François Fillon lors de ses voeux à la presse le 15 janvier 2008 © LCI"Je vous connais peut-être mieux que vous me connaissez", a lancé le Premier ministre aux centaines de journalistes venus l'écouter. François Fillon a donné mardi à la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris des vœux à la presse en forme de portrait puis "d'auto-conversation", ironisant sur la manière dont il est perçu. "Certains se plaignent de ma discrétion", mais "j'avance de manière méthodique et maîtrisée". Et cette discrétion médiatique est une volonté, a-t-il plaidé, d'observer "une certaine distance avec les médias et avec le rythme chaotique de l'actualité".
"Je veux juste vous prouver que cette apparente distance n'est pas de l'indifférence. Et pour vous le prouver, j'ai décidé de transformer cette cérémonie de voeux en conférence de presse", a-t-il lancé. Comme la presse n'a pas eu le temps de "ciseler des questions, je vais les poser moi-même", a-t-il expliqué, provoquant des éclats de rire. "Monsieur le Premier ministre, quel est le climat politique ?", a-t-il alors commencé, déclinant un à un les principaux thèmes de l'actualité gouvernementale et précisant qu'il lisait beaucoup la presse.
Autre question du Premier ministre à lui-même : "Quel objectif vous fixez-vous pour les municipales?". Réponse : "De les remporter". Et la conversation entre lui et lui a continué : "Est-ce que l'ouverture va se poursuivre ? Oui". "Comment fonctionne le couple exécutif : très bien". "Etes-vous un Premier ministre heureux ? Oui, quand je suis avec vous".
Police de proximité : "pas question de refaire les erreurs du passé"
Plus sérieusement, François Fillon s'est félicité de la signature de l'accord sur la réforme du marché du travail, que 3 syndicats de salariés ont entérinné. Pour lui, c'est un pas de plus vers la flexisécurité (voir la vidéo). Il s'est aussi félicité des premiers résultats de son action, comme la délinquance qui a "reculé de 3,6%" en 2007.
Il a au passage assuré que la création en Seine-Saint-Denis d'une police de quartier pilote dans 3 communes ne constituait pas un retour à la police de proximité voulue par la gauche : "il n'est pas question de refaire les erreurs du passé. La police de M. Vaillant (Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur PS en 2002-ndlr) correspond aux chiffres de la délinquance les plus élevés qu'ait connus notre pays". "Tout ça n'a rien à voir avec la conception du policier copain, animateur, assistante sociale qui n'est, de notre point de vue, que source de confusion et d'inefficacité", a-t-il dit.
François Fillon a aussi confirmé pour février un plan en faveur des banlieues basé sur trois idées-forces : l'accompagnement personnalisé des jeunes chômeurs, le désenclavement des quartiers et la lutte contre l'échec scolaire.
Une croissance de 2 à 2,25% "atteignable" en 2008
"On a remis la France en mouvement, on voit de premiers résultats s'esquisser", et "après une panne de croissance au 3e trimestre", il prévoit un taux de croissance pour 2007 "sûrement au-dessus de 1,9%", "nos objectifs ("entre 2 et 2,25%") pour 2008 sont atteignables".
Il a reconnu "encore beaucoup de zones d'ombres", telles que la hausse du pétrole, le manque de compétitivité des entreprises françaises, la crise des subprimes et les "tensions géopolitiques". Estimant mener "une politique sérieuse" et non "une politique de rigueur" pour parvenir à l'équilibre des finances publiques françaises à horizon 2012, il a affirmé que le retour à l'équilibre était sa "première priorité".
Sarkozy marié jeudi ? Un emploir du temps "peu compatible"
Interrogé en marge de ses voeux sur une éventuelle vente de télévisions publiques, il a en outre répondu par la négative, assurant qu'il fallait "garder la force de frappe du service public et donc sa dimension".
Quant à un éventuel mariage entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, François Fillon a indiqué ne pas être au courant, assurant que l'emploi du temps du président jeudi dernier lui semblait "peu compatible" avec cette hypothèse, avancée lundi par l'Est Républicain.
| Besson participera à l'évaluation des ministres |
L'évaluation de l'action des membres du gouvernement se fera au sein du cabinet du Premier ministre, avec le concours du secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques, Eric Besson, "dont c'est justement la responsabilité", a précisé François Fillon. "L'évaluation ne sera pas conduite par un cabinet privé", mais c'est un cabinet privé qui mettra au point le contenu de ces évaluations "car nous avions besoin d'une expertise extérieure", a-t-il précisé. "L'évaluation est un outil (destiné à) mesurer, mois après mois, que nous tenons les engagements que nous avons pris. Ce ne sont donc pas les hommes ou les femmes qui seront évalués mais les politiques, ministère par ministère", a ajouté François Fillon. "Les ouvriers sont évalués en permanence", a souligné le chef du gouvernement en réponse aux critiques de l'opposition sur ces évaluations. |
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