Le n°1 de l'Arche de Zoé dédouane les journalistes

Par D.H. (avec agence), le 03 novembre 2007 à 08h38 , mis à jour le 04 novembre 2007 à 09h34

Pour "se faire connaître", l'Arche de Zoé a "invité des journalistes", a expliqué le président de l'ONG lors de son audition samedi.

[Expiré] [Expiré] Tchad Arche de Zoé Eric Breteau © AFP/Abba Ali Kaya

Depuis le début de l'affaire de l'Arche de Zoé, la justice tchadienne fait preuve de fermeté. Samedi encore, alors qu'on parlait la veille de libération imminente des journalistes français et du personnel navigant espagnol, les magistrats ont montré qu'ils ne voulaient pas se faire dicter la loi. Ainsi, les auditions par le juge d'instruction de N'Djamena, chargé du dossier des 21 inculpés d''enlèvement' de 103 enfants vers la France ou de "complicité", se poursuivaient dans la soirée (voir la vidéo). Premiers à être entendus : les trois journalistes français, les quatre hôtesses espagnoles et le président de l'Arche de Zoé, Eric Breteau.

  • Vers un nouveau procès pour l'Arche de Zoé

    Le parquet de Paris a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de six membres de l'Arche de Zoé, soupçonnés d'avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants du Tchad vers la France en octobre 2007.

    Publié le 14/09/2010 Vers un nouveau procès pour l'Arche de Zoé
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Lors de son audition, ce dernier a dédouané les journalistes et l'équipage espagnol, selon une source judiciaire. "Il a affirmé que lui et ses cinq compagnons étaient responsables de l'opération Children rescue (appellation de l'Arche de Zoé au Tchad)". "Ils (l'Arche de Zoé) voulaient se faire connaître, c'est pourquoi ils ont invité des journalistes à participer à l'opération", a expliqué la source. Les auditions se poursuivaient samedi soir avec les interrogatoires de trois des quatre Tchadiens inculpés dans cette affaire.

Manière de montrer que la justice décide seule, même si le président tchadien lui-même a pris position pour la libération des journalistes français et personnels de l'air espagnols, la justice n'excluait pas d'entendre de nouveaux les journalistes dimanche, voire en début de semaine. Pour ne pas rendre plus difficile le sort des jouranlistes, Robert Ménard et Hervé Chabalier, les patrons de RSF (Reporters sans frontières) et de l'agence Capa (pour laquelle travaille l'un des journalistes détenus), montraient patte blanche : pas question de faire du "forcing" auprès des autorités tchadiennes, la décision revient à la justice, assuraient-ils à leur arrivée samedi à N'Djamena. Seulement de venir les soutenir  (Voir la vidéo). Le président tchadien, Idriss Deby a pour sa part réuni samedi à la présidence à N'Djamena une "cellule de crise".

Enquête en France, manifestation à Marseille

Les auditions à N'Djamena "ont pour objectif d'arriver à la manifestation de la vérité et déterminer qui est impliqué dans cette affaire et qui ne l'est pas", explique une source judiciaire, avant que soit décidé par le parquet d'un non-lieu ou d'un renvoi devant la justice.

En France également, on cherche à éclaircir le dossier. Le Premier ministre François Fillon a demandé au ministre des Affaires étrangères et au ministre de la Défense d'enquêter sur les circonstances qui ont permis à l'association l'Arche de Zoé de dissimuler "son identité et ses agissements" aux personnels de l'Etat français.

Une centaine de personnes ont participé samedi matin à une marche silencieuse à Marseille, en soutien aux membres de l'Arche de Zoé (voir la vidéo).

5 à 20 ans de travaux forcés
 
L'avocat français des bénévoles de l'Arche de Zoé, Me Gilbert Collard, arrivé samedi au Tchad, a indiqué qu'il espérait rencontrer "mercredi ou jeudi" les 9 Français détenus. Les 21 inculpés, tous incarcérés, encourent de cinq à vingt ans de travaux forcés. L'Arche de Zoé affirme que les 103 enfants étaient des "orphelins" du Darfour, ce que contredisent les premiers éléments d'une enquête menée par des organisations humanitaires internationales.

Le reporter Marc Garmirian et le photographe Jean-Daniel Guillou étaient en reportage pour couvrir l'opération. Le cas de Marie-Agnès Peleran, journaliste de France 3, est plus délicat car elle était en "congé humanitaire de solidarité". Mais selon Paul Nahon, directeur général adjoint à France 3, elle "faisait son travail de journaliste" lorsqu'elle a été arrêtée. "Elle n'a jamais menti sur sa venue au Tchad et ne fait pas partie de l'Arche de Zoé. Elle est venue en congé sans solde", a-t-il dit.

Par D.H. (avec agence) le 03 novembre 2007 à 08:38
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14 Commentaires

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  • Catherine, le 03/11/2007 à 21h43

    Karine, malgré toute ma bonne volonté, je ne vois pas le rapport entre les infirmières, I.Bétancourt et une équipe de guignols de ce genre

  • Mitch, le 03/11/2007 à 20h59

    Je viens d'entendre des commentaires des manifestants à Marseille, et c'est honteux. Malgré les preuves accablantes, ils continuent de croire que l'association a bien agit. Une belle bande déviants.

  • Jeauneau, le 03/11/2007 à 20h43

    Affaire très suspecte où l'Arche de Zoé semble avoir monté de toutes pièces un 'commerce'd'enfants en jouant avec la sensibilité et l'inconscience des familles adoptives

  • Jean, le 03/11/2007 à 20h28

    Ils ne méritent pas de clémence, ils se moquent des gens.

  • Didier, le 03/11/2007 à 20h13

    Un jour, j'ai entendu le terme amateurisme humanitaire. Je l'avais trouvé très approprié pour ce sujet. Je suis convaincu que ces personnes croyaient vraiment qu'ils allaient sauver des enfants. Maintenant, ils se sont probablement laissés abuser par des "chefs de village" qui ont bien compris l'interet qu'ils pouvaient tirer de ce genre d'opération. De plus, je suis persuadé que les autres organisations sur place vont tout faire pour les enfoncer. Il y a trop d'intérêts en jeux, il faut être lucide. Mon avis, c'est qu'il faut libérer ces gens là et qu'ils comprennent que l'humanitaire n'a rien d'humain !!!!

  • PiedNickel, le 03/11/2007 à 19h01

    Chère julie, il ne faut pas croire dur comme fer tout ce qui se dit, s'écrit sur cette affaire. Je connais personnellement une personne qui est prisonnière au Tchad. Franchement je ne la reconnait pas dans le tableau que vous dressez. Vous parlez sans savoir et malheureusement vous contribuez à salir la réputation d'honnètes gens uniquement parceque vous ne voulez pas faire l'effort de chercher à comprendre pourquoi des petits Français qui veulent sauver des enfants sont transformés en kidnapeurs. Mais peut-être qu'après tout cela vous convient-il? Comme le sort des enfants du Darfour ne vous inquiétait pas plus que ça jusqu'au jour ou....

  • Julie, le 03/11/2007 à 15h18

    Cette histoire est scandaleuse ! Ces français de l'organisation se comportent (aux vues de ce que nous savons à ce jour) tels d'anciens colonisateurs. Qui sont-ils pour enlever ces enfants de leurs parents et juger de ce qu'il y a de meilleur pour eux! Je comprends la colère Tchadienne. L'Afrique a certes besoin d'aide sur place mais pas de la suprématie blanche bien pensante et de leur vision de ce qui est bien ou mal. On aurait pu penser que ces français réagissaient sans réfléchir mais avec la certitude de faire ce qu'il y avait de mieux pour ces enfants. Or l'aspect financier suggéré par les futurs parents adoptifs nous laisse à penser autre chose. J'espère pour ma part que ces enfants retrouveront leurs familles et que les organisateurs seront jugés sur place au Tchad.

  • Karine, le 03/11/2007 à 14h03

    Ils ont sans doute mal agis....même si nous sommes encore loin de connaître toute la vérité, mais ils demeurent des citoyens français. Ne les laissont pas mourir dans des prisons tchadiennes. L'idée qu'ils risquent 20 ans de travaux forcés me glace le sang. Nous sommes allés libérer des infirmières bulgares, on négocie la libération de I Bétancourt (franco-colombienne), il est temps d'agir pour les français!

  • Clo, le 03/11/2007 à 13h40

    Pourqoi allez si loin, il y a assez de misére en France et de personnes en détresse.

  • Margaux, le 03/11/2007 à 13h13

    Je pense que ces hommes et femmes doivent maintenant assumer les erreurs qu'ils ont commises et ne pas crier au scandale. S'ils voulaient aider des enfants, n'aurait-il pas été préférable qu'ils le fassent sur place, dans leur pays et dans leur environnement ? Est-ce bien d'envisager de transférer ces enfants dans un pays qui leur est totalement inconnu ? Aurions-nous accepté, en France, que des enfants soient transférés dans un autre pays au motif que leur vie serait meilleure ailleurs ? Je suis sûre que non ! Alors, laissons la justice tchadienne faire son enquête puisque cette affaire s'est déroulée sur son territoire. Et arrêtons de nous croire toujours supérieurs aux autres !

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