Le premier cadeau de Sarkozy à la gauche ?

Par , le 13 janvier 2008 à 23h15 , mis à jour le 14 janvier 2008 à 12h55

Analyse - La valse hésitation de l'UMP sur son implication révèle les craintes que suscite cette stratégie à droite.

Nicolas Sarkozy et François Fillon/Image d'archivesNicolas Sarkozy François Fillon © LCI

Pour lui, la cause est entendue : tout combat doit être mené, forcément à vive allure. Question d'expérience et bien sûr de tempérament. Nicolas Sarkozy répète donc jour après jour sa volonté de s'impliquer dans la bataille des municipales et donc d'en faire un test politique national. Lors de sa conférence de presse, il a jugé "absurde" le "concept même d'élection dépolitisée". Et de rappeler à ses amis l'exemple des régionales de mars 2004 où la droite avait essuyer une cuisante défaite faute d'avoir suffisamment mené campagne. Et puis, comme l'explique un de ses proches, "vous le voyez vraiment ignorer une bataille ?". A voir son bonheur de se retrouver ce week-end au conseil national de son parti, pas vraiment.
 
François Fillon et les dirigeants de l'UMP semblaient ces derniers jours sur la même ligne que le chef de l'Etat, hormis Jean-Pierre Raffarin qui avait exprimé sa réticence à "nationaliser" le scrutin de mars. Mais deux déclarations dimanche peuvent être vues comme un rétro-pédalage. La première émane du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant sur Canal + : "Nicolas Sarkozy ne va pas aller faire campagne pour tel ou tel maire. Il va rester dans le rôle qui est le sien". La seconde de François Fillon au Grand-Jury RTL-LCI-Le Figaro : "Ca ne peut pas être une élection pour ou contre Nicolas Sarkozy" et quel que soit le résultat, elle n'aura "pas d'effet sur la mise en oeuvre de réformes".

"La juste place"
pour Sarkozy
 
Pourquoi ce soudain revirement ?  Il y a bien sûr une part de prudence de la part du Premier ministre qui ne souhaite pas trop faire les frais de possibles mauvais résultats les 9 et 16 mars prochains. Il y a ensuite un sondage LH2-Libération révélé dimanche qui indique qu'une très large majorité de Français ne souhaite pas une implication du président dans la campagne. Il y a enfin et surtout une question de dosage dans l'engagement élyséen. Et il semble bien que l'offensive de Nicolas Sarkozy en ce début de bataille municipale fasse de plus en plus peur à certains, à droite. Car la gauche à saisi la balle au bond, trop heureuse de relever le défi lancé avec un vote-sanction contre le pouvoir. Ségolène Royal a ainsi repris son "Ségo tour" en province pour mobiliser l'électorat socialiste.  
 
Ce risque traditionnel du vote-sanction lors des élections intermédiaires, il est dans toutes les têtes chez les candidats de l'UMP. A l'image d'Alain Juppé qui n'a pas mis le logo du parti sur ses affiches bordelaises, bon nombre de têtes de liste ne voient pas d'un très bon œil la "nationalisation" du scrutin, leurs retours du terrain sur les questions du pouvoir d'achat ou sur la médiatisation de la vie amoureuse du chef de l'Etat n'étant pas bons. A Paris, où elle pense q'une victoire est réellement possible, Françoise de Panafieu a publiquement affirmé son souhait que Nicolas Sarkozy reste à sa "juste place". Elle craint un effet repoussoir chez des indécis peu enthousiasmés par les premiers mois chef de l'Etat. A Toulouse, le maire de centre-droit s'est même mis en congé de l'UMP pour dépolitiser le scrutin dans une ville traditionnellement de gauche.
 
Rétro-pédalage volontaire ou non, il semble bien que les déclarations contradictoires de ces dernières heures marquent bien la crainte que suscite à droite l'appétit de Nicolas Sarkozy pour cette bataille municipale. Sans compter le risque personnel qu'il prend en cas de défaite de son camp. Ce sont alors ses choix politiques et sa stratégie qui seraient sanctionnés, moins d'un an après son arrivée à l'Elysée. Les socialistes pouvaient-ils rêver mieux pour sortir de leur torpeur ?
 

Par Renaud Pila le 13 janvier 2008 à 23:15
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50 Commentaires

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  • Bruno, le 15/01/2008 à 09h12

    On peut pas laisser les gens raconter des betises comme cela !!! http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Dette_publique_france_%25_du_PIB.png regardez ce graphique et dite smoi qui a fait exploser la dette publique !

  • Bruno, le 15/01/2008 à 09h01

    Faut Olivier de Bordeaux ! Tout le monde sait trés bien que c'est le gouvernement Baladur dont Sarkozy etait de 1993 a 1995 ! Ils detiennent le record ABSOLU !

  • Gcd47, le 15/01/2008 à 06h48

    Monsieur le Président retez à votre place, profitez en bien car cela risque de na pas durer. Les municipales concernent les élus les plus proches du peuple quelques soient leurs étiquettes. A partir du Conseil régional jusqu'aux députés le peuple ne voit plus rien, sauf pour les élections. Alors pour les municipales je ne vote pas pour une étiquette mais pour la valeur, le sérieux, la franchise et la fidélité à sa commune et à ses habitants et qui garde le contact avec sa population après les élections. Merci de publier

  • Patrick, le 14/01/2008 à 23h44

    Pauvre république ! de Gaulle et Tante Yvonne doivent se retourner dans leur tombe de voir un guignol parail !!! que Chirac avait eu raison....

  • Jo, le 14/01/2008 à 22h19

    Je suis de gauche, mais il n'y a que des clowns pour la représenter... J'ai voté Sego, mais son manque d'argument me sidère. J'étais particulièrement consterné de la manière superficielle avec laquelle elle a mené son duel contre Sarko devant des millions de Français durant la campagne présidentielle: - Sarco: je vais faire ça (même si c'est pas sensationnel, on reste dans les idées et ça c'est constructif) - Ségo: ça c'est nul De plus, chaque prise de parole n'est qu'occasion de critiquer et non développer des idées. Nous vivons tous dans un même pays et on a le sentiment que pouvoir et opposition quels qu'ils soient n'ont rien de mieux à faire que de se chamayer tels des gamins dans une cour de récréation. On pourrait croire que Bayrou est une solution. Seulement, ces tentatives répétées et de plus en plus desespérées pour devenir président le démente. Sa dernière grande idée, absolument vide de sens, droite+gauche=Le meilleur de chaque coté=Moi, sauf qu'une politique de droite est difficilement intégralement mélengeable à une politique de gauche et vice-versa (libéralisme ou socialisme, il faut choisir). Alors on dira ce qu'on voudra... Mais si on ne s'arrête pas aux détails futiles (malgré les jérémyades: municipales ou présidentielles, parler des élections est le boulot de n'importe quel politique, président ou pas), et que l'on s'arme de patience (des girouette, l'économie et le pouvoir d'achat n'en sont pas): ça marchera, ça ne marchera pas, dans tous les cas, on ne peut pas reprocher au gouvernement d'agir: c'est ce pourquoi il a été élu! Et même si cela n'avait pas été le cas, chacun est au moins resté maître de son vote, et le résultat est la démocratie, qu'il plaise ou pas... "La critique a droit à toutes les opinions à condition d'en avoir" [Claude Lelouch]

  • Riquelme, le 14/01/2008 à 22h15

    Je voudrais répondre à OLIVIER de BORDEAUX, Donc juppé S'est fait sortir comme Député, selon vous Monsieur, si la France va mal, c'est de la faute aux socialistes? pourtant à l'époque de Mr Jospin, le commerce extérieur était en excédent, en je moment il est plutot dans le rouge. Pour vous il faut le temps de laisser la droite faire ses réformes et mettre de plus en plus de Français dans la (M)et de plus en plus de patrons se remplir les poches, car depuis que le petit est au pouvoir on fait des cadeaux aux patrons et c'est le petit qui paye et bien sur vous aussi, Monsieur,à moins que vous soyez chef d'entreprise, ce qui ne m'étonnerait pas vu votre raisonnement, mais chacun pense ce qu'il veut, nous sommes en démocratie!!!!Il parait?. merci de me publier.

  • Chapet, le 14/01/2008 à 21h28

    Aux dernières présidentielles et aux deux tours (meme si ce vote est nul) j'ai mis un bulletin pour le FN de JM LEPEN , je m'en rejouis d'autant plus qu'aujourd'hui j'entends tous ces gens dire ' ah si j'avais su je n'aurai pas vote Sarkosy' Il faut parfois etre constant dans sa stratégie, les girouettes SARKO/ROYAL revoyez vos vraies priorités ...

  • Chaoelle, le 14/01/2008 à 20h41

    Le president de la republique une fois elu est le president de tout les francais il ne doit pas prendre pari pour telle ou telle formation politiquefaire une campagne pour son "ancien" parti serai une honte pour la democratie

  • MICHEL, le 14/01/2008 à 18h58

    Les Municipales sont un scrutin local, mais si on veut , les faire passerpour nationales alors je voterai De Pannafieu, au lieu de DELANOE, que je trouve compétent pour PARIS !

  • Michele, le 14/01/2008 à 18h35

    C est a croire que les Francais qui se plaignent constamment se plaisent en realite dans leur vie actuelle,car des que quelqu un cherche a modifier,ou a faire quelque chose pour faire evoluer notre pays,ils tournent leur veste.C est malin de voter a gauche au moment ou notre president a le plus besoin de nous....Vous avez ou les chocottes ou la memoire courte...

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