François Fillon, le 17 septembre 2007 © TF1-LCI"Mes rapports avec le président de la République doivent en permanence s'adapter à sa conception (ndlr : celle de Nicolas Sarkozy) de l'exercice du pouvoir." Si François Fillon évoque une nouvelle fois ses fameux rapports avec Nicolas Sarkozy, c'est qu'il avait été filmé mercredi en coulisse d'une interview à la radio faisant des commentaires ‘en off' (lire notre article).
Dans une interview au Journal du Dimanche, il explique partager cette "conception" des relations avec le président : "j'ai toujours défendu (cette conception) car je suis pour un régime présidentiel". Mercredi, il disait notamment regretter de ne pas aller suffisamment sur le terrain, notamment parce que le chef de l'Etat ne le voulait pas. "Je ne cesse d'aller sur le terrain !", corrige-t-il dans le JDD.
Un bonus-malus sur les achats de véhicules
Sujets de terrain donc : le pouvoir d'achat par exemple. Interrogé sur ce dossier, le Premier ministre répète dans cette interview que le gouvernement exclut une TIPP flottante face à la hausse du prix des carburants. "Sur le pétrole, nous ne ferons pas de démagogie", affirme-t-il.
Cette mesure abandonnée depuis 2002, et qui consistait à moduler la taxe sur les carburants (TIPP) en fonction du prix du pétrole brut "serait totalement contradictoire avec le Grenelle de l'Environnement", explique-t-il. Et elle avait abouti selon lui "à une diminution de 3 centimes le litre mais avait coûté à la collectivité la bagatelle de 2,5 milliards d'euros". Tandis que le baril de brut frôle les 100 dollars, le gouvernement envisage de mettre en place "dans les meilleurs délais un bonus-malus sur les achats de véhicules" en fonction de leur consommation. Le chef du gouvernement confirme en outre l'annonce de Christine Lagarde : le doublement de la prime à la cuve "pour les familles modestes qui se chauffent au fuel" (lire notre article).
L'université est "la première priorité du gouvernement"
Sur le conflit en cours avec les syndicats à propos de la réforme sur les régimes spéciaux, le Premier ministre répond au CGTiste Bernard Thibault qui donne une interview dans le même JDD accusant le gouvernement de "vouloir le conflit pour l'exemple". "Le statu quo n'est plus possible", rétorque François Fillon (lire notre article).
Quant à l'autre conflit du jour, celui des universités, François Fillon rappelle que la loi sur l'autonomie des universités a été votée en juillet "dans un climat assez consensuel", et "après négociation avec les organisations étudiantes, dont l'UNEF". Confronté au blocage d'universités contre la loi Pécresse, il affirme que l'enseignement supérieur est "la première priorité du gouvernement", avant de répéter que "cette loi ne conduit en aucun cas à la privatisation des universités, en aucun cas à l'augmentation des droits d'inscription, en aucun cas à la sélection en première année, contrairement à ce prétendent certains".
Du côté des bonnes nouvelles : l'APL, l'aide personnalisée au logement "que touchent 8 millions de Français", François Fillon annonce qu'elle "va augmenter au 1er janvier de près de 3 %, ce qui sera l'augmentation la plus importante de ces dernières années". L'APL avait augmenté de 2,8% au 1er janvier 2007.
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