François Hollande, le 24 novembre 2007, lors du premier "forum de la rénovation" © TF1/LCI"Flou" et "vide". Laurent Fabius et Manuel Valls jugent sévèrement l'état du Parti socialiste, qui a tenu samedi son premier "forum de la rénovation", en l'absence de la plupart des "éléphants". Etape du processus de rénovation lancé après la défaite présidentielle de Ségolène Royal, le séminaire de travail sur le thème de la Nation a réuni environ 600 militants autour de François Hollande à Avignon. Deux autres doivent se tenir avant la fin janvier, sur la croissance et la mondialisation puis sur les nouvelles solidarités.
"Le processus en cours est un artifice pour ne pas prendre de décisions", assène Manuel Valls dans un entretien au Journal du Dimanche. "Un an de perdu c'est grave. C'est pourquoi il y a du ressentiment à notre égard", estime le député-maire d'Evry, rappelant qu'il avait réclamé un congrès extraordinaire du PS pour "trancher une bonne fois pour toutes les questions essentielles". Pour lui, "c'est le flou et l'attentisme qui créent les cacophonies d'aujourd'hui. On vient de le constater face au dossier des régimes spéciaux de retraite sur lequel nous sommes inaudibles". La gauche de gouvernement doit "dépasser son 'surmoi' marxiste qui la paralyse" et "redoubler de pédagogie" pour expliquer que l'allongement de la durée de la vie "nous conduira mathématiquement à allonger la durée des cotisations pour sauvegarder notre système de retraite".
"Absurde de poser la question présidentielle de 2012 dès 2008"
Sur les retraites, "il faut reconnaître que le PS, dans un passé récent, n'a pas toujours été en pointe dans ce domaine. Il faut que ses dirigeants soient offensifs et clairs", confirme Laurent Fabius dans Libération. De plus, les inquiétudes sur le pouvoir d'achat nourrissent le mécontentement à l'égard de l'exécutif "mais qui ne se reporte pas encore en positif sur la gauche", selon l'ancien Premier ministre, qui n'a pas fait le déplacement d'Avignon, à l'instar de Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë.
"Il y a aujourd'hui, et je le regrette, un vide et parfois même un certain ressentiment à l'égard des socialistes comme une sorte d'espérance interdite. Nous devons reconstruire pour rendre aux Français cette grande espérance", estime celui qui revendique de nouveau sa position de "sage actif". Dans les mois qui viennent, il assure qu'il ne prendra pas part aux "jeux internes" du PS pour se consacrer aux "grandes questions". Il se prononce cependant pour un congrès d'idées et non de personnes à l'automne 2008. "Il serait absurde de poser la question présidentielle de 2012 dès 2008. Une équipe avec un ou plusieurs porte-parole, des personnalités largement nouvelles sont souhaitables. Le moment venu, nous trancherons sur qui doit faire quoi".
D'après agence
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