Le Conseil national de l'UMP à Paris, le 06 octobre 2007 © LCILe message du président de la République aux élus UMP semble avoir été compris. Mercredi, Nicolas Sarkozy martelait devant députés et sénateurs de la majorité que l'ouverture n'était "pas un choix mais un devoir". Trois jours plus tard, samedi, le Conseil national lors duquel un millier de conseillers s'étaient réunis à la Mutualité à Paris, a adopté à une large majorité (80,8%) une motion posant le principe d'ouverture de ses listes municipales. Dans l'optique du scrutin qui aura lieu au printemps 2008, l'UMP "s'engage" donc à constituer des listes municipales qui accueilleront, non seulement de "jeunes candidats et des candidats représentatifs de la diversité sociologique" mais aussi des personnes "d'autres sensibilités politiques dès lors qu'elles accepteront de porter le même projet municipal".
"On n'est pas si ringard que ça !", a lancé en annonçant les résultats du vote électronique à la tribune de la Mutualité Patrick Devedjian, dans une allusion transparente à la grogne suscitée ces derniers mois dans le parti majoritaire par la politique "d'ouverture" prônée par le chef de l'Etat. La motion adoptée affirme ainsi que "le changement profond tant espéré par les Français n'est possible que par l'union des talents et l'abandon des sectarismes. C'est le sens de l'ouverture mise en pratique par le président de la République au sein du gouvernement de François Fillon". Désormais, "les Français attendent que nous poursuivions cette démarche lors des élections municipales en renouvelant aussi notre représentation locale", souligne le texte approuvé par les conseillers nationaux.
Direction collégiale jusqu'à 2012
Au cours de la réunion, le Conseil national de l'UMP a également adopté à la majorité (55,3%) une motion acceptant le principe de l'introduction d'une dose "minoritaire de proportionnelle" au Parlement, sans se prononcer clairement sur son niveau. "L'UMP est attachée au scrutin majoritaire, qui est la garantie de l'efficacité et de la stabilité du régime de la Ve République (...). Toutefois, il est nécessaire d'assurer la représentation au Parlement de l'ensemble des courants d'opinion politiques français afin de renforcer sa représentativité et la démocratie", souligne le texte.
Les conseillers de l'UMP ont également procédé à l'élection des vice-présidents du parti. A une écrasante majorité, 86,3% des suffrages se sont portés sur le trio Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie. "Le dilemme n'est pas terrible puisqu'il y a trois candidats pour trois postes", a ironisé Patrick Devedjian. L'élection des trois vice-présidents entérine la nouvelle direction collégiale composée de six membres, qui se substitue au poste de président laissé vacant par Nicolas Sarkozy après son élection à l'Elysée. Immédiatement après l'élection, le premier vice-président Jean-Pierre Raffarin a brièvement exposé son projet de développement du conseil national dont il veut faire "une instance où se fait le débat", où "le président trouve ses alliés les plus solides". Il faut "revaloriser le parlement du parti", a-t-il lancé.
Fillon veut "transformer la France" |
Devant le Conseil national de l'UMP, François Fillon a défendu le rythme et la profondeur des réformes, en s'engageant à "réviser en bloc" le "système français" et à "transformer la France". "Nous devons aller plus loin parce que les Français nous le demandent", a affirmé le Premier ministre. "En quatre mois, nous avons plus réformé que n'importe quel gouvernement depuis vingt ans. Nous n'allons pas ralentir, nous n'allons pas mesurer notre effort, nous n'allons pas céder aux sirènes de la prudence et de l'immobilisme", a-t-il poursuivi. Le chef du gouvernement a également insisté sur la bonne entente qui règne entre lui et le chef de l'Etat. "La France en a connu, des situations de gouvernement biaisées, bancales ! Elle en a traversé, des périodes de cohabitation acrobatiques, ubuesques parfois! Elle en a subi, des périodes de paralysie. Vous avez voulu qu'elle en sorte, et vous l'en avez sortie ! Avec le président de la République, nous agissons de concert. Le tandem fonctionne, et il vous salue bien !". |
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