, favorable au non en 2005 et partisan désormais du oui, "l'abstention n'est pas une position. On est pour ou on est contre". Car "cette fois, si on ne prend pas ce qu'on a, il n'y aura pas de renégociation et donc, on en restera au traité de Nice", prévient-il. Un avis partagé par Daniel Vaillant, proche de Lionel Jospin, qui veut que les socialistes "délibèrent" pour se "rassembler" sur la question. Mais pour le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis "voter oui, s'abstenir ou refuser le vote" n'est qu'une question de "méthode" : "si Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations affirmant que ‘c'est son Traité', cela poussera les socialistes à refuser de voter". Rendez-vous le 6 novembre donc, à la sortie du Bureau national du PS,
Bayrou : "concurrent" ou "partenaire" ?
A propos de la réforme des institutions, le Premier secrétaire est clair : le projet (qui doit être présenté lundi à Nicolas Sarkozy par Edouard Balladur) offre, selon lui, surtout "de nouveaux pouvoirs au président de la République", et, en l'état, le PS ne le votera pas. "Convenons qu'il y a quelques avancées sur les droits du Parlement... mais pour faire passer l'omni-présidence de Nicolas Sarkozy".
Autre sujet sur lequel ça casse : les régimes spéciaux. François Hollande accuse le président de vouloir "l'épreuve de force" au moment où "le climat social devient lourd", "pour dire : ‘voyez, on a réussi une de ces réformes'". "Il faut que la négociation s'engage", préconise-t-il.
Un mot pour François Bayrou aussi : François Hollande voit dans la démarche du chef du MoDem une stratégie pour la prochaine présidentielle qui le positionne comme un "concurrent" et non comme un "partenaire" du PS, prévient-il. Mais, "nous ne refusons jamais les concours" de ceux qui sont "dans l'opposition à Nicolas Sarkozy. On dit : 'le MoDem n'est pas dans cette stratégie. J'en prends acte".
| Hollande aux socialistes: "dites du bien de ce que vous faites" |
Le Premier secrétaire du PS a également affirmé samedi que "dire du bien d'eux-mêmes" était "un devoir" des socialistes. "Un tant soit peu. Dites du bien de ce que vous faites, de ce que vous pensez, de ce que vous réalisez", a-t-il lancé. "Ne parlez pas de vous comme vous n'oseriez pas parler de la droite!", a-t-il ajouté. "Ca peut arriver", a-t-il déploré, soucieux d'en finir avec les déclarations publiques d'autocritique ou d'autodénigrement. |
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