Traité simplifié : le PS dissone en coulisses

Par D.H. (avec agence), le 27 octobre 2007 à 13h32 , mis à jour le 27 octobre 2007 à 18h21

Sans être l'ordre du jour, le Traité européen a été largement évoqué par les ténors du PS, en marge du Conseil national samedi. Mais les avis divergent.

HollandeFrançois Hollande, au Conseil national du PS le 27 octobre 2007 © TF1-LCI

Le Traité simplifié : un sujet explosif chez les socialistes
 

Le Parti socialiste tenait ce samedi son Conseil national à la Mutualité, à Paris. Un Conseil sans Ségolène Royal, en visite en Amérique du Sud. Ni Bertrand Delanoë, également retenu à l'étranger. Ce ne sont toutefois pas ces absences qui ont suscité les commentaires, mais une autre question, qui n'était pourtant pas à l'ordre du jour tant elle est explosive : celle de la démarche à adopter face au nouveau Traité sur les institutions européennes. La position du PS est censée être arrêtée le 6 novembre.

Mais les dissonances se font entendre hors tribune. Quand François Hollande répète que les socialistes "ne s'opposeront pas" à sa ratification, même si le texte est "imparfait" afin de "faire repartir l'Europe (dans) l'impasse", Laurent Fabius parle référendum. "Les Français, dit-il, ont rejeté le précédent Traité par un référendum, il faut qu'il y ait un référendum sur le nouveau traité", sinon il y aurait "déni de démocratie". Avant de souligner que les socialistes doivent être "fermes sur cette position". Mais François Hollande le redit : il ne demandera pas explicitement à Nicolas Sarkozy, qui le recevra lundi à l'Elysée à ce sujet, d'organiser un référendum. Une position aussitôt décriée par la communiste Marie-George Buffet.

Pour Vincent Peillon, favorable au non en 2005 et partisan désormais du oui, "l'abstention n'est pas une position. On est pour ou on est contre". Car "cette fois, si on ne prend pas ce qu'on a, il n'y aura pas de renégociation et donc, on en restera au traité de Nice", prévient-il. Un avis partagé par Daniel Vaillant, proche de Lionel Jospin, qui veut que les socialistes "délibèrent" pour se "rassembler" sur la question.  Mais pour le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis "voter oui, s'abstenir ou refuser le vote" n'est qu'une question de "méthode" : "si Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations affirmant que ‘c'est son Traité', cela poussera les socialistes à refuser de voter". Rendez-vous le 6 novembre donc, à la sortie du Bureau national du PS,

Bayrou : "concurrent" ou "partenaire" ?

A propos de la réforme des institutions, le Premier secrétaire est clair : le projet (qui doit être présenté lundi à Nicolas Sarkozy par Edouard Balladur) offre, selon lui, surtout "de nouveaux pouvoirs au président de la République", et, en l'état, le PS ne le votera pas. "Convenons qu'il y a quelques avancées sur les droits du Parlement... mais pour faire passer l'omni-présidence de Nicolas Sarkozy".

Autre sujet sur lequel ça casse : les régimes spéciaux. François Hollande accuse le président de vouloir "l'épreuve de force" au moment où "le climat social devient lourd", "pour dire : ‘voyez, on a réussi une de ces réformes'". "Il faut que la négociation s'engage", préconise-t-il.

Un mot pour François Bayrou aussi : François Hollande voit dans la démarche du chef du MoDem une stratégie pour la prochaine présidentielle qui le positionne comme un "concurrent" et non comme un "partenaire" du PS, prévient-il. Mais, "nous ne refusons jamais les concours" de ceux qui sont "dans l'opposition à Nicolas Sarkozy. On dit : 'le MoDem n'est pas dans cette stratégie. J'en prends acte".

Hollande aux socialistes: "dites du bien de ce que vous faites"

Le Premier secrétaire du PS a également affirmé samedi que "dire du bien d'eux-mêmes" était "un devoir" des socialistes. "Un tant soit peu. Dites du bien de ce que vous faites, de ce que vous pensez, de ce que vous réalisez", a-t-il lancé. "Ne parlez pas de vous comme vous n'oseriez pas parler de la droite!", a-t-il ajouté. "Ca peut arriver", a-t-il déploré, soucieux d'en finir avec les déclarations publiques d'autocritique ou d'autodénigrement.

Par D.H. (avec agence) le 27 octobre 2007 à 13:32
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10 Commentaires

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  • Michel, le 27/10/2007 à 16h58

    Bayrou, Hollande, Les 2 bourreaux de la nation.

  • Michel, le 27/10/2007 à 16h54

    En France comme d'habitude, on ne prend pas de vraies positions_manque de pragmatisme- c'est comme çà qu'en 1940/41............

  • Laurent, le 27/10/2007 à 16h53

    Gageons que si Royal avait été élue, le PS aurait approuvé largement la réforme institutionnelle, dans ce cas comment faire confiance au socialisme si sectaire ?

  • VELICITAT, le 27/10/2007 à 15h57

    Les citoyens n'ont que faire de la position du PS - a fortiori de ses dirigeants-Ils ont voté non au referendum et ce traité simplifié qu'on voudrait leur faire avaler par voie parlementaire est un attrape-nigaud. C'est un déni de démocratie .Votre travail de journaliste , plus que de vous intéresser aux états d'âmes de dirigeants PS déconsidérés, serait de vous demander si les LES CITOYENS sont hésitants ou non ; car de toute façon, après ce qui vient de se passer de 2002 à ...Sarkozy, il y a belle lurette que la vraie gauche et le peuple de gauche ne comptent plus sur le PS pour faire valoir leurs idées.

  • Jack, le 27/10/2007 à 15h23

    Je suis plutot de l'autre bord, mais sincerement Fabius a raison, a savoir, il y a eu referundum et le peuple Francais a dit NON a cette UE. Aller contre cette decision serait anti democratique et digne de pays totalitaires! La decision n'appartient donc pas a quelques elus mais doit rester a l'appreciation des Francais et donc, passer par la voie du referundum. Jack - Franco-Belge d'Anvers.

  • Claude, le 27/10/2007 à 15h15

    Je me demande si les visites"officielles" de Ségolène sont prises en charge par le PS,en tout cas ce n'est certainement pas elle qui paie ses déplacements de haute importance!

  • Pierre tor, le 27/10/2007 à 14h50

    L'on sait tres bien que les francais avaient vote contre,plus en fonction de la politique a Chirac que du traite. Pierre.Chicago

  • Baillergeau, le 27/10/2007 à 14h28

    Derrière le débat qui enfle au sein du PS, ce mini-traité met en lumière les fractures internes à ce parti. Personne au PS (en dehors de DSK) ne peut dépasser cette situation et la fracture ou le déclin du PS semble incontournable. Sarko l'a parfaitement compris et intégré dans sa ligne de combat mais...il n'est pas de gauche ! Son plan est très à droite et la vérité sautera aux yeux, après les municipales. Quand les élections à venir redeviendront très "politiques", la victoire de la Gauche sera "idéologique", mais sa pensée n'est pas encore opérationnelle et 2012 risque d'être trop tôt. Retenez les noms et les visages des seconds couteaux de la gauche, ils sont déjà dans le passé, mais ils ne le savent pas.

  • Jean paul, le 27/10/2007 à 14h10

    Sacré Laurent FABIUS, il devrait vite quitté la politique, et laisser les jeunes du PS travailler dans le bon sens.Ses positions sont simplement négatives, lui seul y croit encore.

  • Jerome, le 27/10/2007 à 13h58

    Fabius est complétement irresponsable. Il faut absolument que l'Europe avance et donc ce traité là doit passer. Si l'on passe par la voix référendaire et que le peuple le rejette (à titre de rappel, on sait aujourd'hui que plus de 70% des gens qui ont voté non au premier ne l'avaient même pas lu...), l'Europe sera morte, purement et simplement. Si les français ont envie que l'argent public qui a été investi dans l'Europe depuis 10 ans serve à quelque chose, il faut aller jusqu'au bout. Et puis moi, ça ne me choque pas qu'on se passe de referendum. La démocratie c'est bien mais parfois si on écoute l'avis de tout le monde dans le groupe, et bien ce dernier n'avance pas. Il faut des leaders courageux qui donnent le cap alors ratifions.

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