François Fillon au Conseil national de l'UMP (6 octobre 2007) © TF1/LCILe mois de novembre s'annonce périlleux pour le gouvernement. Grève à la SNCF, à EDF-GDF, chez les fonctionnaires le 20 novembre, mouvement de colère des marins-pêcheurs contre la hausse du prix du gazole, multiplication des piquets de grève dans les facs... La liste est longue et fournit les ingrédients classiques d'un cocktail social explosif. Le Premier ministre le sait et a exhorté mardi matin sa majorité à "une solidarité maximale".
Il a prévenu les députés UMP qu'ils allaient devoir "attacher leurs ceintures" face aux turbulences sociales de novembre."Ca prouve au moins qu'il y a un pilote dans l'avion", a déclaré à la presse le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti, en allusion aux critiques selon lesquelles le chef du gouvernement aurait du mal à exister face à un président omniprésent. "Nous avons besoin d'une très grande solidarité de la majorité, il faut tenir bon", a insisté François Fillon, qui a affirmé que "le gouvernement a le soutien de l'opinion" sur les réformes qu'il a engagées.
"Le Premier ministre, il fait son job"
Selon des participants à la réunion, le Premier ministre a évoqué les occupations de facultés en estimant qu'il y avait des "tentatives de déstabilisation". "Certains veulent créer une situation difficile", a-t-il dit. Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, a réaffirmé de son côté "le soutien" des députés de la majorité au gouvernement. Interrogé sur la situation de François Fillon, il a répondu: "le Premier ministre, il fait son job". "C'est une tâche qui est difficile. Vous êtes en première ligne sur toute une série de sujets, vous veillez à ce que la machine gouvernementale fonctionne, à ce que les réformes avancent, à ce que les calendriers soient tenus. On a un Premier ministre qui, de ce point de vue, est à l'action", a-t-il dit à l'issue de la réunion du groupe UMP. Selon le député UMP Alain Gest, depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, "on a arrêté l'hypocrisie: le patron, c'est le président". "Le Premier ministre, lui, c'est celui qui fait marcher le système au quotidien. Il fait le job sans déclarations tonitruantes. Qui pourrait jouer le rôle de François Fillon aujourd'hui ?", a-t-il dit.
François Fillon va poursuivre dans les prochains jours sa reconquête de la parole en donnant à Europe 1 dès mercredi sa première grande interview depuis le 24 septembre. Selon ses proches, d'autres rendez-vous médiatiques vont suivre. Le programme des déplacements du Premier ministre doit aussi s'étoffer. Le retour de François Fillon était en tout cas attendu dans la majorité. Au nom des alliés du Nouveau centre, Nicolas Perruchot avait déploré mardi matin un "manque de lisibilité" de l'action du pouvoir, et souhaité que M. Fillon "revienne sur le devant de la scène".
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