Revirement total des députés PS

le 15 janvier 2008 à 15h42 , mis à jour le 15 janvier 2008 à 15h50

Ils ne boycotteront pas le Congrès de Versailles mais s'abstiendront sur la réforme constitutionnelle.

TF1 / LCI François Hollande, lors du conseil national du PS le 23 juin 2007Traité simplifié : le PS hésite, mais de moins en moins... © LCI

Ils prendront finalement le chemin de Versailles. Mettant fin à des semaines de tergiversations, les députés PS ont finalement décidé mardi d'aller au Congrès du Parlement à Versailles le 4 février et de s'abstenir sur la réforme constitutionnelle, préalable nécessaire à la ratification du traité de Lisbonne, un revirement total sur la position initiale de la direction du parti. Le patron du groupe a précisé que "68 députés socialistes présents se sont prononcés pour l'abstention, 30 pour le non et 8 se sont abstenus". Jean-Marc Ayrault avait lui-même, le 8 janvier, annoncé le boycott du Congrès par les socialistes, provoquant de vives dissensions au sein du parti. Le premier secrétaire François Hollande, après avoir initialement endossé cette position, avait ensuite souligné que les élus socialistes auraient sur cette question la "liberté de conscience". "J'ai bien vu qu'elle (cette proposition) n'était pas majoritaire et consensuelle", a reconnu Jean-Marc Ayrault lors d'un point de presse.
 
Les socialistes présenteront ensuite une motion référendaire (pour demander un référendum) lors de l'examen, le 6 février à l'Assemblée nationale, du projet de loi de ratification proprement dit du traité de Lisbonne. Ils voteront cette ratification respectant en cela "la décision majoritaire du PS de ratifier le traité". "Mon souci, c'était à la fois la cohérence du Parti socialiste et aussi sa cohésion. Nous avons réussi dans le débat de ce matin à dépassionner nos échanges", s'est félicité le patron des députés PS. "Le PS a décidé de ratifier ce projet ce qui ne l'empêche pas de réclamer que le peuple français puisse se prononcer", a-t-il résumé. "Au moment du vote de notre motion référendaire, le 6 février, si elle n'est pas retenue, ce qui est probable vu le rapport de force, c'est la majorité UMP qui prendra la responsabilité de ne pas consulter à nouveau le peuple français par référendum", selon J.M Ayrault, avant de dénoncer les "nonistes", partisans de se rendre au congrès pour voter contre la révision.
 
"Certains pensent que si on rejetait la modification constitutionnelle, cela provoquerait un référendum. C'est inexact. Cela provoquerait une crise profonde qui ne déboucherait sur rien. Le traité de Lisbonne ne pourrait plus être soumis à ratification", a-t-il argumenté. "Nous ne prendrons pas la responsabilité au PS de provoquer une crise en Europe". "On fait croire qu'il y a une minorité de blocage possible à Versailles, elle n'existe pas politiquement", selon lui. Lors de cette réunion "où il n'y a pas eu de psychodrame", selon un participant, le "ouïste" Gaëtan Gorce a fait une proposition, non reprise, d'abstention au Congrès et pour la ratification du traité. Les divisions subsistent au sein du PS. Des partisans du non -Jean-Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli- ont défendu leur position mardi matin lors de conférences de presse. Dans la salle des Quatre-Colonnes, l'ex-ministre Jack Lang indiquait au contraire qu'il voterait "oui deux fois: à la révision constitutionnelle et à l'adoption du traité".
 

le 15 janvier 2008 à 15:42
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