DSK au Forum de la rénovation du PS dimanche 20 janvier 2008 © TF1/LCIComment être là sans revenir ou l'inverse ? Chez les socialistes, il faut des années de pratique pour comprendre ce genre de subtilité et préparer ce genre de visite. Lorsque les amis de Dominique Strauss-Kahn évoquent avec lui, courant décembre, son éventuelle présence lors d'une réunion du PS, ils pensent plutôt à un timing post-municipales, scrutin clé qui déterminera la suite de la refondation du parti.
Mais lorsque Nicolas Sarkozy fait savoir au patron du FMI qu'il souhaite le rencontrer lundi dernier, avant son départ pour Bruxelles puis Davos, il n'y a plus d'hésitation. "Nous ne voulions pas nous faire instrumentaliser par le chef de l'Etat, toujours à la recherche d'un coup politique", confie un proche de DSK. Dominique se devait d'aller saluer aussi les socialistes". Objectif, montrer qu'il est encore dans le jeu mais ne pas trop en faire, au risque d'accentuer le combat des ego au détriment de celui des idées. Quasiment personne n'est mis dans la confidence et François Hollande n'est prévenu que le matin même.
"Un passage signifiant mais pas un retour signifié"
L'arrivée à la Mutualité est soigneusement pensée : pas en début de réunion, avec une certitude de voir DSK obligé d'aller saluer les éléphants sous les crépitements des flashs. Non, l'ancien ministre des Finances doit arriver à 11 heures, au moment de l'intervention de son ami Alain Bergounioux. Mais dix minutes en retard, il est finalement accueilli par un économiste fabiusien qui ironise alors sur la "personnalisation du débat public". Peu d'applaudissements dans la salle, accueil plutôt frais. "Nous avions prévenus personne et si nous avions fait venir nos troupes, ce n'était plus un passage signifiant mais un retour signifié". Remarque très lacanienne d'un strauss-kahnien mais la psychanalyse n'est jamais superflue pour comprendre la dépression chronique qui paralyse le PS depuis des années.
Dominique Strauss-Kahn va-t-il repointer son nez dans des raouts socialistes ? "Ce n'est pas la peine, c'est encodé. Il est là. Et toutes les Unes des journaux de lundi pour une apparition de seulement quelques minutes, le rendement est pas mal non ?", sourit un de ses lieutenants. En réalité, la petite visite surprise du nouveau patron du FMI a rempli son dessein : perturber le duel annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë et rouvrir un jeu à trois. "Nul ne sait si Dominique sera candidat en 2012, pas même lui. En aura-t-il envie ? Où en sera le parti ? Mais il s'installe dans une position de recours", confie-t-on. Si la prochaine présidentielle s'organise autour de la question économique, comme celle de 2007 fut celle de l'insécurité et de la "rupture", le directeur du FMI aura une expérience d'avance. Encore faut-il que son bilan à la tête d'une institution financière lointaine et méconnue soit positif et surtout compris par les Français. Face à l'appétit de Ségolène Royal et à la détermination de Bertrand Delanoë, DSK devra faire preuve plus que jamais de son talent pédagogique. Et disposer d'un parti en ordre de marche, ce qui ne sera pas une mince affaire.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




