Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, le 2 septembre 2007 © TF1/LCI"Je peux, moi, donner toutes les informations", avait promis Claude Guéant en septembre. Ce jeudi a lieu l'audition du secrétaire général de l'Elysée par les parlementaires dans l'affaire des infirmières bulgares retenues en prison en Libye pendant huit ans. La commission d'enquête veut en savoir plus sur les conditions de la libération en juillet des soignants. Le secrétaire général de l'Elysée, qui s'était rendu sur place en compagnie de l'ex-épouse du chef de l'Etat, est un des acteurs clés du dénouement de cette très longue crise. Les trente élus veulent savoir si le colonel Kadhafi, en visite en France cette semaine, a arraché des contreparties pour ce geste et, si oui, lesquelles.
Claude Guéant a toujours nié de quelconques contreparties. "J'attends que M. Guéant nous explique la façon dont il a lui-même vécu les négociations, et en France et en Libye, pendant les deux visites qu'il a effectuées", a indiqué mardi le rapporteur UMP de la commission, Axel Poniatowski. Les discussions sur "les armements et le nucléaire" ont été un "élément décisif", a affirmé lors de son audition l'ancien représentant à Tripoli de la Commission européenne, Marc Pierini. "Nous nous sommes limités, en tant que Commission européenne et Etats membres, aux aspects humanitaires et médicaux de cette affaire", a-t-il souligné. "Le colonel Kadhafi connaît très bien" le chef du gouvernement italien Romano Prodi, a-t-il noté mais "M. Prodi n'a pas de centrale nucléaire à vendre".
Cécilia n'y passera pas
Jeudi matin, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a affirmé devant la même commission que la France avait "été absolument réglo" en matière de contrats de défense passés avec Tripoli. Le ministre a précisé que "les autorisations" pour les accords de défense et militaires signés dans la foulée de la libération "avaient été données bien avant l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République". Il a précisé que l'accord-cadre "des plus classiques" en matière de défense signé lors de la visite du président Sarkozy à Tripoli en juillet avait été préparé lors de "deux réunions interministérielles quelques jours avant". "Si c'est pas nous qui vendons, ce sont les autres qui vendront", a-t-il lancé.
Outre le ministre de la Défense, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte, et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ont déjà été auditionnés mais, avec la venue de Claude Guéant, c'est le bras droit du président de la République qui est sous le feu des questions. Le chef de l'Etat s'est personnellement impliqué dans la libération le 24 juillet des soignants bulgares. Les ex-prisonniers avaient été ramenés à Sofia à bord d'un avion gouvernemental français.
La commission a débuté ses auditions le 8 novembre. Elle se réunira le jeudi 20 décembre, à huis-clos, pour faire le bilan de ses auditions et devrait remettre son projet de rapport en janvier au président de l'Assemblée nationale. Le texte final sera voté par la commission des Affaires étrangères le 25 janvier. Une absence aura été très remarquée lors de ces auditions : celle Cécilia Sarkozy, dont la présence a été réclamée par l'opposition mais à laquelle s'est toujours opposé l'Elysée.
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