L'hémicycle de l'Assemblée nationale © TF1/LCIC'est peu dire que les propositions du rapport Attali ont suscité un accueil mitigé dans les partis politiques, encore plus frais à droite qu'à gauche. Ainsi, pour Ségolène Royal, "ce rapport a le mérite d'être là. Il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de regarder les propositions mises sur la table. Je pense que tout ce qui va dans le sens du déblocage de ce qui freine l'initiative doit être pris en considération. La France a besoin de réformes". Pour le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, "notre pays souffre de beaucoup de corporatisme. Il y a des professions qui se cachent derrière leur réglementation, au nom de l'intérêt général, mais pour défendre leur pré carré". Beaucoup plus critique, Julien Dray a affirmé que "cet étouffe-chrétien n'est ni plus ni moins qu'un programme alternatif de gouvernement, qui en dit long sur l'échec économique des premiers mois de François Fillon et Nicolas Sarkozy". François Bayrou (MoDem) a lui dénoncé des "idées qui risquent de déstabiliser la société française", comme la relance de l'immigration ou la libéralisation de la grande distribution.
Du côté de l'UMP, les députés examineront "sans tabou" le rapport Attali sur la "libération de la croissance" mais ne donneront pas pour autant "un chèque en blanc" aux mesures qu'il propose, a affirmé leur chef de file Jean-François Copé dans une interview au Figaro publiée jeudi. "Nous avons la volonté d'étudier sans a priori et sans tabou l'ensemble des sujets mis sur la table par Jacques Attali", a-t-il assuré. Mais dans les couloirs de l'Assemblée mercredi, certains parlementaires ont été très critiques. Ainsi, le député de Paris Claude Goasguen s'est élevé contre "la République des experts".
"Un rapport hémiplégique"
Jeudi matin sur RTL, c'est Jean-Pierre Raffarin qui s'est montré également critique contre certaines des propositions du rapport Attali. Le vice-président de l'UMP s'est dit "un peu déçu" sur la croissance estimant que c'était "un rapport hémiplégique" avec peu d' "idées nouvelles". "Ce rapport est pour moi hémiplégique, la moitié des propositions sont bonnes et l'autre moitié restent très faibles", a-t-il déclaré. "Je suis un peu déçu parce que j'attendais de la créativité, j'attendais un peu des idées nouvelles mais au fond je vois ressortir toutes les vieilles lunes", a ajouté l'ancien Premier ministre.
L'ancien Premier ministre a notamment critiqué les propositions sur la suppression des départements, la TVA sociale et les grandes surfaces. "La question n'est pas la suppression du département mais l'agrandissement de la région", a réaffirmé le sénateur de la Vienne, soulignant que le département était aujourd'hui "un espace social" essentiel. Concernant l'instauration d'une TVA sociale il a estimé que "c'est une idée qui peut être expérimentée" mais qui est "dangereuse parce qu'elle porte atteinte au pouvoir d'achat dans un premier temps". Quant aux mesures en faveur de la grande distribution, il y a dans le rapport "une certaine écoute du lobby des grandes surfaces qui me paraît quelque peu coupable", a jugé Jean-Pierre Raffarin. ,
Selon Jean-Marie Le Pen, Jacques Attali veut "faire de la France une zone d'ultra-libéralisme soumise à tous les vents de la finance et de l'immigration planétaires".
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