Quand le patron de l'Assemblée se rebiffe

le 10 janvier 2008 à 16h20 , mis à jour le 10 janvier 2008 à 16h57

Bernard Accoyer s'est montré critique lors de ses voeux contre l'abaissement du rôle du Parlement depuis plusieurs mois.

AccoyerBernard Accoyer © Abacapress

L'homme est d'ordinaire consensuel mais en ce début d'année, Bernard Accoyer a saisi l'occasion de ses vœux à la presse pour manifester son mécontentement dans plusieurs domaines, visant implicitement la manière dont Nicolas Sarkozy et François Fillon gouvernent depuis sept mois. Ainsi, le président de l'Assemblée nationale a déploré jeudi que le Parlement ne soit "pas assez respecté", une situation qui, selon lui, "s'aggrave au fil des législatures, renforçant le déséquilibre des pouvoirs".

Tout en se félicitant que l'Assemblée se soit "vaillamment engagée", depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, dans "le processus de réforme et de modernisation de notre pays", il a regretté que le Parlement n'ait "pas toujours travaillé dans des conditions idéales". "Je le dis : le Parlement n'est pas assez respecté. Le désir d'agir vite, bien compréhensible, a régulièrement conduit le gouvernement à recourir à la procédure d'urgence, privant ainsi le Parlement des conditions et des délais d'examen nécessaires. Notre pouvoir de légiférer dans la sérénité s'en est trouvé amoindri", a-t-il martelé, relayant ainsi la pensée de certains députés de la majorité.
 
"Il est vrai que cette attitude de l'exécutif à l'égard de la représentation nationale n'est pas nouvelle. Mais force est de reconnaître qu'au fil des législatures, elle s'aggrave, renforçant le déséquilibre des pouvoirs", a-t-il dit, en appelant de ses voeux la réforme des institutions qui permettra "la revalorisation de notre Parlement". "Je suis sûr que, quels que soient nos désaccords politiques, nous nous retrouverons, en républicains et en démocrates, en esprits libres, pour adopter à Versailles cette grande réforme constitutionnelle", a lancé Bernard Accoyer en direction du PS, alors que la réforme des institutions a été repoussée au-delà des municipales.

Quid du contrôle parlementaire ?
 
Une autre critique du patron de l'Assemblée contre le pouvoir concerne la notation des ministres par un cabinet privé, en soulignant qu'une telle évaluation ne pouvait "se substituer au contrôle parlementaire de l'action du gouvernement". "Cette notation ne peut être qu'un outil interne du gouvernement. C'est comme ça que je la conçois", a-t-il déclaré. Annoncée la semaine dernière, l'évaluation des ministres sera pilotée par Matignon selon une grille de critères établis avec un cabinet privé de conseil en stratégie. "Je crois qu'il ne faut pas considérer que la notation des ministres, récemment annoncée, puisse se substituer au contrôle parlementaire des politiques publiques et de l'action du gouvernement", a-t-il ajouté.

Enfin, le président UMP de l'Assemblée a vivement contesté l'avis de la Haute autorité sur les OGM et demandé que les décisions en la matière soient basées sur "de véritable conclusions scientifiques". "Nous ne pouvons nous satisfaire de tels verdicts d'un comité nommé avec peut-être un peu de précipitation, qui serait l'autorité incontestable", a-t-il déclaré."J'attends que la France prenne des décisions qui soient fondées sur de véritables conclusions scientifiques et non pas sur des préjugés, une certaine peur de l'avenir", a-t-il lancé. Il s'est élevé contre une "remise en cause perpétuelle de ce que nous décidons, de ce qui a été décidé". M. Accoyer a également condamné l'action des militants anti-OGM et de l'altermondialiste José Bové en grève de la faim contre les OGM. "On ne peut pas faire la place à l'émotion, à la communication voire à la provocation pour une décision quelle qu'elle soit", a-t-il dit. "

le 10 janvier 2008 à 16:20
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10 Commentaires

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  • Dumont, le 10/01/2008 à 18h37

    Enfin un courageux dans la majorité, mais je crains que ce ne soit un coup d'épée dans l'eau. Mes craintes de voir disparaitre le rôle Parlement par un régime présidentiel s'en trouvent renforcées.

  • J-Yves, le 10/01/2008 à 18h26

    On a elu un parlement pour gouverner ? ou un president ?

  • Tschumperlé, le 10/01/2008 à 18h17

    Monsieur Accoyer, que l'on croyait de couleur "gris-muraille" va enfin nous montrer qu'il représente le peuple de Savoie et de France. Il était temps ! Allez Nanard !!!

  • Jean Bonnot, le 10/01/2008 à 18h14

    Cette ruade de Monsieur Accoyer est bienvenue : le Parlement n'est même plus le croupion de l'Elysée. Il est temps de réagir car la République est en danger. Les couillons doivent cesser de voter des lois idiotes et démagogiques.

  • Patpat, le 10/01/2008 à 18h11

    De quoi se mêle-il? Est-il mieux placé que le Président de la République ou de ses ministres concernés pour donner son avis? Pat de Saint-Cloud

  • Renaud, le 10/01/2008 à 17h43

    Tous ce discours n'est qu'une mise en scène théatrale viant à déplacer le débat là ou il ne se trouve pas. Comment peut on à la fois accuser le chef de l'état d'empieter sur les pouvoirs du parlement et donc de ce plaindre d'avoir moins de pouvoir et, d'un autre coté plaider en faveur du traité dit "de Lisbonne" qui reconnait "article 28 ex article 6 de la constitution" la suppériorité de toutes les lois et autre papier européens. Aujourd'hui le parlement ne fait déjà que retranscrire dans le droit national des directives européennes. (donc sans réel pouvoir de décision)

  • PATIN Didier, le 10/01/2008 à 17h37

    Les Députés et les Sénateurs n'ont aucun pouvoir sur la direction de la France, ils sont comme 2 tableaux que l'on regarde,mais qui n'ont aucune existance.

  • Pascal, le 10/01/2008 à 17h14

    D'autres commentaires? Non? Vous êtes sûrs? Ah bon, ok...

  • Alain, le 10/01/2008 à 17h06

    A la moindre critique sur sa politique, Sarko répond : les français m'ont élu pour cette politique. Alors les états d'ame du président de l'assemblée qui non seulement a voté pour Sarko, mais en plus soutient sa politique, on s'en tape !

  • Dominique, le 10/01/2008 à 17h05

    Propos courageux d'un homme pourtant assez insignifiant...Il ne fera rien. Mais que peut-il faire, lui, le sarkozyste de stricte observance?

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