François Hollande, le 6 novembre 2007 © TF1/LCIL'homme est habile, drôle, sympathique et bon tribun. Mais pour l'instant, il semble avoir perdu la main. Mercredi matin, invité de RMC, le patron du PS s'est posé en donneur de leçons sur le conflit social en cours. Interrogé sur son degré d'optimisme concernant une sortie de grève, il a eu cette réponse : "j'ai un indice de volonté, c'est qu'on en termine dès ce soir". Comme on lui redemandait s'il était optimiste, il a répondu "oui". Satisfaction ou suffisance déplacée, chacun jugera...
Voir François Hollande presser gouvernement et surtout syndicats à une négociation express alors que ses propositions pour la réforme des régimes spéciaux n'ont pas semblé ces dernières jours éclatantes de clarté ne manque pas de faire sourire, ou plutôt pleurer des militants socialistes qui commencent à quitter un parti sans direction (plus de 20% de départs depuis juin).
Voir François Hollande conserver la même audace mardi sur les bancs de l'Assemblée, apostrophant avec un brio déjà vu mille fois François Fillon alors même qu'il fut incapable de définir une seule ligne de son parti sur les grèves semble participer du théâtre d'ombres. Lundi, un porte-parole du parti, Bruno Le Roux, s'était borné à exprimer l'appui du PS à "la demande des syndicats d'une meilleure négociation". Contestations dans les rangs. Mardi, le bureau national rectifie donc en affirmant un "soutien aux salariés en grève". Les communiqués se succèdent mais le flou persiste.
Quel avenir entre Bayrou et Besancenot ?
Voir enfin François Hollande en superbe planteur de banderilles, le jour où son déjeuner des anciens (de l'ex-gauche plurielle) tournait aux petites discussions entre "amis" pour sauver les vieux accords électoraux en vue des municipales relève du culot, certes bien assumé. Sur le fond, les idées, le "groupe de liaison de la gauche et des écologistes" n'a listé en effet que le constat de ses désaccords.
Des habitués de la rue de Solférino disent François Hollande "pas en forme" depuis quelques semaines. "Il n'a jamais eu le sens du collectif", confie aussi l'un deux. Alors que de plus en plus de quadragénaires ont commencé avec courage et sérieux la rénovation du PS, la sagesse ne serait-il pas d'avancer le Congrès prévu courant 2008 ? Au risque de voir l'espace se réduire comme une peau de chagrin entre François Bayrou et Olivier Besancenot.
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