Comment le PS a gâché une belle journée

Par , le 07 novembre 2007 à 20h01 , mis à jour le 07 novembre 2007 à 20h27

Analyse - Les socialistes ont dit oui au traité européen mais les nonistes appellent au référendum, en vain. Revoilà la zizanie installée...

TF1/LCI François HollandeFrançois Hollande © TF1/LCI

Le 6 novembre 2007 aurait pu être une belle journée pour le Parti socialiste, le signal tant attendu que la rénovation a bel et bien commencé. Un nouveau cycle. Comme ses voisins italiens, espagnols ou allemands, il a, et oui, majoritairement approuvé le traité européen simplifié adopté par les 27. La décision n'allait pas de soi, loin de là, il y a encore un mois, tant les pression internes pour l'abstention ou le non étaient fortes. Mais l'offensive pour le oui menée par Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, les strauss-kahniens et les rénovateurs a convaincu François Hollande qu'un non-choix serait ruineux vis-à-vis de l'opinion publique. Il s'est donc personnellement impliqué dans la clarification. Comment faire comprendre aux Français que sur un sujet aussi majeur que l'Europe, le principal parti d'opposition refusait de se prononcer, pour la seule raison que le traité ait été défendu par Nicolas Sarkozy ?   Oui, le 6 novembre 2007, la social-démocratie française a fait un grand pas en avant, affichant ses convictions européennes en lieu et place des petits calculs qui sont l'ADN de la vie politique au quotidien. Ce jour a vu la fin du faux consensus, du flou tactique et des communiqués alambiqués.
 
Mais en politique comme ailleurs, le diable se cache souvent dans les détails... Et lors de ce 6 novembre, les détails ont été si gros lors du Bureau national que cette journée n'a pas été très belle pour le Parti socialiste. Si l'on regarde le vote du Bureau national, la surprise est venue du nombre des non (20 voix, contre 36 pour le oui) alors qu'on s'attendait à ce que les ex-nonistes du référendum de 2005, aujourd'hui affaiblis, se réfugient dans l'abstention. Bien au contraire, ils font de la résistance, alignant leur position sur celle des communistes et des amis d'Olivier Besancenot, ce qui prouve que le socialisme à tendance marxiste occupe encore pas mal d'étages rue de Solférino.

Toujours pas de discipline collective
 
Surtout, le choix de François Hollande de reporter le débat sur l'exigence ou non d'un référendum pour ratifier le traité a précipité la reformation de l'ex-coalition des Non.   "Demander un référendum pour s'abstenir c'est totalement débile parce que l'on prend une position illisible", a eu beau répéter Pierre Moscovici, les amis de Laurent Fabius ont annoncé leur intention de faire campagne en sa faveur. Et ce proche de Dominique Strauss-Kahn de conclure : "nous sommes tombés dans le piège de la division". Ce n'est donc pas la fin d'un cycle mais la perpétuation du vieux clivage européen, celui qui définit les lignes diront les optimistes, celui qui plombe le PS depuis 30 ans rétorqueront les pragmatiques.

On est loin de la clarification et de la fin des ambiguïtés voulues par la direction du PS. Le message va continuer à se brouiller pendant les prochaines semaines et Benoît Hamon, le "Monsieur Europe" du parti en a tiré mardi soir les conclusions en démissionnant de ses fonctions. Derrière cette démission se joue aussi des trajectoires individuelles, à un an du prochain Congrès. Ainsi, le ralliement du noniste Vincent Peillon au traité s'explique par sa volonté de ne pas gêner Ségolène Royal.
 
Ainsi donc, au soir du 6 novembre, le PS a "une position officielle" sur le traité européen mais toujours pas de discipline collective. François Hollande renouvelle la même erreur qu'en 2005 avec un parti où les "nonistes" peuvent conserver leur liberté de vote sans encourir de sanctions. Le vote du Bureau national porte en lui les ferments de la division. S'il avait réglé en deux heures le fond du problème posé (oui ou non au traité) et la forme (référendum ou vote parlementaire), il aurait pu passer avec sérieux aux batailles suivantes : quel contenu social pour l'Europe de l'après-Lisbonne ? Quelles solutions communes pour la crise énergétique ? Quelle défense future pour les 27 ?  Mais les socialistes français ont raté le coche. Du côté de la rue de Solférino, tous comptes faits, rien de bien nouveau...

Par Renaud Pila le 07 novembre 2007 à 20:01
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25 Commentaires

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  • Jack, le 08/11/2007 à 10h59

    Ah le PS... C'est comme les syndicats... Après plus de 25 ans de toute cette chienlit... On comprend mieux pourquoi la France est au fond du trou et quasiment inreformable. Bon courage Mr Sarkozy !

  • Daniel, le 08/11/2007 à 10h51

    Merci de faire un si beau et trés juste commentaire. Il y en a vraiment mare des socialistes et de tous ceux qui refusent les avancées, ils ne proposent jamais rien, ils critiquent tout et ne sont en aucun cas capable de prendre une décision de groupe. Quant à Besancenot le révolutionnaire, il devrait être purement et simplement interdit de paroles. La France est dans la merde et pour longtemps et, il faut des hommes et des femmes dynamiques pour la relever et, malgré cela, ce sera trés dur. En France, il ne faut pas toucher à rien, surtout pas. Nous ne voulons faire aucune concessions, nous sommes encore trop riches. Français, allez faire un tour ne serais ce qu'au Maroc. Le smic à 180 euros. Continuez à tout refuser et vous irez droit dans le mur. Je vous souhaite à tous bon courage et bonne chance. Daniel 61 ans

  • Wanda, le 08/11/2007 à 10h27

    Bravo, je ne voterai plus jamais socialiste...pourtant j'aime bien Arnaud Montebourg. En vous faisant complice de Sarkozy, vous avez fait la bourde di siècle.

  • Poëtte, le 08/11/2007 à 10h17

    Quel dommage , quel gachis , que ce P.S qui n'en finit pas de se désagréger de se ridiculiser .Aujourd'hui , plus qu'hier , la France a besoin , pour pouvoir faire de belles choses , d'une oppsition forte , structurée , dynamique et constructive , ayant des propositions d'objectifs .Heureusement que N.Sarkozy s'est entouré d'hommes et de femmes de gauches qui lui donne une autre version des choses , car il n'est pas facile pour un président de n'avoir personne en face de lui pour être contredit et de dialoguer!

  • Florian, le 08/11/2007 à 10h15

    La gauche Francaise est rester au Moyen-Age....Et il me semble meme que Mme Royale, voulait prendre comme exemple, la nouvelle Gauche Italienne, celle meme qui a fait voter une loi pour l'exclusion de milliers de Roumains dans le Pays pour la securite interieur, cette mesure prise par la gauche francaise, jamais, meme la droite ne s'y oserai pas. Bon exemple pour la Gauche Francaise que celle de l'Italie......aha aha

  • Florent, le 08/11/2007 à 10h12

    A Liz de Paris, à quoi sert un référendum quand les 3/4 des votants ne savent meme pas pour quoi ils votent ? Comme dans n'importe quel autre pays, la majorité des Francais est incapable de juger de la qualité d'une constitution, a moins qu'on soit tous des dingues et qu'on ait tous lu le gros pavé haut d'un metre. Tout ce qui se passe, c'est que des têtes d'affiche politiques s'approprient une opinion et la porte commercialement pour se faire voire. Au final les gens votent pour une personne plus que pour un traité. Sans les référendums l'europe serait beaucoup plus avancée qu'aujourd'hui.

  • Pascal, le 08/11/2007 à 10h11

    Ridicule ! J'ose a peine imaginer cette bande d'incapable au commandes de la France. Ils en avaient pourtant la pretention. Quelle honte ! Qu'on en finisse une fois pour toutes avec ce socialisme d'un autre age.

  • Bernard, le 08/11/2007 à 10h04

    Le ps!!!comment adherer a un pareil parti???? d'une nullite affligeante

  • Propro, le 08/11/2007 à 09h49

    A mourir de rire. Hollande demande une commission parlementaire pour savoir comment faire pour etre intelligeant.

  • Gerardclermont, le 08/11/2007 à 09h49

    Ils ne se rendent pas compte qu'ils sont mauvais et, actuellement, incapable de gouverner la france ...et leur propre parti.Quant on voit l'arrogance de M.Montebourg, la nulité de M.Hollande, la suffisance de M.Heyraud,les mensonges de M.Fabius, il faut être suicidaire pour voter pour ces personnages. Vont-ils réussir à se réformer ??????

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