Hollande s'attaque au "président moi-je" Sarkozy

le 10 janvier 2008 à 16h15 , mis à jour le 10 janvier 2008 à 16h27

Dans le Parisien, le premier secrétaire du PS critique la "conception même de la politique" du président. Le "sarkozysme, c'est d'abord un narcissisme", dit il.

Les voeux de François Hollande à la presse (10 janvier 2008)Les voeux de François Hollande à la presse (10 janvier 2008) © TF1/LCI

Président "moi-je", chef de l'Etat "m'as-tu vu", "omniprésidence", "coup d'éclat permanent" : François Hollande a multiplié jeudi les attaques sur la conception de la fonction présidentielle de Nicolas Sarkozy. "Le sarkozysme n'est pas une doctrine, c'est un narcissisme compassionnel (...) Et le pire, c'est qu'il se plaint. Il nous parle de lui à satiété. Moi ce que je demande, c'est le droit de ne pas savoir", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste en présentant ses voeux à la presse.

"C'est le président 'moi-je', l'Etat c'est moi", c'est la dérive ultime" du pouvoir présidentiel, a-t-il accusé. Nicolas Sarkozy "convoque même le Parlement" à l'Elysée pour présenter ses voeux aux députés et sénateurs et "il voudrait même changer la Constitution pour s'inviter en permanence à l'Assemblée nationale et au Sénat", a dénoncé le député de Corrèze, qui a boycotté l'invitation présidentielle mercredi soir.

"Il va s'inviter chez vous aussi"

"Méfiez-vous", a-t-il prévenu dans un sourire. "Il va s'inviter chez vous aussi, dans vos rédactions et peut-être dans vos domiciles", a ironisé François Hollande, évoquant le souvenir de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing. "Un de ses lointains prédécesseurs s'y était essayé, venait déjeuner, dîner. J'espère qu'il ne demandera pas davantage", a-t-il plaisanté. Sur le registre de la vie privée, "il nous installe, président m'as-tu vu (...) comme des voyeurs. Nous ne demandons pas à voir, nous demandons à connaître les résultats", a-t-il poursuivi.

Deux jours après la conférence de presse de rentrée du chef de l'Etat, François Hollande a estimé que la France était entrée dans le "régime du verbe", sans avancées concrètes pour les Français. "Il nous fait l'aveu : les caisses sont vides. Qui a donc vidé les caisses depuis huit mois et peut-être davantage si ce n'est une majorité qui a voté 15 milliards de cadeaux fiscaux et d'exonérations de cotisations sociales ?", s'est-il interrogé. "Il nous dit qu'il veut aller chercher la croissance avec les dents. Je ne sais pas combien il lui en reste". 

D'après agence

le 10 janvier 2008 à 16:15
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