
Voilà Bertrand Delanoë prévenu. "Je ne laisserai pas ce projet s'enliser, je ne laisserai personne le bloquer", a lancé le chef de l'Etat devant la presse, alors que le projet de "Grand Paris", selon les termes utilisés par la droite ou "Paris Métropole" pour la gauche, fait débat à deux mois des municipales. "La situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable", a estimé M. Sarkozy. "Paris doit retrouver sa vitalité, son rayonnement, son attractivité, sa créativité". Bertrand Delanoë a immédiatement rétorqué: "depuis 2001, notre capitale a renoué avec le mouvement" et rompu avec des "décennies d'ignorance et de mépris à l'égard de ses voisins".
Ce thème du Grand Paris, qui pourrait regrouper Paris et certaines communes de banlieue au sein d'une structure à imaginer, a déjà fait l'objet d'escarmouches entre les deux dirigeants. En juin, M. Sarkozy avait déjà regretté que Paris soit "la seule agglomération de France à ne pas avoir de communauté urbaine". Mardi, il a promis une "concertation" avec les Franciliens, élus et collectivités locales. M. Delanoë - à qui l'on prête une ambition présidentielle - s'est dit "disponible pour une véritable concertation". Pour M. Sarkozy, la réflexion sur la ville doit "être engagée d'abord sous l'angle de l'urbanisme et de l'architecture", et non celui des institutions.
Selon Roger Karoutchi (UMP), chef de file de l'opposition au conseil régional d'IDF, il faut "de grands gestes architecturaux pour redonner du lustre à la région" et résoudre le problème du cadre de vie et du logement, devenu avec les transports "la priorité des préoccupations" des habitants. "L'Etat va se réimpliquer fortement dans la région capitale", a déclaré M. Karoutchi, se disant "prêt à parler de Paris Métropole" avec les élus de la conférence métropolitaine "à condition que Paris reconnaisse la nécessité d'un équilibre". Dans son projet municipal, M. Delanoë propose de "passer à la vitesse supérieure" après les élections, avec "un nouveau cadre institutionnel et un calendrier déterminés" au sein "d'assises de l'agglomération parisienne". "Paris Métropole est en marche", a-t-il dit mardi, et il n'y a "pas d'enlisement à un processus de concertation authentique, auquel l'Etat ne s'est pas associé jusqu'à ce jour".
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