Ce que n'avait pas prévu Sarkozy...

Par , le 16 novembre 2007 à 15h35 , mis à jour le 27 novembre 2007 à 16h14

Une base qui ne suit pas les chefs syndicaux, des étudiants qui sortent du bois...

Sarkozy Grève Nicolas Sarkozy en Corse © Abacapress

Pas de rupture sarkozyste en la matière... Un confit social demeure toujours en France un sacré film à rebondissements. Lundi soir, à la veille de la grève, l'ouverture surprise de Bernard Thibault a pu laisser espérer au gouvernement et aux usagers un conflit de courte durée. Le patron de la CGT a en effet accepté un dialogue entreprise par entreprise, une réforme régime spécial par régime spécial, ce qu'il avait jusqu'alors toujours refusé. Le syndicat se mettait habilement au centre du jeu, laissant ses partenaires accepter immédiatement sa stratégie lors de rencontres avec le ministre du Travail.

L'optimisme était donc de rigueur, et les commentateurs louaient  le doigté de Xavier Bertrand et le courage de Bernard Thibault, promu légitimement en héros du virage réformiste.  Le patron de la CGT prenait en effet un risque similaire à celui de la CFDT en 2003, au moment de la réforme des retraites de François Fillon. Le syndicat de François Chérèque en avait peu après payé le prix avec une hémorragie de 30% de ses militants vers la CGT et SUD Rail.
 
Que vont faire les militants CGT cette fois-ci ?  A la veille du week-end, une première réponse s'impose : la base résiste et se crispe. Les AG reconduisent les arrêts de travail, à la RATP et à la SNCF. Le peu d'empressement de la base à suivre ses chefs sur la voie de la discussion éloigne donc considérablement la sortie du conflit. Car les dirigeants ne peuvent se couper de leurs adhérents et maintiennent donc leur appel à la grève. Cela leur permet en sus de peser sur les négociations en cours. Mais à l'Elysée et au gouvernement, on ne l'entendait pas de cette oreille, et on ne l'avait (peut-être) pas prévu. "On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe", a ainsi affirmé jeudi soir Nicolas Sarkozy cité par Le Monde. Ce que redoutait le pouvoir est donc en passe de se produire : une jonction entre le mouvement des cheminots et la grande mobilisation des fonctionnaires mardi, pour l'emploi et le pouvoir d'achat. 

Prendra, prendra pas ?
 
Si le gouvernement refuse de discuter tant que le travail ne reprend pas, le conflit risque de changer de braquet. D'autant plus qu'un autre front surprise est en train de s'ouvrir. Avec près de la moitié des facs en grève ou touchées par la contestation, le mouvement étudiant prend de l'ampleur. Certes, à première vue, il apparaît moins périlleux que celui des régimes spéciaux. Mais après des tâtonnements stratégiques, Bruno Julliard a appelé jeudi à "amplifier la mobilisation" au sortir de sa rencontre avec la ministre de l'Enseignement supérieur. Le savoir-faire de l'Unef en matière de grèves étudiantes et la justesse de ses revendications pour de nombreux étudiants (manque de logements, bourses) peut conduire à une contestation-tache d'huile, au contraire des blocages de minorités d'extrême-gauche très impopulaires comme constaté cette semaine.  

Prendra, prendra pas ?  Impossible de prévoir l'alchimie étudiante mais si la loi sur l'autonomie des universités ne cristallise pas l'opposition, le manque de moyens financiers reste une arme toujours efficace car éternellement d'actualité. Les syndicats étudiants savent bien que Valérie Pécresse veut éviter un conflit mais si la solution passe par une inévitable rallonge budgétaire, ils savent aussi que la ministre ne tient pas les cordons de la bourse. Or depuis deux semaines de conflit, ses collègues ministres ou supérieurs (Matignon ou Elysée) ne lui ont pas été d'une grande aide. Mais y a-t-il encore du grain à moudre pour calmer les étudiants ? Cette question-là aussi n'était pas prévue. Rebondissements à suivre donc... "Attachez vos ceintures", avait prévenu François Fillon.  

Par Renaud Pila le 16 novembre 2007 à 15:35
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55 Commentaires

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  • Olivier, le 19/11/2007 à 11h01

    Les leaders syndicaux soufflent a l'envi sur les braises de la contestations et s'etonnent d'etre depasser par leur base... Leur comportement irresponsable se payera cher. La culture de la responsabilite n'existe malheureusement que trop peu en France...

  • Isabelle, le 18/11/2007 à 20h58

    Je suis absolument d'accord avec notre cher président : tiens bon Nicolas, nous sommes avec toi. Pense donc aux chomeurs qui voudraient bien travailler sans manifester et sans géner les autres ... juste payer des études à leurs enfants et vivre honnêtement. Merci de me publier et que justice soit faite.

  • Lemoine, le 16/11/2007 à 17h52

    Diviser les populations, les rendre jalouses, oublier que des luttes ont apporté les congés payés (grévistes ou non de l'époque, tout le monde ensuite en a profité!). Les vrais problèmes, en attendant, ne sont pas résolus et plutôt que d'attaquer le cheminot, l'infirmière, le prof et j'en passe, attaquez vous aux gros du CAC 40 qui ne pensent qu'à la façon de gagner toujours plus d'argent sur le dos de tous. Bon reflexion!

  • Raldebour, le 16/11/2007 à 17h48

    Je suis cheminot et non gréviste et je tenais a réagir face a certains écrits que j ai pu lire ici ou la.sachez pour ceux qui ne le savez pas que nos soi disant avantages comme vous aimez a les definir ne sont en réalité que des "contreparties".notre régime spécial est certes avantageux mais croyez moi -et je suis bien placé pour le dire- nos contraintes sont nombreuses.(travail le dimanche,la nuit, a noel, le jour de l an etc...) il est vrai que j ai choisi mon métier comme certaines personnes me le rappelle mais il ne faut pas avoir la mémoire courte et laisser notre régime se laisser abbattre sans résistance.ce sont les luttes sociales qui ont permis d avoir a chacun nos acquis sociaux(5 semaines de congés ....)Vous comparez notre statut d entreprise publique a celui du privé mais il faut faire la part des choses.celui ou celle qui fait le choix de travailler au chemein de fer fais aussi le choix de travailler avec des contraintes pour un salaire loin d etre egal a celui du privé.par exemple moi je touche 1300 euros net primes incluses en travaillant en 2*8 le dimanche et les jours fériés.mon frere travaille dans le privé et touche quand a lui 1750 euros net primes incluses en travaillant du lundi au vendredi ET POUR UNE qualification similaire(simple salrié en bas de l echelle).je veux bien cotisé 40 ans et cela semble inéluctable mais si je cotise 40 ans comme dans le privé je revendique le droit d avoir un salaire égal a celui du privé!! il faut une egalité face a la cotisation ok mais ca doit aller dans les deux sens. merci de me publier.

  • Regis, le 16/11/2007 à 17h47

    Seb, Rouen : ce sont des gens comme toi et comme ces nantis qui nous prennent en otage qui créent cette haine, vous n'avez qu'a vous en prendre a vous meme! les francais soutiennent mr sarkosy pour la reforme des regimes speciaux, et cette reforme passera, ne t'en déplaise!

  • Jean, le 16/11/2007 à 17h47

    Les moyens de transport fonctionneront ce soir pour le match de foot de l'équipe de France contre l'équipe du Maroc . Alors là si ce n'est pas se foutre de la gueule des gens ??? C'est d'un cinisme incroyable !! Pas de train ni de métro pour les gens qui vont bosser ou pour les jeunes qui se rendent dans les écoles ou les gens ayant un proche à l'hopital , mais des moyens de transport pour les spectateurs d'un match de foot !!!!! Quelle honte !

  • HEMERY, le 16/11/2007 à 17h47

    @Pat de Marseille Vous avez totalement raison,Sarkozy ferait mieux de montrer l'exemple au lieu de demander de faire un effort a ceux qui n'en peuvent plus de faire des efforts. Nous n'avons jamais eu un président aussi incompétent,incapable et cynique.

  • Domi, le 16/11/2007 à 17h45

    Bande de blaireaux de Parigots, vous vous prenez pour le centre du monde,v ous pleurnichez dès que vous avez pas votre petit métro, nous les bouzeux de province on s'en tape de la grève ça peut durer des mois, je ne rend jamais le train et je mets 5 minutes pour aller au boulot alors les cheminots tenez bon je suis avec vous!!!!!!!

  • Collinet, le 16/11/2007 à 17h43

    Celà n'est que de la manipulation quand on pense que le salaire d'un conducteur de TGV débute entre 2200eur et3200 et 4880 a la fin sans compter les dizaines d'avantage en plus pour 25 heures de travail ( il y a de quoi pleurer )

  • Seb, le 16/11/2007 à 17h40

    Je suis impressionné par la haine des gens qui ecrivent sur ce forum et c'est surtout désolant de constater leur manque de connaissance sur un sujet qu'ils se permettent de juger. Il y a de quoi rire franchement, vous etes ridicules et dangereux, vous me faites pensez aux collabo durant la guerre: -lui lui monsieur il a un regime special, faut le plomber!!!

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