Le président lors de la cérémonie du 11-Novembre © TF1 
Prise de bec sur les violences à l'Assemblée
Nicolas Sarkozy était loin, mais il a suivi la situation de près. Après les violences qui ont éclaté à Villiers-le-Bel et se sont répandues dans les communes alentours, le chef de l'Etat s'est directement impliqué dans la gestion des opérations, malgré son déplacement en Chine. En donnant des "recommandations" à la ministre de l'Intérieur qu'il a eue deux fois au téléphone mardi matin, tout comme le Premier ministre.
Preuve du souci de l'exécutif de ne pas laisser la situation se dégrader davantage encore, Nicolas Sarkozy, à peine rentré de Chine, se consacrera tôt mercredi matin aux événements de Villiers-de-Bel. A 7h30, il se rendra à l'hôpital d'Eaubonne (Val-d'Oise) où a été admis le commissaire divisionnaire grièvement blessé lors de la première nuit de violences. A 9h, il recevra les familles deux deux adolescents tués dimanche. Selon l'Elysée, le président verra dans la foulée le maire de cette commune, Didier Vaillant (PS). A 9h45, il présidera une réunion sur la sécurité avec le Premier ministre François Fillon, Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Rachida Dati (Justice) et Fadela Amara (Ville). Le Conseil des ministres aura ensuite lieu à 11h.
En attendant, Fillon montre sa fermeté
En l'absence du chef de l'Etat, l'exécutif a durci le ton mardi. François Fillon qualifiant de "criminels" ceux qui ont tiré sur des policiers et annonçant que l'Etat "se battra" pour éviter la contagion. Ce ton contraste avec l'appel lancé par Nicolas Sarkozy qui, lundi depuis Pékin, avait souhaité que "chacun s'apaise". De même, la préfecture du Val-d'Oise s'était refusée à donner un bilan précis des policiers blessés "par souci d'apaisement". Message resté sans effet puisque le Val-d'Oise a été le théâtre d'une deuxième nuit de désordres.
Craignant une réédition des violences de 2005, l'exécutif veut au plus vite "ramener la paix" dans les villes touchées. Le Premier ministre a fait deux visites -mardi matin et mardi soir- à Villiers-le-Bel. Il a promis que la justice "punira sévèrement" les "criminels" qui ont fait feu sur les forces de l'ordre. La Garde des Sceaux, Rachida Dati, a donné mardi des consignes en ce sens aux parquets.
"Le mirage de la République apaisée"
Face aux émeutes, la classe politique s'est divisée. Mardi après-midi, Manuel Valls, député-maire PS d'Evry, et Benoît Hamon, eurodéputé socialiste, s'en sont notamment pris au pouvoir exécutif. Interpellant le gouvernement, lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, M. Valls a affirmé: "il est temps de nous écouter, de prendre la mesure de l'échec qui est le vôtre sur la question essentielle qui est celle de sécurité de nos concitoyens dans les quartiers populaires". "La police de proximité, si utile pour établir la confiance entre forces de l'ordre et les habitants, n'a pas été rétablie", or "c'est ce que vous demandent tous les élus sur tous les bancs au Sénat et à l'Assemblée: il est temps de nos écouter et prendre les mesures", a-t-il lancé.
De son côté, Benoît Hamon relève dans un communiqué : "Depuis 48 heures, le mirage de la République apaisée promise par le président de la République laisse la place au spectacle désolant d'une France ghettoïsée, minée par le désordre public et social, l'injustice, la violence et les discriminations". Benoit Hamon accuse le gouvernement d'"encourager la constitution de ghettos : ghettos de riches dans quelques quartiers dont la population est toujours plus favorisée, ghettos de pauvres dans les quartiers laissés à l'abandon". "Il est urgent que les pouvoirs publics prennent la mesure de la situation. au lieu de cela, nous assistons aujourd'hui à une quasi-vacance du pouvoir", accuse-t-il.
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