Nicolas Sarkozy et Carla Bruni dans la vallée des Rois © LCI| Il a eu l'idée de cette pub, il s'en explique |
Ryanair "pisse sur la concurrence" et surfe sur le buzz Depardieu
La compagnie aérienne a repris l'affaire Depardieu à son compte en publiant sur son site de réservation une publicité au slogan provocateur : "Nous ne sommes pas les seuls à pisser sur la concurrence".
Publié le 19/08/2011
La justice va-t-elle accepter l'offre ? Ryanair a proposé jeudi, jour de l'audience en référé, de faire un don de 5.000 euros à une association caritative choisie par Nicolas Sarkozy et Carla Bruni pour régler leur différend judiciaire. L'affaire porte sur une publicité controversée avec une photo du couple. Le tribunal de grande instance de Paris, qui a examiné jeudi après-midi le dossier, rendra sa décision mardi après-midi.
Jeudi, lors de l'audience devant le juge des référés, l'avocat du couple Me Thierry Herzog a accusé Ryanair d'avoir porté atteinte à l'image de ses clients. "Ryanair est un récidiviste. C'est au moins la 3e fois qu'il procède ainsi, en prêtant des liaisons réelles ou supposées à des hommes politiques" dans ses publicités, a-t-il déploré.
500.000 euros réclamés par Carla Bruni : "totalement injustifié"
De son côté, l'avocat de la compagnie a parlé d'une facétie et feint la surprise après la plaidoirie de son confrère Francis Herzog, qui a demandé un euro de réparation pour le chef de l'Etat et 500.000 euros pour Carla Bruni, estimant "totalement injustifiée" cette somme. "Le président demande un euro, c'est profondément digne. Mme Bruni demande 500.000 fois plus que le président. Elle déclare qu'elle se présente devant vous, M. les juges, comme mannequin et chanteuse, qui gagne beaucoup d'argent", a-t-il souligné.
"Mais ce n'est pas la photo d'une chanteuse ! C'est la photo d'une femme avec l'homme qu'elle aime ! Quand on a l'immense bonheur de la gloire et de la notoriété, on accepte les inconvénients, on accepte l'idée d'avoir la peau du dos plus épaisse", a-t-il plaidé. Il a expliqué que Carla Bruni serait peut-être un jour "la première dame de France" et que dans le passé les épouses du président de la République avaient fait oeuvre de charité. La compagnie est prête à accepter la publication d'une condamnation dans trois journaux, demandée par Me Herzog, et à verser 5.000 euros de don.
Le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, avait dans la matinée justifié jeudi la différence des prétentions des deux requérants, en expliquant que "pour le président de la République, il s'agit d'une question de principe". Alors que "pour Carla Bruni, c'est son métier, c'est son image, c'est normal. Pour le coup, elle subit un préjudice financier". "L'exploitation de son image est une partie de son activité professionnelle (...) Une photo de Carla Bruni, c'est 500.000 euros", avait déjà expliqué dans Le Monde le conseil du couple, Me Thierry Herzog, qui expliquait ainsi comment la provision demandée par l'ex-mannequin avait été calculée.
Immunité
La publicité incriminée, publiée une seule fois dans le journal Le Parisien et aussitôt abandonnée après que l'Elysée eut fait part à la compagnie de sa désapprobation, avait pour but de populariser une opération de promotion. La pub montrait une photo d'eux côte à côte, tout sourire, une bulle faisant songer à Carla Bruni : "Avec Ryanair, toute ma famille peut venir assister à mon mariage". Au dessus du cliché en noir et blanc, un slogan : "Ryanair pour toutes les occasions". Dès lundi, la présidence avait qualifié cette publicité d'"inacceptable".
C'est la seconde fois qu'un chef de l'Etat saisit la justice pour utilisation de son image. En 1970, Georges Pompidou avait fait de même pour une publicité en faveur des moteurs de bateau Mercury. Nicolas Sarkozy étant soumis à l'immunité en tant que chef de l'Etat, il doit à tout prix éviter que l'affaire n'aille au delà du référé. Comme l'expliquait Le Monde, "dans le cas de Ryanair, il suffirait à la compagnie de répondre par une assignation au fond à la procédure en référé déposée par Nicolas Sarkozy pour que le juge soit contraint de constater l'application de l'article 67" de la Constitution : l'immunité.
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