Brice Hortefeux lors de la présentation du projet de loi sur l'immigration à l'Assemblée nationale © LCI| Le PS dénonce une "course contre l'étranger" |
Clandestins : les chiffres et la polémique
Le nombre de clandestins présents en France a baissé de 6% en 2007, affirme Brice Hortefeux. Mais son mode de calcul est contesté.
Publié le 18/01/2008
Brice Hortefeux a défendu jeudi le bilan des six premiers mois de son très controversé ministère de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale. Il a notamment annoncé être parvenu à 18.600 expulsions d'étrangers en situation irrégulière - le ministre emploie le terme "d'éloignements" - pour les dix premiers mois de 2007, un chiffre inférieur à l'objectif de 25.000 et au chiffre de 2006 (23.800). Pour justifier cette baisse, il a pointé du doigt l'insuffisance de résultats obtenus dans les cinq premiers mois de 2007, avant son arrivée, et par l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union, ce qui a régularisé de facto ses ressortissants.
Devant un parterre de chefs d'entreprises, de policiers et de diverses personnalités étrangères, il a aussi brandi deux documents portant sur des actions que son ministère va lancer. Il s'agit de la carte "compétence et talents" destinée aux étrangers dotés d'aptitudes jugées "utiles" que la France veut accueillir, et d'un "passeport" symbolique, censé permettre aux étrangers de consigner "étape par étape" leur progression dans la connaissance du français, désormais obligatoire.
Métiers et zones "prioritaires" pour l'immigration choisie
Concernant les expulsions d'étrangers illégaux, le ministre a confirmé qu'il s'agissait d'un des principaux objectifs de son ministère, mais a assuré qu'il n'avait encore fixé aucun objectif pour 2008. "Par principe, un étranger en situation irrégulière, sauf cas particulier, a vocation à retourner dans son pays d'origine", a réaffirmé le ministre. Pour mettre en oeuvre "l'immigration choisie" voulue par l'Elysée, Brice Hortefeux a aussi confirmé qu'il allait recenser les métiers et les zones géographiques d'immigration jugées "prioritaires" par des discussions avec les branches professionnelles. Il compte ouvrir aux immigrés "de travail" l'accès à 89 métiers nouveaux, ce qui portera l'ouverture à 150 métiers, soit 40% du marché du travail, a-t-il dit.
Ce ministère voulu par Nicolas Sarkozy, premier du genre dans l'histoire du pays, est attaqué dans ses fondements par la gauche et par certains élus du centre, qui considèrent qu'évoquer "l'identité nationale" renvoie à une idéologie d'extrême-droite. "Le peuple français s'est exprimé, il a tranché, il a validé cette initiative. L'identité nationale doit être comprise d'abord comme une boussole, propre à donner un cap. Il n'y a aucune agressivité envers quiconque", a assuré Brice Hortefeux.
D'après agence
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